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Marc Ferro chez lui à Saint-Germain-en-Laye
Épisode 3 :

Marc Ferro : "Je suis resté attaché à la terre, aux gens, mais j'ai rompu avec la politique algérienne"

28 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce troisième épisode, Marc Ferro aborde son expérience algérienne où il a enseigné l'histoire entre 1948 et 1956 dans un lycée d'Oran. Il évoque son engagement dans le Mouvement de la Paix puis la création du mouvement de la Fraternité algérienne sur fond d'infiltration du Parti Communiste.

Marc Ferro participe à l'émission "Campus" sur France 2, le 13 mars 2003 à Paris.
Marc Ferro participe à l'émission "Campus" sur France 2, le 13 mars 2003 à Paris. Crédits : Joël Saget - AFP

Dans ce troisième volet de la série "A voix nue", Marc Ferro parle de ses années passées en Algérie, à Oran, entre 1948 et 1956. Il n'y allait pas en tant qu'historien mais comme enseignant, "c'est en Algérie que, si je puis dire, de professeur d'histoire, je suis devenu historien par petites étapes", raconte-t-il.

Petit à petit, la vie oranaise s'est révélée à moi et toujours à cause de la menace de guerre, j'ai adhéré au Mouvement de la paix, qui n'est pas très loin du Parti communiste. Mais à l'époque, la majorité des gens qui étaient dans ce mouvement n'étaient pas communistes. C'est là que j'ai eu ma première expérience politique, c'est là que j'ai fait mes classes politiques. Ce n'est pas en étant autrefois au maquis du Vercors, où j'étais un soldat de deuxième classe.

Il détaille son engagement au sein du Mouvement de la paix, ses relations avec les militants communistes et les militants du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) et comment, dans un "esprit de militantisme libéral, au sens antitotalitaire, si j'ose dire, nous avons créé un mouvement qui s'appelle Fraternité algérienne". Puis il raconte comment "les communistes ont pris la main sur le mouvement de Fraternité algérienne. Et ça s'est fait de façon comme pour le procès de Moscou. Là, j'ai appris ce que c'est qu'un procès de Moscou."

Donc, j'ai vu pendant mon expérience algérienne ce qu'était, un, les compagnons de route, deux, ce qu'était le Komintern et, trois, ce qu'était un procès de Moscou. Ce qui explique qu'ensuite, quand je suis entré en URSS - dans les problèmes de l'étude de l'URSS - j'avais déjà une sensibilité !

Il quitte avec sa femme l'Algérie à l'été 1956, "gêné de quitter le pays en plein naufrage", confie-t-il.

Je suis resté attaché à la terre, aux gens, mais j'ai rompu avec la politique algérienne, c'est à dire que je ne me suis plus du tout occupé de ce qui se passait à partir du moment où c'était la guerre et où, dès 1958, il y a eu un changement de régime qui modifie absolument tout .

Une production de Benjamin Stora, réalisée par Franck Lilin. Prise de son : Benjamin Vignal. 

Cette série d'entretiens a été diffusée sur France Culture du 11 au 15 décembre 2006.

Intervenants
  • historien spécialiste de la Russie et de l’Union Soviétique
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