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La Biennale d'Architecture de Venise 2021

"Comment allons-nous vivre ensemble ?" Une année de rupture pour la Biennale de Venise.

6 min
À retrouver dans l'émission

La 17e Biennale d’Architecture de Venise se poursuit jusqu’en novembre autour de la question : Comment allons-nous vivre ensemble ? Marc Armengaud, philosophe, urbaniste, maître de conférences à l’école d’architecture de Paris-Malaquais, explicite les enjeux de cette thématique.

La Biennale d'Architecture de Venise 2021
La Biennale d'Architecture de Venise 2021 Crédits : Crédits : @DR - Radio France

Selon Marc Armengaud, cette année est une année de rupture. Jusqu’ici la parole était donnée à des architectes de grands noms qui réunissaient autour d’eux des intéressés et des amateurs passionnés. Ce n’est plus le cas désormais : il n’y a jamais eu en effet un renouvellement aussi fort dans la sélection de profils jeunes, mais aussi dans celle de gens venant de pays du tiers-monde, de continents d’ordinaire peu présents  et qui régénèrent la perspective. 

C’est peut être la marque d’un commissaire différent selon Marc Armengaud, Hashim Sarkis est libanais et dirige l’architecture au MIT, sa renommée tient moins à son œuvre construite qu’à la qualité des questions qu’il pose et à la dynamique collective qu’il sait donner en réunissant des créateurs. 

La thématique de cette édition s’est posée avant la crise du coronavirus et elle veut assumer un effet de rupture avec les biennales précédentes qui étaient très orientées sur des questions internes à la discipline : que considère-t-on dans l’architecture ? Sa mission, ses qualités ? Maintenant se pose la question : comment vivre ensemble ? Cette formulation habile inclut le présent comme pouvant être le symptôme de demain et inclut bien le fait que nous sommes inquiets de ce qui pourrait être un avenir commun collectif, puisqu’il y a même un avenir partagé possible. 

Il y a deux aspects de l'exposition qui viennent répondre à cette question initiale. L'une s'intéresse à l'habitat communautaire, aux initiatives collaboratives à la capacité des humains, avec ou sans les architectes, à rendre leurs conditions de vie plus intéressantes, plus vivables, plus supportables, y compris dans la perspective des changements climatiques.  

La chose passionnante, mais assez terrible qui anime tant de participants à la Biennale, c'est la catastrophe écologique qui fait d'ailleurs dire à certains visiteurs qu'on n'est même plus dans une exposition d'architecture, mais plutôt dans une expérience contemplative politique qui a beaucoup plus à voir avec l'art contemporain et les questions sociologiques et politiques de notre époque qu'avec ce qu'on est capable de construire, ce qu'on souhaiterait construire.

Vive ensemble comme un horizon de dépassement de la maîtrise architecturale, ou comme une question sociétale est une rupture dynamique qui est la seule manière pour notamment les pays développés de voir apparaître ce que Christophe Hutin, dans le pavillon français, appelle les communautés à l’œuvre avec les architectes. Des architectes comme médiateurs, accompagnateurs, anthropologues, capables d’anticiper et de réunir tous les acteurs et pas nécessairement des architectes designers d’objets parfaits. 

Par ailleurs, cette question révélatrice de l’anthropocène est la reconnaissance que l’homme est devenu la force principale qui agit sur notre environnement et que nous ne connaissons pas notre capacité à sortir de ce modèle. Dès lors, un certain nombre de participants parle non pas de la Terre, mais de la Lune ou de Mars. La question de la colonie minière vient intervenir en miroir de nos angoisses, mais également qui nous fait nous rendre compte selon Marc Armengaud que nous avons un comportement pavlovien, pour survivre on creuse. 

Cette édition a été décalée d’un an pour des raisons sanitaires. L’argumentaire du commissaire c’est de dire le coronavirus n'a fait que rendre plus explicites et tragiques les difficultés qui sont les nôtres et nous montrent aussi que l'horizon de la communauté et l'horizon du partage et de la concertation, la coopération des énergies et le seul qui nous permettent d'envisager le futur.

Pour moi, c'est très important de poser cette question du coronavirus parce que les Biennales de Venise ont toujours cette capacité à cristalliser quelque chose du moment. Elles sont toujours une actualité. Ce qui est difficile, c'est qu'il y ait une actualité mondiale qui est plus grande et que la Biennale n'a pas eu le temps de réagir.

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