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Le travail documentaire de la photographe met en lumière l'attente prolongée de l'obtention du statut de réfugié, comme une autre épreuve de la migration.

Quand la photographie d'Aglaé Bory saisit l'attente des demandeurs d'asile

4 min
À retrouver dans l'émission

Dans le cadre du festival de photographie Les Photaumnales à Beauvais, qui a débuté le 19 septembre, Aglaé Bory participe à l'exposition "FLUX, une société en mouvement" avec des clichés de demandeurs d'asile dont l'attente prolongée dans des centres d'hébergement est devenu le quotidien.

Le travail documentaire de la photographe met en lumière l'attente prolongée de l'obtention du statut de réfugié, comme une autre épreuve de la migration.
Le travail documentaire de la photographe met en lumière l'attente prolongée de l'obtention du statut de réfugié, comme une autre épreuve de la migration. Crédits : Aglaé Bory

Depuis le 19 septembre et jusqu’au 3 janvier 2021, la 17ème édition du festival de photographie “Les Photaumnales” se tient à Beauvais (et à Douchy-les-Mines). La programmation se déploie sur plusieurs lieux culturels partenaires dans les Hauts-de-France, mais repose surtout sur deux expositions. La première, “FLUX, une société en mouvement” est un projet initié en 2018 avec une commande nationale de la part due Centre national des arts plastiques (CNAP) et mené en association avec le Centre régional photographique des Hauts-de-France et Diaphane, pôle photographique des Hauts-de-France. Elle est présentée entre Le Quadrilatère à Beauvais et le Centre régional photographique des Hauts-de-France à Douchy-les-Mines. C’est pour cette commande qu’a été sélectionné le travail d’Aglaé Bory. La deuxième exposition est uniquement au Quadrilatère de Beauvais et intitulée “FLUX, le discret et le continu”, avec 9 artistes et une carte blanche à la revue 6Mois

L’exposition “FLUX, une société en mouvement” rassemble 15 photographes ou duos d’artistes qui ont répondu à un appel à candidature pour explorer la thématique des flux, pour “aborder le monde actuel à travers les multiples mouvements qui le fondent et le traversent au quotidien” avec des approches photographiques diversifiées qui sont présentées sur les sites de Beauvais (Le Quadrilatère) et de Douchy-les-Mines (Centre régional photographique Hauts-de-France). Un ensemble représentatif de la richesse de la scène photographique française tout en mettant l’accent sur les talents émergents, pour lesquels cette programmation est souvent une première entrée dans les collections publiques. 

Parmi les 15 artistes sélectionnés, Aglaé Bory, photographe française qui vit et travaille à Paris depuis 20 ans. Elle étudie l’histoire de l’art à Aix et la photographie à l’Ecole nationale de photographie d’Arles. Son travail a été présenté dans le cadre de plusieurs festivals en France et à l’étranger et a fait l’objet d’expositions individuelles et collectives. Son travail “Corrélations” a reçu plusieurs distinctions et est entré en 2009 dans le fond photographique de la BnF. 

Note d’intention d’Aglaé Bory pour Figures mobiles :

Il s’agit d’un travail photographique sur l’attente, interminable, d’hommes et de femmes venus de loin, qui ont déposé une demande d’asile dans l’espoir de trouver refuge en France. Ils vivent dans des centres d’hébergement, en attendant leur convocation et de se voir attribuer ou non le statut de réfugié   La décision sur le statut de réfugié revient à l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) ou à la CNDA (Cour nationale du droit d’asile). Acronymes que Aglaé Bory nomme des lieux administratifs de l’exil, connus de tous les nouveaux arrivants comme des noms à part entière. De ces noms dépend leur avenir, et les délais de traitement de dossiers étant très longs, l’attente est douloureuse et incertaine. Dans ces lieux, ils évoluent donc dans l’attente, figures pensives absorbées dans leur intériorité. L’espace, sobre, permet, dans l’amplitude de l’image fixe, le déploiement d’un temps long et comme ralenti. Ils sont parfois allongés, vulnérables dans le refuge du sommeil ou bien assis sur le rebord d’un lit ou d’un muret, ou encore immergés dans la mer, devenue métaphore de la traversée. L’espace photographique devient un espace de liberté où ces femmes et ces hommes peuvent s’offrir pudiquement au regard du spectateur dans la fragilité et la singularité de leur existence et attester de leur intimité indivisible et absolue. La lumière, l’échappée d’une fenêtre, au-delà du cadre, appellent tout à la fois l’inquiétude de l’avenir mais aussi l’espérance et le retour à soi.

Aglaé Bory est également lauréate de la première édition du Prix Caritas de la Photo Sociale avec son travail Odyssées. Ce travail est exposé pour deux mois depuis le 16 octobre 2020 sur le parvis de la Gare de Lyon, dans le cadre du projet Gares et Connexions. Ce prix lancé par le Réseau Caritas France (présidé par le Secours Catholique-Caritas France) a pour but de soutenir les photographes qui travaillent sur certains sujets de préoccupation : pauvreté, précarité et exclusion en France. 

Odyssées est un travail photographique sur l’exil réalisé dans la ville du Havre, en écho au récit de voyage originel d’Homère, histoire d’un retour qui n’en finit pas. Aglaé Bory a suivi plusieurs personnes en situation d’exil, demandeurs d’asile ou réfugiés, le plus souvent en attente de statut. Succession de portraits et de paysages pour créer une correspondance entre l’intériorité de ces personnes et l’environnement dans lequel ils évoluent, afin de rendre perceptible ce sentiment d’exil. 

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