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Jean-Pascal Zadi tente bien que mal de rameuter toutes les célébrités noires de France dans un combat dont lui-même peine à dessiner les contours.

"Tout simplement noir", simplement un bon film ?

8 min
À retrouver dans l'émission

Fort succès critique et public de l'été alors que la fréquentation des cinémas reste affaiblie par la crise sanitaire, le premier film de Jean-Pascal Zadi interroge, sous couvert de comédie, la multiplicité de l'identité noire en France.

Jean-Pascal Zadi tente bien que mal de rameuter toutes les célébrités noires de France dans un combat dont lui-même peine à dessiner les contours.
Jean-Pascal Zadi tente bien que mal de rameuter toutes les célébrités noires de France dans un combat dont lui-même peine à dessiner les contours. Crédits : Gaumont - C8 Films

Peut-on définir l’identité noire ? Jean-Pascal Zadi, youtubeur, réalisateur et personnage principal du faux documentaire Tout simplement noir tente d’expliquer, avec une sincérité maladroite et un certain opportunisme, qu’il faut avoir les cheveux crépus, la peau ébène et descendre en droite ligne d’une famille qui a subi l’esclavage.

Pour promouvoir la marche militante qu’il organise place de la République à Paris, il rallie à la cause une pléiade de célébrités noires, chacun jouant ici son propre rôle. Tous s’embourbent dans les dérives et les clichés car non, ce n’est pas si simple de se mettre d’accord sur qui est vraiment noir. S’en suit une série de situations ubuesques, parfois très drôles, souvent caustiques, qui mettent à mal la question sensible des communautarismes en France. 

Alors que la fréquentation des cinémas peine à reprendre en cette période de crise sanitaire, Tout simplement noir peut s’enorgueillir de l’exploit d’une presse unanimement enthousiaste, du Figaro à Mediapart en passant par Libération, le Monde et Marianne, et de spectateurs surpris, ne sachant pas s'ils viennent de rire devant la comédie française de l’été ou de voir un film d’auteur engagé. 

Pour discuter avec nous de la mixité des identités, et de la place des noirs au cinéma et dans la société, Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice.

L'intelligence de l'écriture de Jean-Pascal Zadi, c'est que chacun voit dans son film ce qu'il ou elle a à y voir. Le succès du film, critique comme public, prouve aussi qu'il y a un besoin profond de parler de l'identité raciale française. Il répond à un désir d'interroger l'appartenance des uns et des autres. Au total, c'est très fort : il a réussi à mettre tout le monde d'accord sur le fait qu'il était important, en 2020, d'avoir une conversation sur l'identité. Rokhaya Diallo

La prochaine étape consiste à permettre à ces films d'être appréciés en tant que films, en tant qu'objets filmiques, et qu'ils ne soient plus perçus comme des objets sociaux, comme des instruments de sociologie, mais véritablement comme des films, et critiqués en tant que tel, avec un regard sur la cinéphilie, sur les références, sur la démarche artistique de ces artistes. Parce que avant d'être des personnes noires, ce sont des artistes. Rokhaya Diallo

Écoutez l'intégralité de l'émission Affaires Culturelles du lundi 24 août 2020 :

Bibliographie

Intervenants
  • Journaliste, autrice, réalisatrice. Chercheuse en résidence à l’université de Georgetown (Washington).
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