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Renaud Van Ruymbeke
Épisode 3 :

A propos du dossier Elf, affaire d’État : " Je suis un besogneux. "

29 min
À retrouver dans l'émission

L’année 2000, à Paris, le juge Van Ruymbeke découvre dans son cabinet d’instruction les trente tomes du tentaculaire dossier Elf, une affaire d’État. Par quel bout commencer ?

Le juge Renaud Van Ruymbeke, au Tribunal de grande instance, à l'occasion de la traditionnelle cérémonie des vœux, le, 14 janvier 2014, à Paris, France
Le juge Renaud Van Ruymbeke, au Tribunal de grande instance, à l'occasion de la traditionnelle cérémonie des vœux, le, 14 janvier 2014, à Paris, France Crédits : JACQUES DEMARTHON - AFP

"Je suis un mécano, je démonte le moteur, il est compliqué à démonter car il faut séparer les différents éléments et voir ce qui va, ce qui ne va pas." 

C’est probablement le plus gros dossier de sa carrière. Par son étendue, par les montants en cause dans les commissions occultes et les soupçons de financement politique, par les conséquences diplomatiques, l’affaire Elf secoue la République. Au printemps de l’an 2000, venant de Rennes, Renaud Van Ruymbeke est muté au pôle financier parisien à la demande de la juge Eva Joly, dont toute la presse parle alors parce qu’elle mène une enquête explosive sur ce dossier de corruption internationale. Le juge Van Ruymbeke prend le relai. Son travail aboutira à la condamnation des principaux dirigeants de l’entreprise d’état.

Le dossier partait dans tous les sens, il était incompréhensible ; trente tomes de procès-verbaux, alors j’ai tout reclassé. Je suis un besogneux, je lis tout, j’absorbe tout, je suis un mécano qui démonte le moteur. 

Le juge se heurte à un nouvel obstacle, difficilement contournable : le secret bancaire des paradis fiscaux, qui abritent comptes offshores et sociétés-écrans.

Au fil de ce dossier Elf, un mouvement est en train de naître, celui d’une coopération naissante entre magistrats européens, notamment franco-suisses. C’est un début d’une authentique émancipation des juges.  

"Les frégates de Taiwan, c’est mon plus grand échec. Je n’ai pas pu aller au bout de cette enquête"

Lorsque le juge parisien hérite de cette nouvelle affaire de corruption internationale, il se heurte à un obstacle qu'il ne pourra, cette fois, contourner :  le secret-défense, qu’on lui oppose systématiquement. Cette vente par la France de bateaux de guerre à Taïwan pour 2,5 milliards de dollars, avec une commission douteuse de 400 millions de dollars versés à un intermédiaire, il n’en viendra pas à bout. 

On veut appliquer les lois votées par le Parlement à toute personne quelle qu’elle soit. Mais à partir d’un certain nombre de zéro dans les montants, la justice ne pouvait plus rien faire… 

Une série d’entretiens proposée par Eric Lemasson, réalisée par Angélique Tibau. Prise de son : Yann Fressy. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

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