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Mercedes Erra dans les locaux de BETC, Magasins Généraux à Pantin (2018)
Épisode 5 :

L’immigration, un musée et une chance

29 min
À retrouver dans l'émission

Parce qu’elle vient d’ailleurs, Mercedes Erra est sensible aux problématiques de l’exil et de l’intégration. Elle préside depuis 2012 le Musée national de l’histoire de l’immigration, dont elle dit qu’il doit « faire du bien à la France ».

Mercedes Erra dans les locaux de BETC, Magasins Généraux à Pantin (2018)
Mercedes Erra dans les locaux de BETC, Magasins Généraux à Pantin (2018) Crédits : © Vincent Desailly

Depuis 2012, Mercedes Erra est à la tête du conseil d’administration du Palais de la porte Dorée qui abrite le Musée national de l’histoire de l’immigration. Ce musée est "un hymne à la diversité" assure-t-elle.

C'est un musée qui raconte une partie de l'émigration de l'histoire de la France et de l'immigration en France. C'est très important puisque nous sommes un grand pays de l'immigration avec les Etats-Unis et l'Australie. Depuis le18ième siècle la France a eu besoin très vite de gens qui venaient de l'extérieur pour le développement de l'industrie. Pour une raison très simple, c'est que les Français étaient très attachés à l'agriculture, à la terre.

Ce musée est une réconciliation sur la notion de diversité et sur la notion de République. (...) Je parle de réconciliation parce que on trouve un hymne à la diversité. Raconter cette histoire, qu'elle ne soit pas invisible, que cela s'est fait avec difficulté. De redire que cette diversité a crée de la richesse est une chose extrêmement importante pour moi aujourd'hui.

Après avoir accompagné Jacques Toubon dans la préfiguration du lieu (qu’elle tient à appeler musée, et non « cité de l’immigration », comme ce fut le cas pendant quelques années), elle imagine un nouveau logo avec les équipes créatives de BETC. L’agence conçoit des campagnes aux slogans forts (« Un Français sur quatre est issu de l’immigration », « Nos ancêtres n’étaient pas tous des Gaulois », etc.).

Pour faire venir les gens, il fallait localiser le musée : au Palais de la Porte Dorée, un peu comme le Quai Branly. Et ensuite, comme ce lieu est un ancien palais colonial qui a des portes magnifiques, on a joué sur cette symbolique de la porte dorée, qui est quand même une porte positive de l'entrée de l'immigration en France. 

"Un musée qui fait du bien à la France"

Elle raconte les expositions marquantes de ce lieu, comme « Fashion Mix »,  « Paris-Londres Music Migrations (1962-1989) » ou « Ciao Italia ! ». Le palais de la porte Dorée attire de plus en plus de monde, un public pas toujours habitué à fréquenter les musées. Des immigrés ou descendants d’immigrés de diverses origines se retrouvent en ce lieu, que tous les Français et primo-arrivants ont en partage.

Avec l'exposition "Fashion Mix" l'idée était toute simple : ce qui fait la France c'est tout l'art de la haute couture. Avec Olivier Saillard, nous avons réfléchi à ce qu'avait apporté l'immigration à la haute couture française. Des créateurs bien sûr comme Azzedine Alaïa, Karl Lagerfeld ou Cristóbal Balenciaga mais aussi les femmes qui accompagnaient les migrants les trois quarts du temps étaient des couturières venues de la Roumanie, de l'Espagne ou du Portugal, avec des systèmes et des techniques de broderie ou de couture différentes. 

Il faut bien sûr aller plus loin et imaginer des politiques égalitaires pour les quartiers. BETC à son humble niveau essaie d’y contribuer, en accueillant les collégiens pantinois en stage de troisième.

À elle, Mercedes Erra, la France a beaucoup donné. Elle est heureuse de son parcours, de l’agence qu’elle a créée, et aussi d’être engagée pour tant de causes...

Je pense que j'aime la France plus que n'importe qui. Je pense que l'immigration m'a aidée. C'est important que la France ait une culture différente, une culture de l'inclusion. C'est peut être parce que je n'étais naturellement pas française que j'ai créé une agence qui fasse honneur à la publicité française. (...) Aujourd'hui, je me dis que si l'on défend bien l'économie française, on défend bien la démocratie.

Une série proposée par Julien Thèves, réalisée par Séverine Cassar. Prise de son : Arthur Gerbault. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Pour aller plus loin

Intervenants
  • fondatrice de BETC et présidente exécutive de Havas Worldwide, engagée dans le Women's Forum for the Economy and Society, dont elle est l'un des membres fondateurs, ainsi que dans la Fondation ELLE.
L'équipe
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