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Yanick Lahens
Épisode 3 :

Haïti microcosme du monde

28 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce troisième épisode, Yanick Lahens raconte son retour en Haïti où elle devient professeur et s’engage dans l’exploration de la société dans sa complexité.

Yanick Lahens
Yanick Lahens Crédits : Iris Geneviève Lahens

Yanick Lahens rentre en Haïti en 1977 et devient enseignante à l'École normale, elle mène une action en faveur d'une politique éducative nouvelle, notamment pour l'introduction du créole dans les écoles primaires. 

Aujourd'hui, il y a une académie de la langue créole en Haïti, ce qui quand même arrange les choses. Il y a des auteurs qui publient en créole, comme Frankétienne, qui a pris le relais de ce qui se faisait depuis les années 50 avec Félix Morisseau-Leroy et puis il y a Georges Castera. Yanick Lahens

Ce sont des années d’intense déploiement de la pensée haïtiano-caribéenne, où elle participe à la revue Chemins critiques, créée par l’anthropologue Laënnec Hurbon, avec le poète Georges Castera, le sociologue Jean Casimir et l’anthropologue français Gérard Barthélémy.

Jean Casimir vient avec l'idée de la coupure créole-Bossale dans la société haïtienne et Gérard Barthélémy va aller encore plus loin dans un livre qu'il appelle "Le pays en dehors". Yanick Lahens

La population Créole, c'est la population qui, au lendemain de l'indépendance, prend en main le pouvoir politique et économique. Ce sont en général des enfants d'esclaves, et de colons, et ce sont aussi des officiers de l'ancienne armée de Napoléon. C'est une minorité. La grande majorité, les Bossales, ce sont des esclaves et des noirs venus d'Afrique qui rejettent le système de la plantation. Ils réorganisent la vie en communauté. Le vaudou, la langue créole. Yanick Lahens

Ce sont les années de découverte d’écrivains haïtiens tels que Marie Chauvet, et pendant lesquelles elle forge ses propres outils littéraires. Elle publie son premier livre, qui est un essai : Entre l’ancrage et la fuite, l’écrivain haïtien : partir ou rester ? 

Le malaise est une bonne chose. Quelqu'un qui est tout à fait à son aise, n'écrit pas, ne peint pas parce que le monde lui convient. Pourquoi peindre ou écrire alors que le monde est là ? C'est parce qu'on a une vision autre que ce qu'on voit.  L'écriture, c'est la même chose, c'est parce qu'on veut raconter une histoire, en plus de l'histoire des mots qu'on entend autour de soi. Yanick Lahens

Elle participe à la réforme de l’éducation qui aboutit à la reconnaissance du créole comme langue officielle au même titre que le français, et à celle du vaudou comme religion officielle avec le catholicisme.

Sans cette réforme et cette valorisation du créole, je ne sais pas si on aurait eu cette génération, justement, qui est complètement désinhibée par rapport aux deux langues, qui écrit dans les deux langues et, qui continue à faire vivre la littérature. Yanick Lahens

Son premier roman Dans la maison du père sort en France aux éditions du Serpent à plumes, puis viennent les nouvelles Tante Résia et les dieux et La petite corruption. Toujours animée par une réflexion sur la langue, Yanick Lahens parle ici de la relève actuelle en littérature, avec des figures telles que Makenzy Orcel ou Bonnel Auguste. Femme de terrain, Yanick Lahens sillonne Haïti depuis toujours à la rencontre des gens, des cultures locales, en quête d’observation et de nourritures visuelles.

Une série proposée par Elise Gruau, réalisée par Assia Khalid. Attachée de production : Daphné Abgrall. Prise de son : Thomas Robine.

Pour aller plus loin

Bibliographie

Dans la maison du père

Dans la maison du pèreSabine Wespieser Editeur, 2015

Intervenants
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