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Fanny Ardant
Épisode 5 :

La place de la musique

31 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce dernier épisode, l’actrice évoque sa passion pour la musique qui accompagne et console. Son timbre épouse, le temps d’un opéra parlé, les mots de Cassandre : celle qui dit non, à l’abus de pouvoir, à la bêtise ; puis, sur un poème d’Ossip Mandelstam, Fanny s’en va…

Fanny Ardant sur le tournage du film "Callas Forever" de Franco Zeffirelli
Fanny Ardant sur le tournage du film "Callas Forever" de Franco Zeffirelli Crédits : Pascal LE FLOCH-Gamma-Rapho - Getty

Rediffusion du 28 octobre 2016

La dernière partie de cette Musica est consacrée à la musique, dont Fanny Ardant dit qu’elle est son ange gardien. Petite fille déjà, on lui offrait chaque année à Noël, un livre et un opéra. La musique classique, la musique contemporaine, mais aussi la mélancolie des chansons tristes, qui selon elle, " aident à formuler son chagrin ". 

Maria Callas c'est un opéra à elle seule, dans le verbe elle met le sang et le sens, on sait déjà si c'est de l'amour, de la haine, de la vengeance ou de l'espoir. C'est une grande actrice. Fanny Ardant

Si on écoute bien la mélodie de la voix de Fanny Ardant, alors on entend qu’elle est sans doute moins suave qu’il n’y paraît d’abord : sous le velours du Moderato Cantabile, on perçoit des inflexions beaucoup plus âpres, rugueuses, staccato, appassionato, notamment quand la voix s’élève contre les préjugés, l’ordre, l’asphyxie qui menace. Et c’est aussi cela La Musica de Fanny Ardant, à savoir la place qui est la sienne, en tant qu’actrice, en tant que femme, au cœur d’une époque frileuse qui, pour reprendre la métaphore de Yukio Mishima, " n’entend plus la musique ".

Extraits lus

Lettre de Gustave Flaubert à George Sand – 12 juin 1867

« Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L'admirable, c'est qu'ils excitaient la Haine des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j'ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d'ordre. C'est la haine qu'on porte au Bédouin, à l'Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. »

Une série d'entretiens produite par Philippe Bresson. Réalisation : Rafik Zenine. Prise de son : Martin Guénard. Attachées de production : Claire Poinsignon et Daphné Abgrall.

Filmographie sélective

  • 1981 : La Femme d'à côté de François Truffaut 
  • 1982 : La vie est un roman d’Alain Resnais 
  • 1982 : Vivement dimanche ! de François Truffaut d'après Charles Williams
  • 1983 : Benvenuta d’André Delvaux 
  • 1984 : L'Amour à mort d’Alain Resnais
  • 1986 : Mélo d’Alain Resnais 
  • 1987 : La Famille d’Ettore Scola 
  • 1988 : Trois sœurs de Margarethe von Trotta d'après Anton Tchekhov
  • 1996 : Pédale douce de Gabriel Aghion 
  • 1996 : Ridicule de Patrice Leconte
  • 1998 : Le Dîner (La cena) d’Ettore Scola
  • 1999 : La Débandade de Claude Berri
  • 2001 : Callas Forever de Franco Zeffirelli
  • 2007 : Il divo de Paolo Sorrrentino
  • 2009 : Cendres et sang de Fanny Ardant
  • 2013 : Les Beaux Jours de Marion Vernoux
  • 2019 : La Belle Epoque de Nicolas Bedos
Intervenants
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