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Patrick Chauvel lors du festival Visa pour l'image 2019
Épisode 3 :

Photographier pour raconter leur histoire

31 min
À retrouver dans l'émission

Après la Guerre des Six Jours et le Vietnam, Patrick Chauvel a parcouru les terrains de guerre du monde entier, mettant sa vie en danger, mais sans chercher à tirer de gloire de cette prise de risque. L’essentiel est de raconter l’histoire des personnes impliquées dans les conflits.

Le photographe de guerre Patrick Chauvel lors du festival Visa pour l'image 2019
Le photographe de guerre Patrick Chauvel lors du festival Visa pour l'image 2019 Crédits : Raymond Roig - AFP

La fille du photoreporter de guerre Patrick Chauvel disait de son père « le bureau de mon papa, c’est la guerre ». Tout sacrifier, y compris une vie familiale stable, pour son métier, c’est le sacerdoce du photoreporter de guerre qui se doit d’être là où l’Histoire se fait, pour la raconter. Patrick Chauvel a parfois passé plus de trois cents jours par an sur des terrains de guerre, du Mozambique, à l’Irlande, de l’Iran au Salvador et bien d’autres territoires encore.

C’était une période où je bougeais beaucoup, mais je restais longtemps là où j’allais. 

L’Histoire nous colle à la peau et on la vit. Notre rôle c’est de rendre éternels ces personnes qui sont morts pour leur cause et mon rôle c’est de raconter leur histoire le plus longtemps possible. Notre rôle c’est de raconter l’histoire inlassablement.

Pour faire ce métier il faut aussi accepter de se confronter au pire de l’humanité, à sa violence et à sa cruauté, même si parfois dans l’horreur une lueur d’espoir et d’humanité se met à briller. Souvent on parle des traumatismes accumulés par les personnes qui font la guerre et par les personnes qui en rendent compte. Pour Patrick Chauvel, tout dépend de la foi que l’on a dans ce que l’on fait.

La guerre c’est l’Homme à son extrême. La guerre pousse les gens à bout, mais à la guerre on voit aussi des actes magnifiques. 

Je crois que lorsqu’on pense que ce qu’on fait a une utilité, et c’est l’illusion que j’ai, on n’est pas traumatisé. Peut-être que si un jour j’arrête, ce sera comme un tsunami qui va me déborder parce que c’est une fuite en avant, peut-être… Mais je ne crois pas que ça me débordera. 

Raconter la guerre, s’y rendre, être au plus près des combats, c’est aussi prendre le risque d’être en danger. Blessé à de nombreuses reprises, Patrick Chauvel n’a pas pour autant eu peur de retourner « au front ». En 1978 au Liban, il est fait prisonnier par les miliciens de la Saeka et pris pour un espion israélien. Envoyé dans une prison syrienne où il passe plusieurs semaines, ses ravisseurs le présentent à un peloton d’exécution.

Les blessures font partie des incidents, ça fait mal et surtout on sait qu’on va rater le reportage. […] On m’a tellement dit « tu vas te faire tuer si tu continues. » 

Une série produite par Antoine Beauchamp, réalisée par Yvon Croizier. Prise de son : Georges Thô. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

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Bibliographie

  • Rapporteur de guerre, Éditions J’ai lu, 2003.
  • Sky. L’histoire d’une amitié, de l’enfer du Vietnam aux terres Chiricahuas, Éditions J’ai lu, 2005.
  • Les Pompes de Ricardo Jesus, éditions Kero, 2012.
Intervenants
  • reporter-photographe de guerre, écrivain et réalisateur de documentaires
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