LE DIRECT
Les fans de Black Panther refusent que la franchise Marvel remplace Chadwick Boseman pour une suite.

Mort de Chadwick Boseman : Black Panther, figure de résilience

9 min
À retrouver dans l'émission

Vendredi 28 août, l'acteur Chadwick Boseman est décédé à l'âge de 43 ans d'un cancer qu'il combattait en silence depuis des années. En hommage à cet acteur connu notamment pour son interprétation de "Black Panther", nous revenons sur les enjeux symboliques du premier super-héros noir de Marvel.

Les fans de Black Panther refusent que la franchise Marvel remplace Chadwick Boseman pour une suite.
Les fans de Black Panther refusent que la franchise Marvel remplace Chadwick Boseman pour une suite. Crédits : MARVEL

La presse s'est émue de la mort de Chadwick Boseman, l'acteur américain qui incarnait le premier rôle du film de super-héros Black Panther, vendredi 28 août à l'âge de 43 ans. A la sortie de ce film notoire de la saga du Marvel Cinematic Universe, l'ex-première dame des Etats-Unis Michelle Obama avait exprimé l'espoir que les jeunes trouvent à travers Black Panther "le courage d'être les héros de leur propre histoire". Avec Erick Cakpo, historien des civilisations, chercheur au Centre de recherche ECRITURES de l’université de Lorraine, spécialiste des hybridités culturelles, nous nous interrogeons sur l'impact de ce film et de son personnage, le premier super-héros noir, autant au sein de la communauté noire que dans le monde. 

Dans la communauté noire, le film a une résonance particulièrement importante, puisqu'il s'agit du premier super-héros noir du Marvel Cinematic Universe. Erick Cakpo

L'historien cite en exemple du fort impact de Black Panther, qui a rapporté un total de 1,3 milliards de dollars, les cars qui étaient affrétés spécialement pour permettre aux habitants de Harlem, quartier populaire de New York, d'aller voir le film en salle. Les premiers témoignages recueillis au sein de ces communautés après la sortie du film, le 29 janvier 2018, exprimaient avant tout "un sentiment de fierté face à la mise en valeur dénuée de honte des traditions africaines". Une fierté qui s'est étendue jusqu'à des grands sportifs français, comme Paul Pogba et Gaël Monfils, qui célébraient leurs victoires en mimant le salut du Wakanda, le royaume africain imaginaire dont Black Panther est le roi, en croisant leurs poings fermés au niveau de la poitrine. 

Le film a donc eu un impact considérable dans les communautés afro-américaines au niveau mondial, que l'on peut mettre au même plan que celui que Captain America sur la psychologie de la population américaine dans la construction de son imaginaire. Erick Cakpo

Au-delà du divertissement et du grand spectacle offerts par Black Panther, le film se démarque par son mélange méticuleux de fantastique, de traditions africaines et de réalités de ce continent. 

Il y a en effet une démarche importante consistant à aller sur le terrain : le réalisateur Ryan Coogler, également afro-américain, s'est rendu sur le continent africain pendant trois semaines pour s'imprégner de différentes cultures locales sur le plan visuel. Ainsi, plusieurs éléments résonnent avec les cultures africaines, que ce soit les costumes, les coiffes, ou la reproduction de certains rites, comme le combat entre Black Panther et son antagoniste Killmonger. Autant de choses qui renvoient visuellement à une identification des communautés afro. C'est la première fois qu'on arrive à mettre de manière véritablement probante et claire ces cultures-là en avant au niveau mondial. Erick Cakpo

Dans un article paru dans The Conversation, Erick Cakpo analyse le film Black Panther comme une oeuvre s'inscrivant dans le courant artistique de l'afro-futurisme. Ce terme créé par le journaliste américain Mark Dery se définit comme "une fiction spéculative traitant de thématiques afro-américaines dans le contexte de la technoculture du vingtième siècle". 

En termes clairs, l'afro-futurisme est un courant culturel qui tente d'inventer le futur de l'Afrique, de lui donner un futur prophétiquement augmenté. Cette tendance se trouve dans plusieurs pays d'Afrique qui essayent de réinventer le destin d'un continent qui se prend en main, notamment dans des projections futures à travers des motifs bien connus comme les extraterrestres. Ce futurisme est présent également dans la musique et la bande-dessinée, depuis le début des années 2000, surtout en Afrique du Sud, au Ghana et au Togo, où les artistes s'inspirent de traditions africaines, s'arment de super-héros, et s'approprient l'histoire de l'Afrique dans un objectif très précis : valoriser ses cultures et ses traditions. Erick Cakpo

Intervenants
  • Historien des civilisations, chercheur au Centre de recherche ECRITURES de l’université de Lorraine

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......