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Valérie Dréville

Valérie Dréville : "La liberté est toujours dans l'articulation de la rigueur et de l'improvisation"

55 min
À retrouver dans l'émission

La comédienne Valérie Dréville est au micro d'Arnaud Laporte. Influences, processus de création et imaginaires : Valérie Dréville nous emmène dans les coulisses de ses lumineuses incarnations.

Valérie Dréville
Valérie Dréville Crédits : Véronique Ellena

De ses rencontres passionnées et passionnantes avec Antoine Vitez, Claude Régy, ou encore Anatoli Vassiliev, à ses rôles de Médée, de Phèdre et d'autres, en passant par ses rôles au cinéma devant de nombreuses caméras...Valérie Dréville est une comédienne lumineuse qui ne cesse de se réinventer. Dernièrement, la comédienne s'est métamorphosée en danseuse, sous l’œil du chorégraphe Jérôme Bel qui lui a dessiné la pièce Danses pour une actrice. Privée de mots, son corps se met en mouvement et renoue ainsi avec son rêve d’enfant de devenir danseuse. Ce spectacle est à découvrir du 16 au 21 février au théâtre de la Commune dans le cadre du Festival d’Automne.

Je pense qu'il faut toujours se souvenir des premières impulsions du désir et ça se trouve souvent dans l'enfance. Il ne faut jamais l'oublier parce que souvent, on s'aperçoit que c'est une source vivante. 

Rencontres avec les plus grands

Valérie Dréville est une comédienne dont la carrière est marquée par de grandes rencontres. C’est d’abord celle avec Antoine Vitez, en 1981, qui la propulse sur la scène. Durant trois ans, elle apprend le métier à l’école du théâtre de Chaillot qu’il dirige alors et joue pour Vitez dans La Mouette de Tchekhov et L'Echange de Claudel. 

La rencontre avec Vitez a été pour moi une révélation. Là, j'ai senti que j'étais à ma place. J'étais absolument fascinée par sa façon de penser le théâtre. Je ne voulais rien d'autre que d'être là et de l'écouter. C'était une pensée tout le temps active, terriblement en mouvement, qui nous donnait envie d'aller sur le plateau. On pouvait faire théâtre de tout. C'était une expérience vraiment émancipatrice. Vivre ça très jeune, au moment de se former, c'est une chance inouïe. 

C’est ensuite au tour de Claude Régy d’entrer en scène lorsqu’elle intègre sa classe au Conservatoire national supérieur dramatique, puis celles de Gérard Desarthe et Daniel Mesguich. 

Ce que j'aime par-dessus tout, c'est travailler avec quelqu'un qui me propose une autre façon de travailler. Je n'ai plus de repères et j'invente avec les autres, avec mes partenaires et avec le metteur en scène. 

En parallèle de sa formation, elle retrouve Vitez pour jouer le rôle de Clytemnestre dans Électre mais surtout participe au triomphe du Soulier de satin de Paul Claudel au festival d’Avignon en 1987. Elle reprend également On ne badine pas avec l'amour avec Jean-Pierre Vincent et crée le Criminel de Leslie Kaplan avec Claude Régy. En 1989, elle pousse la porte de la Comédie Française lorsque Vitez en devient l’administrateur général. Elle y reste quatre années durant lesquelles elle joue dans de nombreuses pièces saluées autant par la critique que le public. 

La question de la représentation, au cœur de son métier, l'intéresse particulièrement : 

Je me suis rendu compte que j'avais plus de maturité dans le travail de répétition ou de recherche que lorsque j'étais en représentation et donc je me suis mis à travailler sur la question. Je trouve qu'on n'en parle pas beaucoup dans les répétitions de ce que c'est que le rapport au spectateur, le rituel du théâtre.

Une puissance d'incarnation

Une troisième rencontre, comme un coup de théâtre, fut décisive : en 1992, Valérie Dréville devient la Nina du Bal masqué de Lermontov mis en scène par Anatoli Vassiliev. Avec ce dernier, elle travaille ardemment dans son théâtre-laboratoire et s’éprend du russe. 

Il m'avait donné vraiment ce goût de l'étude, de cette liberté de l'école. Il disait que l'école est le plus beau théâtre du monde puisqu'il n'est pas soumis aux contraintes de production.

L'École russe, telle que j'ai pu la recevoir par Vassiliev, entraîne l'acteur sur un chemin qui est différent de celui de l'imitation. C'est un chemin d'une expérience intérieure. C'était un choc dans ce sens, c'est à dire que je n'imaginais pas qu'un acteur puisse faire un travail sur lui même à ce niveau là. 

De ce long travail avec Vassiliev naît Médée-Matériau, une pièce de Heiner Müller présentée à Avignon en 2002 avant de partir en tournée dans le monde entier. Une rôle qui confirme son immense puissance de tragédienne que l’on avait déjà pu découvrir dans son interprétation magistrale dans Phèdre de Luc Bondy en 1998. 

Elle enchaîne ensuite avec Variations sur la mort de Jon Fosse mis en scène par Claude Régy en 2003, Les Revenants d'Henrik Ibsen ciselée par Thomas Ostermeier en 2013, La République de Platon d'Alain Badiou en 2015, et bien d’autres. Artiste généreuse, Valérie Dréville s’invite également du côté du cinéma, dirigée tantôt par Laëtitia Masson, Arnaud Despléchin ou Hugo Santiagos, tantôt par Alain Resnais, Philippe Garrel, Jean-Luc Godard et bien d’autres. 

Son actualité : Danse :Danses pour une actrice de Jérôme Bel, avec Valérie Dréville, du 16 au 21 février au théâtre de la Commune dans le cadre du Festival d’Automne.

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