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La diffusion de la mini-série de Jean-Xavier de Lestrade a débuté le 21 septembre sur France 2.

Faits divers : c'est arrivé près de chez vous

9 min
À retrouver dans l'émission

Alors que France 2 diffuse "Laetitia", une série de Jean-Xavier de Lestrade inspirée d'un fait divers tragique, nous nous demandons avec la professeure en linguistique Françoise Revaz, spécialiste en narratologie, pourquoi certains artistes aiment fictionnaliser les faits divers.

La diffusion de la mini-série de Jean-Xavier de Lestrade a débuté le 21 septembre sur France 2.
La diffusion de la mini-série de Jean-Xavier de Lestrade a débuté le 21 septembre sur France 2. Crédits : France 2

Les faits divers fascinent, marquent parfois des générations entières et les artistes s'en emparent volontiers pour nourrir leurs propres oeuvres de fiction. France 2 diffuse ainsi une mini-série réalisée par Jean-Xavier de Lestrade intitulée "Laetitia", elle-même tirée du livre d'enquête sur ce fait divers tragique, écrit par Ivan Jablonka et paru en 2016.

De même, les deux hors-série du magazine Society consacré à l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès, et leur succès en kiosque tout au long de l'été, voient leur sujet continuer de nourrir des écrits : c'est bien cette affaire qui constitue le point de départ du roman de Thibault de Montaigu La grâce paru récemment chez Plon.

Pour mieux comprendre l'engouement de la fiction pour les faits divers, nous interrogeons Françoise Revaz, professeure de linguistique à l'université de Fribourg et spécialiste en narratologie. 

Ce qu'on appelle un fait divers, c'est ce fait inexplicable, inattendu, qui fait déroger aux normes habituelles, qu'elles soient sociales ou naturelles. Cette dérogation en fait un réservoir d'attractivité pour le récit fictionnel. Les faits divers vont susciter émotion, curiosité, surprise, et donc regorgent de ressorts narratifs. Mais c'est aussi une tentative d'expliquer l'inexplicable que de les mettre en récit, c'est-à-dire, de donner une version parmi tant d'autres de ces faits exceptionnels.                            
Françoise Revaz

L'addiction à ces histoires chez le public est due à deux choses. La première, c'est le fait que ces faits divers engendrent des questions, des enquêtes, et elles-mêmes génèrent des rebondissements possibles, des péripéties, des retours inattendus. Cette extension possible du faits divers offre l'occasion, par exemple, d'en faire une série. La deuxième, c'est que par son caractère extraordinaire, le faits divers suscite une attirance. C'est là un paradoxe : c'est un fait exceptionnel, mais qui touche le plus souvent les personnes les plus ordinaires. C'est justement parce que le fait divers touche au quotidien et à l'ordinaire qu'il attire et fascine. Le spectateur pense que ça pourrait lui arriver, et veut donc voir le fait divers commenté, expliqué. Françoise Revaz

Peut-on estimer que fictionnaliser le fait divers, c'est humaniser ce qui semble d'abord incompréhensible ?

Le fait d'humaniser le récit a trait à quelque chose de l'ordre de l'actionnel. Il y a des volontés d'agir, des crimes avec des actes volontaires. La mise en récit que l'on fait de ces événements est importante car on va y retrouver des éléments bien propres à la narratologie : les personnages avec des rôles très typés, le criminel qui est le méchant, la victime, le traître... Tout cela permet de tisser une intrigue qui peut beaucoup intéresser le public.            
Françoise Revaz

Intervenants
  • Professeure de linguistique à l'université de Fribourg, spécialiste en narratologie
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