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Fanny Ardant
Épisode 1 :

Aux marches du Palais

31 min
À retrouver dans l'émission

Une enfance aux marches d’un palais pour la petite Fanny... La jeune fille passe ses jours et ses nuits à tourner avidement les pages des classiques de la littérature en se questionnant : " La beauté peut-elle vraiment sauver le monde ? "

Fanny Ardant lors du tournage du film 'Roxanne' en septembre 1987 (France)
Fanny Ardant lors du tournage du film 'Roxanne' en septembre 1987 (France) Crédits : Bertrand LAFORET-Gamma-Rapho via Getty Images)jpg - Getty

Rediffusion du 24 octobre 2016

" Vitalité, vaillance, enthousiasme, humour, intensité mais aussi, sur l’autre plateau de la balance : le goût du secret, un côté farouche, un soupçon de sauvagerie et, par-dessus tout, quelque chose de vibrant. " Il ne s'agit pas de la recette d'un élixir d'amour, mais du portrait qu'a fait de Fanny Ardant, en 1981, un homme amoureux : François Truffaut.

Fanny Ardant est née à Saumur, la « Comédie-Française des chevaux » selon Paul Morand, puis a grandi à Monaco où, à partir des années soixante, son père devient l'un des conseillers de la garde personnelle du prince Rainier. Une éducation dans la pure tradition aristocratique, " à la Don Quichotte ", dira-t-elle. 

Mon père est arrivé à Monaco pauvre comme Job et est reparti pauvre comme Job. Il ne s'est jamais laissé corrompre, il n'a jamais perdu sa dignité, il n'était jamais donneur de leçons. Il me disait tu n'es pas sur Terre pour donner des leçons. Fanny Ardant

Des leçons de ce père, militaire et pourtant antimilitariste – qui s'était d'abord engagé pour l'amour des chevaux –, elle retiendra entre autres celle-ci, aux allures de parabole : " Il faut laisser le cheval libre, tout en le contrôlant au plus près. Ne jamais contraindre l'animal. Libre, toujours libre. "

J'ai toujours eu du mal avec l'autorité mais curieusement pas avec l'autorité bienveillante. Mon père avait une forme d'autorité mais qui s'adressait toujours à l'intelligence. Fanny Ardant

Son sésame pour la liberté, il lui faudra pourtant le gagner en passant les épreuves d'un parcours plus ou moins initiatique, qui la mènera de l'Institut d'Etudes Politique d'Aix-en-Provence aux Affaires étrangères à Londres, avant que son désir d'être actrice ne la ravisse définitivement à la carrière diplomatique.

Je pense qu'une des figures la plus forte de la littérature c'est le prince Mychkine, dans l'Idiot. Comme une nouvelle figure christique. Celui qu'on peut couvrir de ridicule, d’opprobre, qui ne se met pas en colère, qui a toujours la main tendue. (...) Qui n'est pas conscient de ce qu'il fait bouger dans la vie. Lorsqu'on me demandait à qui je voulais ressembler je répondais Mychkine car ça me semblait le but d'une vie. Fanny Ardant

Jouer. D'abord au théâtre, puis plus tard, au cinéma. Proférer les mots des autres : ces mots qu'à travers les livres, depuis l'enfance, Fanny Ardant ne cesse de dévorer. Ceux de Jean Rhys, par exemple, dont elle aime particulièrement le style, la musica. Alors pour finir morendo – en mourant –, nous pouvons l'imaginer ouvrir le recueil des mémoires de la romancière britannique comme on ouvre une porte dérobée, et là, souriante et désinvolte, laisser échapper : " Assise dans mon fauteuil je fume cigarette sur cigarette. Sans hâte. J'ai mon temps, tout mon temps. Car je sais enfin ce que je veux. Je veux le néant. "

Une série d'entretiens produite par Philippe Bresson. Réalisation : Rafik Zenine. Prise de son : Martin Guénard. Attachées de production : Claire Poinsignon et Daphné Abgrall.

Filmographie sélective

  • 1981 : La Femme d'à côté de François Truffaut 
  • 1982 : La vie est un roman d’Alain Resnais 
  • 1982 : Vivement dimanche ! de François Truffaut d'après Charles Williams
  • 1983 : Benvenuta d’André Delvaux 
  • 1984 : L'Amour à mort d’Alain Resnais
  • 1986 : Mélo d’Alain Resnais 
  • 1987 : La Famille d’Ettore Scola 
  • 1988 : Trois sœurs de Margarethe von Trotta d'après Anton Tchekhov
  • 1996 : Pédale douce de Gabriel Aghion 
  • 1996 : Ridicule de Patrice Leconte
  • 1998 : Le Dîner (La cena) d’Ettore Scola
  • 1999 : La Débandade de Claude Berri
  • 2001 : Callas Forever de Franco Zeffirelli
  • 2007 : Il divo de Paolo Sorrrentino
  • 2009 : Cendres et sang de Fanny Ardant
  • 2013 : Les Beaux Jours de Marion Vernoux
  • 2019 : La Belle Epoque de Nicolas Bedos
Intervenants
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