LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Affiche du film "Chronique d'un été" d'Edgar Morin et Jean Rouch sorti en 1961.
Épisode 3 :

"Je suis une transversale, je vais d'un milieu à l'autre"

29 min
À retrouver dans l'émission

Troisième volet d'un entretien avec Marceline Loridan-Ivens, diffusé en cinq parties. Elle y raconte son retour en France après la libération des camps de concentration et ses difficiles retrouvailles avec sa famille. Mais aussi les clubs de Saint-Germain-des-Prés et son film "Chronique d'un été".

Affiche du film "Chronique d'un été" d'Edgar Morin et Jean Rouch sorti en 1961.
Affiche du film "Chronique d'un été" d'Edgar Morin et Jean Rouch sorti en 1961.

Par Gila Lustiger. Avec la collaboration de Claire Poinsignon. Réalisation : Anne-Pascale Desvignes. Prise de son : Yves Le Hors.

3) Le non-retour

Dans ce troisième volet d'"A voix nue", Marceline Loridan-Ivens poursuit le récit de la libération des camps et raconte son arrivée à l'Hôtel Lutétia, son incompréhension et son impression que tous les anciens des camps étaient morts. "Parce que sortais de cet univers quotidien de la mort", elle découvre ainsi sa propre dureté par rapport aux événements et aux interrogations des familles qui attendaient le retour d'un proche.

On revenait d'un autre monde, un monde qui n'était pas compris par les gens qui nous recevaient.

Son retour dans sa famille est compliqué. Elle raconte combien elle est isolée des autres survivants dont elle ne connaissait même pas le nom de famille, les relations nouées dans les camps ne ressemblaient à aucune autre : "Il n'y avait plus de passé. On était liées dans le présent."

En arrivant à la maison, j'ai dit : "Je ne veux pas rester plus de 24 heures ici. Je vais m'en aller. Je ne veux pas rester ici." Et très rapidement ça a été des silences, à table tout le monde était un peu gêné. Je ne pouvais pas supporter qu'on laisse un morceau de pain. Je me levais la nuit pour manger en cachette. J'étais déboussolée et j'avais des cauchemars qui me faisaient hurler la nuit. Et je dormais par terre, ma mère ne comprenait pas pourquoi.

L'entretien se finit sur sa vie dans l'après-guerre, les clubs de Saint-Germain-des-Prés, où elle s'est "cultivée à travers les autres", son film "Chronique d'un été" et son engagement pendant la guerre d'Algérie alors qu'elle aidait les porteurs de valises pour le FLN : "C'était chez moi qu'on triait l'argent."

J'étais en marge, j'étais hors norme. De quoi je peux avoir peur ? De toute façon on est toujours dans un camps dont je ne sors pas.

Bibliographie

Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......