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Jean-Michel Ribes, auteur dramatique, metteur en scène, cinéaste, directeur du Théâtre du Ront-Point.
Épisode 2 :

La coulisse et la scène

28 min
À retrouver dans l'émission

Dès 1966, Jean-Michel Ribes met en scène « Je rêvais peut-être » de Pirandello au Théâtre de Plaisance qui sera longtemps son port d’attache, même s’il est vite conduit vers d’autres scènes : Au Théâtre de la Ville, aux théâtres Récamier, Chaillot, et même à la Comédie Française.

Jean-Michel Ribes
Jean-Michel Ribes Crédits : Archives privées Jean-Michel Ribes

Avant 2001 et l’aventure du Théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes a déjà une longue histoire théâtrale. Dès 1966, il met en scène « Je rêvais peut-être » de Pirandello au Théâtre de Plaisance qui sera longtemps son port d’attache, même s’il est vite conduit vers d’autres scènes : Au Théâtre de la Ville, aux théâtres Récamier,  Chaillot, et même à la Comédie Française, avec ses nombreux complices : Topor, Arrabal, Jean-Claude Grunberg notamment.

C’est à 5 ans que Jean-Michel Ribes assiste à une représentation de Cyrano de Bergerac avec sa mère. Le spectacle le frappe et il s’en souvient. A 12 ans, il est sur scène avec « Plouft, le petit fantôme », spectacle monté au Théâtre de la Maison du Brésil à la Cité Universitaire de Paris, " la première expérience tangible, charnelle avec le théâtre " dit-il.

A l'école, je me suis aperçu petit à petit que le théâtre était un endroit où l'on pouvait parler autrement. On pouvait être autre chose, sortir de la réalité. C'était un lieu d'accueil pour moi, un lieu de "désangoisses". Et je me suis naturellement avancé vers cette fiction avec une troupe d'amis, peu enclins à saluer les règles de la réalité.  

C’est au Théâtre de Plaisance, en 1966, qu’il commence vraiment sa carrière d’auteur et de metteur en scène. « Se jeter à l’eau, faire du théâtre, jouer n’importe quoi, mais finalement pas n’importe quoi ».

On a fait une communauté de gens (Copi, Arrabal, Savary) en discordance avec la culture du temps car à ce moment là, si vous n'étiez pas brechtien, vous n'existiez pas, vous n'aviez pas de critique. Il fallait absolument être dans cet endroit. Nous n'étions pas dans cet endroit là. Nous étions dans la déconne, la fantaisie et l'espèce de jaillissement de la provoc. Et finalement cinquante ans après, c'est le Rond-Point, ça été la naissance, alors que nous étions minoritaires. 

Cette arme extraordinaire la fantaisie

Au théâtre du Kaléidoscope, aujourd’hui disparu, il monte " Les fraises musclées " avec Philippe Khorsand, son grand ami, acteur, et Andrea Ferréol. C’est un très grand succès, joué pendant plusieurs années. Les spectacles écrits, joués, mis en scène, se suivent et sont de plus en plus appréciés du public. " Il faut que le sycomore coule ", " Par delà les marronniers ", spectacle dans lequel il explore l’univers surréaliste et dadaïste qui lui est cher, mais aussi " L’odyssée pour une tasse d’été ", réécriture contemporaine des aventures d’Ulysse, pièce drôle, loufoque et surprenante. 

J'ai réécrit une folle odyssée qui se passait dans des endroits différents. (...) Ça s'est fait au Théâtre de la Ville, avec moi qui avait 25 ans, dirigeant quarante comédiens, des décors formidables de Yannis Kokkos... Je le dis avec fierté, ça été le record de fréquentation pendant dix ans de ce théâtre.

Le Rond-Point : un théâtre pour les auteurs vivants

Tant d’autres spectacles se succèdent sur tant d’autres scènes jusqu’à la Comédie Française qui voit naître les débuts d’une longue collaboration avec Jean-Claude Grunberg. Auparavant il avait travaillé et noué une grande proximité avec Roland Topor, Arrabal et monté des troupes de théâtre : celle du Pallium, avec Gérard Garouste, son grand ami, et Philippe Khorsand, puis une autre, Berto-Ribes, avant de présider les E.A.T. (Ecrivains Associés du Théâtre).

Nous ne voulions pas être sous la coupe de quelqu'un. Nous avons créé les écrivains associés du théâtre avec un groupe de gens de tous âges, avec notamment Jean-Claude Grunberg, Jean-Claude Carrière... Et c'est là qu'on a réalisé que 92% de la programmation des théâtres publics était faite par des auteurs classiques morts, et seulement  8% qui étaient des auteurs vivants et qui étaient vraiment maltraités. 

Et c'est là où un jour, passant devant le Théâtre du Rond-Point, je me suis dit que l'on devrait se battre pour que ce théâtre devienne le théâtre des auteurs vivants. (...) J'ai porté le projet à Delanoë, qui a accepté, je lui rends hommage.

Auteur prolixe, il accueille des auteurs inconnus et n’hésite pas à prendre des risques. Il fait jouer aussi des auteurs reconnus comme Octave Mirbeau : " Mirbeau, l’insolence ! Tout de suite un ami ". Il conserve un regret, n’avoir pu monter, avec Yves Montand " La vie parisienne " d’Offenbach, l’un de ses auteurs favoris, mais il a en tête beaucoup d’autres projets pour les années à venir, car il y aura une vie après le Rond-Point…

Une série d'entretiens produite par Jérôme Clément, réalisée par Anne Perez-Franchini. Prise de son : Thibault Nascimben. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Liens

Bibliographie sélective 

Intervenants
  • auteur, metteur en scène et cinéaste, directeur du théâtre du Rond-Point
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