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Yanick Lahens
Épisode 1 :

L’ancrage dans Port-au-Prince

28 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce premier épisode, Yanick Lahens parle de son enfance heureuse à Port-au-Prince dans une maison où vit sa famille élargie jusqu’à l’arrière-grand-mère. L’enfance est aussi le temps des premières perceptions de l’injustice, à l’école chez les religieuses, et dans la société sous Duvalier.

Yanick Lahens à 19 ans
Yanick Lahens à 19 ans Crédits : Archives Yanick Lahens

Le pilier : les femmes

Yanick Lahens parle de son enfance heureuse à Port-au-Prince dans une maison, le lacou où vit sa famille élargie jusqu’à l’arrière-grand-mère. Autour d’elle, les femmes travaillent, sont douées et imaginatives.

La femme a toujours été le pilier en Haïti, le potomitan. Ça renvoie à des éléments de la formation d'Haïti, la femme a toujours été le la figure qui assurait la stabilité dans les plantations. Yanick Lahens

Le lacou, c'est l'espace traditionnel haïtien. C'est la famille élargie autour d'un espace central. Yanick Lahens

Très tôt elle apprend que la sensualité, les sensations et les mots sont importants ; à travers la cuisine que sa grand-mère hisse au rang d’un art, à travers la lecture que celle-ci lui enseigne. On écoute de la musique, des textes et des opéras.

Je me souviens lorsque mon père a acheté le premier tourne disque, c'était un événement incroyable. J'ai encore en mémoire Bachir Touré qui lisait les textes de Senghor, Martha Jean-Claude qui chantait les chants folkloriques haïtiens, la cinquième symphonie de Beethoven, Andromaque dit par Gérard Philippe, Brassens aussi... Je crois que c’était le point de départ de ma curiosité. Yanick Lahens

Encouragée par des parents ouverts et progressistes, elle suit des cours de danse traditionnelle haïtienne qui vont marquer sa formation et son écriture future.

Le chemin de sang...

L’enfance est aussi le temps des premières perceptions de l’injustice : au contact de Anna sa nounou, à l’école chez les religieuses, et dans la société où le régime Duvalier instaure la dictature. Yanick Lahens fait l’épreuve que « tout chemin trop étroit de classe ou de race mène à un chemin de sang ». La couleur de la peau continue d’être un critère de discrimination. Elle garde le souvenir des écoles fermées, des couvre feu, des sirènes, des personnes de son entourage qui ont été tuées...

Au départ François Duvalier disait vouloir travailler pour que le pouvoir ne soit pas simplement l’apanage de la bourgeoisie mulâtre traditionnelle. Il va se révéler un dictateur noiriste féroce. Yanick Lahens

De même pour Pol Pot c'est un chemin étroit de classe, on tue des gens parce qu'ils portent des lunettes car on suppose que si vous portez des lunettes c'est que vous êtes un intellectuel. Yanick Lahens

Une série proposée par Elise Gruau, réalisée par Assia Khalid. Attachée de production : Daphné Abgrall. Prise de son : Thomas Robine.

Pour aller plus loin

Bibliographie

Douces déroutes

Douces déroutesYanick LahensSabine Wespieser, 2018

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