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Renaud Van Ruymbeke
Épisode 2 :

"Sur l’indépendance des juges, J’ai voulu donner tort à mon père "

29 min
À retrouver dans l'émission

Les partis politiques étaient "intouchables". Lorsqu’en 1992 le juge Van Ruymbeke ose mener une perquisition au siège du Parti Socialiste dans le dossier Urba, les ténors de la gauche s’indignent : "il n’y a pas d’affaire Urba, il y a une affaire Van Ruymbeke !"

Le juge Renaud Van Ruymbeke à la Cour d'appel de Rennes, procès de l'affaire Urba-Sagès, le 10 septembre 1995, Rennes, France
Le juge Renaud Van Ruymbeke à la Cour d'appel de Rennes, procès de l'affaire Urba-Sagès, le 10 septembre 1995, Rennes, France Crédits : MARCEL MOCHET -AFP - AFP

En 1991, le juge Van Ruymbeke rejoint la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Rennes, qui souhaite recruter un juge d’instruction spécialisé dans les affaires financières. Le jeune magistrat hérite alors d’une enquête qui défraie la chronique, le dossier URBA, du nom d’un bureau d’études lié au financement occulte du parti socialiste. Là encore, comme pour l’affaire Boulin, il sera violemment attaqué par les politiques pour avoir osé perquisitionner au siège parisien du P.S. 

Sur l’indépendance des juges, je ne voulais pas donner raison à mon père. Je refusais le privilège et cherchais la justice pour qu’elle s’applique à tous ; je suis très attaché au principe d’égalité. 

"Dans ces affaires là, vous n'avez pas droit à l'erreur"

En juillet 1992, alors qu’il s’apprête à inculper Henri Emmanuelli, ancien trésorier du PS devenu Président de l’Assemblée Nationale, les ténors du parti de gauche opèrent contre le magistrat une sorte de  "lynchage médiatique" à la tribune du congrès de Bordeaux :" il n’y a pas d’affaire Emmanuelli, il y a une affaire Van Ruymbeke".

Ça n’a pas été facile ; on a beau être "blindé", j’avais toujours une angoisse : ne suis-je pas allé trop loin ?  Mon soulagement fut quand la Cour de cassation a ensuite validé tout mon travail. 

Avec le temps et l’expérience, il dénouera des affaires de plus en plus complexes. Il s’illustre par un travail de bénédictin pour résoudre un crime survenu en Bretagne en 1996, le meurtre de la jeune britannique Caroline Dickinson. Renaud Van Ruymbeke est alors l’un des pionniers de la preuve scientifique au service des enquêtes criminelles, il fait la démonstration précoce de l’efficacité de l’empreinte génétique grâce un quadrillage méthodique de listes de suspects. 

Jusqu’au bout, je doute. Y compris de ma technique, car j’improvise, je mets au point une méthode nouvelle. Cette rationalité, je la mettrai ensuite au service de mes enquêtes financières. 

Une série d’entretiens proposée par Eric Lemasson, réalisée par Angélique Tibau. Prise de son : Yann Fressy. Attachée de production : Daphné Abgrall.

Pour aller plus loin

Renaud Van Ruymbeke et la passion du piano, Les productions du moment, 2018.

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