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Juliette Gréco, en 1992
Épisode 2 :

Juliette Gréco : "Ma célébrité, je l'ai vécue en dehors"

29 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce second entretien "A voix nue", Juliette Gréco raconte sa vie à Saint-Germain-des-Prés sous l'Occupation, sa passion pour le théâtre et sa grande solitude malgré un début de célébrité dont elle n'a jamais compris les raisons.

Juliette Greco discutant dans un salon de l'aéroport après son arrivée pour passer des essais pour un film, le 14 août 1958 à Londres, Royaume-Uni.
Juliette Greco discutant dans un salon de l'aéroport après son arrivée pour passer des essais pour un film, le 14 août 1958 à Londres, Royaume-Uni. Crédits : Keystone-France/Gamma-Rapho - Getty

Dans ce deuxième épisode de la série "A voix nue", Juliette Gréco raconte sa vie dans une pension de famille dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés sous l'Occupation. Dans cet immeuble, elle croisait Gérard Philipe, dont elle dit : "Je le regardais monter les escaliers parce qu'il ne montait pas les escaliers, il volait. Un archange de beauté et de légèreté." La propriétaire des lieux organisait parfois des dîners où l'on demandait parfois à la jeune Juliette de chanter : "Alors je chantais pour faire plaisir aux gens mais j'avais peur, ça ne me plaisait pas vraiment. Et je ne pensais pas du tout en faire mon métier, surtout pas." Elle suit des cours d'art dramatique, et elle "rêve".

Je suis obligée de retrousser mes pantalons, ce qui va devenir la mode. Les manches d'homme aussi sont retournées. De la misère, j'ai fait une mode, curieusement ! Aussitôt que j'ai pu m'acheter quelque chose, j'achetais un pantalon noir et un chandail noir. J'étais une jeune personne extrêmement scandaleuse.

Juliette Gréco en vacances, dans les années 50
Juliette Gréco en vacances, dans les années 50 Crédits : REPORTERS ASSOCIES/Gamma-Rapho - Getty

Juliette Gréco se souvient aussi du retour de déportation de sa mère et de sa sœur. Même cette terrible épreuve n'aura pas rapproché Juliette de sa mère, "depuis que je suis sortie de prison, je suis toute seule".

Je vais au Lutetia parce qu'on me dit que là sont les déportés, ceux qui rentrent en tout cas, ceux qui reviennent. J'arrive et j'entre dans ce grand hall du Lutetia et je vois des centaines de gens debout. Émanait d'eux une odeur très particulière, qui je sais depuis, est celle de la mort.

Juliette Gréco dit ne pas comprendre à cette époque-là, sa célébrité mondiale, elle en était "étonnée", voire "amusée". Elle ne se rendait compte "de rien", elle se trouvait "affreuse" et pourtant, "à vingt ans, j'étais statufiée", reconnaît-elle maintenant. "Je me rendais bien compte de ma puissance, confie-t-elle, et je ne savais pas pourquoi, je ne comprenais pas."

Rediffusion du 6 février 2001

Une série produite par Hélène Hazéra. Réalisation : Manoushak Fashahi et Anne-Pascale Desvignes. Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France.

Intervenants
L'équipe
Production
Coordination
Avec la collaboration de
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