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Juliette Gréco, en 1992
Épisode 3 :

Juliette Gréco : " Les génies que j'ai rencontrés étaient des gens enfantins"

28 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce troisième entretien, Juliette Gréco livre ses souvenirs des rencontres avec de grands noms de la culture des années 50 et 60. Elle évoque ses amitiés avec Merleau-Ponty, Sartre, Sagan, Vian ou encore Queneau. Autant de chance et de passion pour la chanteuse aux pieds nus.

Juliette Gréco, en 1968
Juliette Gréco, en 1968 Crédits : James Andanson/Sygma - Getty

Troisième temps de la série "A voix nue" avec la chanteuse Juliette Gréco qui raconte sa rencontre fortuite, au bar du Port-Royal, avec Maurice Merleau-Ponty (directeur des "Temps modernes" à l'époque) dont elle dit : "J'ai vu enfin des réponses compréhensibles à mes questions. Et là, j'ai fait mes universités." Elle parle de la profonde admiration qu'elle vouait à tous ces gens qui l'ont aidée à faire son éducation, elle qui avait quitté l'école trop tôt et qui était avide de connaissances. Mais elle précise, qu'elle n'a "jamais aimé les chapelles" et qu'elle n'appartient "à personne". Quand elle est quelque part, elle "aime bien aller voir ailleurs" et ce pouvait être avec Simone de Beauvoir ou Jean-Paul Sartre dont elle était très proche.

Sartre était un homme gai. Sartre était un homme qui adorait vivre, qui adorait la compagnie des femmes, des filles. Il était un homme infiniment courtois et drôle, extrêmement farceur. J'étais bien et je ne me sentais pas en état de terrible infériorité... bon je me sentais en état d'infériorité, bien sûr, mais je n'avais pas honte. Il était très cancanier, il adorait raconter des petites histoires.

Juliette Gréco évoque avec nostalgie, comme "un souvenir ébloui", l'époque des soirées au Tabou, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. "Il y avait une liberté qui n'existe pas aujourd'hui", affirme-t-elle. Elle se souvient ainsi de Boris Vian et de son "rire" qui lui manque toujours autant, de Raymond Queneau, "l'homme qui rêve" ou encore de son amitié avec Françoise Sagan, "extrêmement farceuse, drôle, gaie, vivante".

Il y avait beaucoup de personnages, seuls, à Saint-Germain. Dont moi, mais j'étais très dissipée, je n'étais pas morale du tout. Pas "morale" dans le sens catholique ou social du mot. J'ai une moralité très particulière.

Première de Bonheur Impair et Passe de Françoise Sagan, avec Juliette Gréco, 17 janvier 1964
Première de Bonheur Impair et Passe de Françoise Sagan, avec Juliette Gréco, 17 janvier 1964 Crédits : REPORTERS ASSOCIES-Gamma-Rapho - Getty

De son expérience au Parti Communiste, Juliette Gréco en dit qu'elle la trouvait "très dogmatique" et que des réunions de cellule, elle "en sortai[t] en furie" malgré les tentatives de Marguerite Duras pour la calmer.

Je me suis tue. Très, très bizarrement, on continue de se taire et j'ai continué longtemps de me taire. Je me suis forcée à parler mais on se dit qu'on est responsable de quelque chose. C'est comme la religion, ça ne vous quitte jamais cette affaire-là. Quand on a été communiste, il en reste toujours quelque chose. Le communisme soviétique est une défaite d’une cruauté, d'une laideur indicibles.

Rediffusion du 6 février 2001

Une série produite par Hélène Hazéra. Réalisation : Manoushak Fashahi et Anne-Pascale Desvignes. Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France.

Intervenants
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Avec la collaboration de
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