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La série suit le jeune Moah, dont le parcours est marqué par son sentiment de différence face aux autres membres de sa tribu.

La série préhistorique "Moah" : histoire(s) du monde d'avant

11 min
À retrouver dans l'émission

Alors que sort jeudi 1er octobre sur OCS la série française "Moah", dont l'intrigue se déroule il y a 45000 ans, nous interrogeons Camille Bourdier, maîtresse de conférence en arts préhistoriques, sur les enjeux de la mise en son, en image et en récit de la Préhistoire.

La série suit le jeune Moah, dont le parcours est marqué par son sentiment de différence face aux autres membres de sa tribu.
La série suit le jeune Moah, dont le parcours est marqué par son sentiment de différence face aux autres membres de sa tribu. Crédits : MOAH / OCS

Différent.   Une mère qui s’inquiète un peu trop. Un père absent. Un chef qui n’écoute jamais ses idées. Des acolytes jaloux et méchants. Zéro perspective d’évolution. Puis il y a ce logement dans une zone à risque. Cette belle étrangère qui ne le remarque pas. Des voisins terriblement dangereux. Bref, la vie de MOAH est compliquée. Et le fait que ce soit il y a 45.000 ans n’arrange pas vraiment les choses.

Tel est le synopsis de MOAH. Cette série, disponible sur OCS à partir du jeudi 1er octobre 2020, est la première série française en prise de vue réelles sans dialogue et sans musique. Histoire d'être fidèle aux conditions de vie de la Préhistoire ? 

Nous demandons à Camille Bourdier, maîtresse de conférence en arts préhistoriques à l'Université de Toulouse de nous partager son ressenti sur cette mise en récit, en son et en image cette époque originelle et radicalement différente de l'humanité.

Le rapport social, nœud de l'intrigue (archéologique)

Je pense que l'élément central qui nous interpelle en tant qu'archéologue préhistorien est la question des rapports sociaux. Cette question est au coeur de cette série, en particulier la rencontre avec l'autre. Il s'agit bien d'une rencontre avec une autre humanité : Sapiens Sapiens se retrouve confronté, dans tous les sens du terme, avec les Néandertaliens.      
Camille Bourdier

La question des rapports sociaux est fondamentale pour nous autres archéologues, puisque l'objectif de l'archéologie est de reconstituer les populations passées à travers l'étude des vestiges matériels. Tout l'enjeu, très compliqué pour la période préhistorique, est de définir des identités individuelles. Y avait-il, par exemple, une division des tâches en fonction du genre féminin ou masculin ? Y avait-il des spécialistes pour des activités précises, comme la chasse, la taille de silex ou l'iconographie ? Les groupes sociaux étaient-ils divisés en fonction de ces activités ? Ces sociétés étaient-elles égalitaires ou déjà structurées en hiérarchie ? Cette dernière possibilité est celle qu'explore la série "Moah", où il y a un chef qui, je précise, est un homme. Camille Bourdier

Un monde sans dialogue ?

Le langage est un autre élément de complexité dans notre domaine d'étude. Avant tout, ce n'est pas le langage, mais les langages. Il y a parmi eux le langage corporel que la série met beaucoup en avant. C'est une dimension qui vraisemblablement était beaucoup développée chez les chasseurs-collecteurs que chez nous autres. Il y a aussi le langage visuel, les images qui sont produites, abordées dans la série à travers l'art rupestre. Et puis reste la question du langage sonore, notamment du langage parlé. Elle est centrale pour nous, puisque c'est avant tout à travers des familles linguistiques que nous classifions les cultures humaines. Camille Bordier

Evidemment, nous archéologues n'avons pas accès à ce langage parlé du passé. Nous errons en permanence dans le monde du silence. C'est une frustration énorme. Un acquis demeure cependant : les populations humaines depuis Néandertal ont la capacité physique à produire un langage articulé complexe. On a certains indices qui nous laissent croire que dès le départ, c'est environ il y a cent mille ans en Afrique, que ces populations avaient un lange parlé relativement complexe. Camille Bourdier

Intervenants
  • Maîtresse de conférence en arts préhistoriques à l'université de Toulouse
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