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Bob Dylan en concert à la BBC TV Centre, Londres, 1er juin 1965.

Les conseils culturels d'Arnaud Desplechin

6 min
À retrouver dans l'émission

Chaque soir dans Affaires culturelles à 19h50, une parole d'artiste pour un conseil culturel. Aujourd’hui, c’est le cinéaste Arnaud Desplechin qui partage avec nous ses inspirations culturelles du moment.

Bob Dylan en concert à la BBC TV Centre, Londres, 1er juin 1965.
Bob Dylan en concert à la BBC TV Centre, Londres, 1er juin 1965. Crédits : Val Wilmer - Getty

📖  -  Un livre : "Là où tout se tait" de Jean Hatzfeld // Gallimard - collection Blanche – janvier 2021

Présentation de l’éditeur : Sur les collines de Nyamata, Jean Hatzfeld part cette fois à la recherche des très rares Hutus qui ont résisté à la folie génocidaire au péril de leur vie. Au Rwanda, on les appelle abarinzi w’igihango, les gardiens du pacte de sang, ou parfois les Justes. Mais vingt-cinq ans après, ils restent des personnages silencieux, entourés de méfiance ; parce que aux yeux des Hutus ils incarnent la trahison, ou leur renvoient l’image de ce qu’ils auraient pu être, tandis que les Tutsis portent sur eux d’irréductibles soupçons et le plus souvent refusent d’admettre qu’il y ait eu des Hutus méritants.  Beaucoup de sauveteurs ont été abattus par les tueurs, sans laisser de trace. Certains de ceux qui ont survécu racontent ici leurs histoires extraordinaires. Chacun trouve les mots pour relater ce chaos dans une langue étrange, familière et nourrie de métaphores, reconnaissable entre toutes pour ceux qui ont lu les précédents livres de l’auteur.

Cette langue africaine des pays des collines est retranscrite par Hatzfeld. C'est une langue où chaque mot est plein, chaque mot est comme un fruit. La tragédie du Rwanda est quelque chose qui m'a obsédé. J'ai su tout de suite en lisant dans le journal, au bout de trois, que c'était un génocide. Depuis, je ne me suis jamais calmé sur la question. Il n'y a que Hatzfeld qui arrive à m'apaiser parce que c'est un écrivain immense. C'est un livre qui est déchirant, qui est insupportable et qui est d'une poésie immense.

Plus d'informations : "Là où tout se tait" de Jean Hatzfeld au paru chez Gallimard - collection Blanche – en janvier 2021.

🎼  - Une musique : "Murder Most Foul" de Bob Dylan sur l’album "Rough and Rowdy Ways"

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On m'a envoyé d'Amérique une chanson, Murder Most Foul, qui est une chanson de déploration sur Kennedy et qui rebrosse toute l'histoire des États-Unis et notre présent à l'aune de cette mort. Il y a un homme qui est mort, et voilà que ça vient tout colorer. Les lyriques sont incroyables. Évidemment, je suis un grand admirateur de Bob Dylan. On pense qu'il y a des chansons qui sont infinies de Bob Dylan, mais celle-là, ça en est une.

📘  -  Un autre livre : "L’iris Sauvage" de Louise Glück 

Présentation de l’éditeur : Louise Glück compte depuis longtemps parmi les voix majeures de la poésie contemporaine outre-Atlantique. Son œuvre, née de l’expérience et de la voix d’une femme, traverse le féminin tout en lui résistant car la biographie, quand elle a eure dans ses poèmes, ne subsiste que comme trace : l’événement, déjà passé au tamis du langage, laisse place à sa profondeur, à son interprétation, à l’interrogation.
Le jardin où l’on croise furtivement John, un mari qui cultive des plants de tomates, ou encore un fils, Noah, prend ainsi dans L’iris sauvage une dimension biblique et mythologique pour finalement devenir l’espace imaginaire où se déploie une vaste polyphonie. Louise Glück y fait entendre à la fois la voix des fleurs interpellant leur Créateur, celle de ce même Créateur se penchant sur sa Création, et la voix humaine questionnant sa propre finitude, notamment par un regard distancié sur la vie quotidienne. Dans cette chambre d’échos métaphysique, on trouvera portée à son comble une poétique de la renaissance qui est au cœur de l’œuvre glückienne.
Par une écriture qui emploie le langage de tous les jours, sublimé par le travail du vers et par les multiples résonances au sein des poèmes, où précision, coupes abruptes, ellipses tendent à souligner l’acuité de sa vision, Louise Glück parvient à dire la beauté tragique de toute vie sur terre, le temps d’une floraison.
Ce recueil d’une originalité incomparable, à la composition parfaite, a été récompensé du prix Pulitzer de poésie à sa parution en 1992 et a marqué un tournant décisif dans l’œuvre de Louise Glück.

C'est un livre très étrange qui est composé de petits poèmes qui se passent tous dans un jardin. Dans ce jardin, c'est le créateur qui s'adresse à la créature, une femme. Elle a, qu'elle mentionne parfois, un homme et un enfant. Parfois, c'est le créateur qui s'adresse à la créature et parfois, c'est la narratrice qui reproche à Dieu. Parfois, ils s'entendent bien, parfois ils ne s'entendent pas et ils discutent avec des mots très simples, très épurés. J'ai dévoré le recueil alors que je lis la poésie lentement d'habitude. Là, c'est une poésie qui est très accessible, on rentre dedans. J'ai découvert une voix qui m'importe. 

Plus d'informations : L’iris Sauvage de Louise Glück a paru aux éditions Gallimard – collection du monde entier – en mars 2021.

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