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Toni Morrison
Épisode 4 :

"Il y a une force poétique à décider de se donner un autre nom"

28 min
À retrouver dans l'émission

Quatrième volet de la série "A voix nue" avec Toni Morrison où elle parle de la langue des fantômes. Elle y évoque "Jazz" et l'importance des surnoms que se donnaient les musiciens à l'époque. Elle s'interroge aussi sur la violence nécessaire pour faire tenir l'esclavagisme.

Toni Morrison au Lisner Auditorium à l'Université George Washington à Washington DC le 21 septembre 2011.
Toni Morrison au Lisner Auditorium à l'Université George Washington à Washington DC le 21 septembre 2011. Crédits : Kris Connor/Getty - AFP

4) La langue des fantômes, la langue pour guérir

Dans cette quatrième partie de la série "'A voix nue" enregistrée en 2006 et rediffusée en 2012, l'écrivaine Toni Morrison aborde les thématiques de son roman "Jazz" publié en 1992.

Tout le monde écrit sur cet âge d'or du jazz comme si il n'y avait eu que ça, or c'est un peu la version médiatique de ce à quoi ressemblait la vie dans le quartier de Harlem. Dans mon livre "Jazz", pas une seule fois je n'écris le mot "jazz" et je ne cite aucun noms de musiciens célèbres car pour moi il s'agit de dépeindre autre chose. Ce que j'ai essayé de saisir, c'est un peu le concept philosophique de ce qu'est le jazz. Toni Morrison 

Au sujet de son Prix Nobel décerné en 1993, Toni Morrison refuse de porter un quelconque poids sur ses épaules :

Je n'avais pas du tout l'impression de représenter des gens qui m'avaient précédée, en revanche j'ai éprouvé très fortement que désormais, pour l'avenir, il devenait possible à d'autres écrivains femmes plus jeunes que moi d'entrer à leur tour. Toni Morrison 

Elle poursuit inlassablement sa réflexion sur l'esclavagisme de son pays :

Pourquoi il y a eu tant d'esclaves emmenés de force en Amérique ? Simplement parce qu'il fallait remplacer ceux qui mouraient sous les coups, voilà pourquoi il en fallait toujours plus. Bien sûr ce n'est que par la violence et par la force qu'on peut mettre en place un tel système et je crois qu'il est inscrit dans l'ADN de ce pays et de ses habitants. Toni Morrison

L'écrivaine s'interroge sur l'usage si récurrent de surnoms dans la communauté afro-américaine, "ils revendiquaient une autre identité" affirme-t-elle.

Quand on pense à tous ces musiciens dont on n'entendait jamais le véritable nom, que l'on ne connaissait que par leurs surnoms. Chez beaucoup d'hommes et de femmes noirs il s'agissait de se débarrasser de toute cette lourdeur de ce patronyme, de ce nom de famille qui n'était pas le leur véritablement, qui était celui de leur maître. Toni Morrison 

Rediffusion de l'émission du 16/11/2006. Par Clémence Boulouque. Avec la collaboration de Claire Poinsignon et Gilles Davidas.

Bibliographie

Jazz

JazzToni Morrison10-18, 2008

Intervenants
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Production
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