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Alfredo Arias

Alfredo Arias : " Le cinéma est une partie qui constitue mon être"

55 min
À retrouver dans l'émission

Le metteur en scène, dramaturge, réalisateur et comédien franco-argentin, Alfredo Arias présente son prochain film "Fanny Camina" au Festival du Film d'Amérique Latine à Biarritz le 27 septembre. Il revient au micro d'Arnaud Laporte sur ses sources d'inspiration et son processus de création.

Alfredo Arias
Alfredo Arias Crédits : Crédits : Leandro Allochis

Alfredo Arias est né en 1944 à Buenos Aires en Argentine dans une famille modeste. Son père est ouvrier, il travaille dans une usine de textile, et sa mère est femme au foyer. Son goût pour le théâtre se manifeste très tôt alors qu’il assiste à des spectacles de  music-hall ou se rend au cirque avec ses parents. Alfredo Arias était un enfant avec des élans, des aspirations  artistiques qu’il ne pouvait véritablement  satisfaire si ce n’est par  la  déclamation occasionnelle de poèmes lors de manifestations. Sa famille veut qu’il soit avocat et l’envoie à l’école militaire alors qu’il est tout jeune garçon. Après deux ans de droits, il abandonne pour voguer là où il peut véritablement s’épanouir : l’art du spectacle mais aussi le cinéma.

Le théâtre comme vocation

Alfredo Arias décide de fonder la compagnie « TSE »à Buenos Aires avec des amis dans les années 60. Son théâtre prend la forme d’installations, d’happenings et d’exposition ; mais il met également en scène ses premières créations pleines d’humour, de féérie et de fantastique avec « Dracula », « Goddess », « Aventuras », « Luxe ».

En 1968, Alfredo Arias est considéré comme un artiste avant-gardiste et d’art contemporain et le centre d’art, l’institut Di Tella, accueille le TSE. En mai 68, leur collectif devient la cible des policiers pendant la vague de répression militaire. Communiste et homosexuel, Alfredo Arias décide de s’exiler à Paris en 1969. Directeur du théâtre d’Aubervilliers en 1985, Alfredo Arias travaille sur le répertoire classique, les créations contemporaines, et sur des pièces musicales.

Il y a eu un long apprentissage de la culture française qui s'est fait surtout à partir de « Peines de cœur d’une chatte anglaise » de Balzac. Je me posais la question comment transférer mon identité argentine dans la culture française ? Qu’est-ce que je fais avec tous ces bagages argentins que je porte avec moi et que je ne peux pas laisser de côté ? Il a fallu qu’on m'aide à trouver un juste équilibre et un imaginaire juste pour que le public français puisse partager mes obsessions. Pour le spectacle « Mortadella » des amis me disaient "tu crois qu’ils vont comprendre ces histoires de quartier de Buenos Aires ?" Et oui ils l’ont compris. 

L'esthétique des spectacles d'Alfredo Arias 

Alfredo Arias va au-delà des frontières en mettant en scène des revues à plumes et à paillettes avec beaucoup d’humour ; il monte aussi, des cabarets, du tango, des opérettes de genre théâtral lyrique zarzuelas, mais encore des opéras, des comédies politiques, musicales ou autobiographiques, allant des classiques shakespeariens aux œuvres de Copi. Dans cette profusion, Il mêle les thèmes de la féérie, du merveilleux, du fantastique, passant du rire aux larmes et en affirmant son goût pour le luxe, le délire et la drôlerie pleine d’ un humour argentin. Les spectacles d’Alfredo Arias sont proches du style baroque ou fellinien où la décadence du genre est bien présente. 

Les femmes proposent un territoire de rêves fantastiques. Dans les opéras, le chœur de femmes et le chœur d’hommes sont différents. Chez les femmes, il y a quelque chose qui se passe, une sorte de générosité qui s’offre pour pouvoir créer. Souvent les hommes sont plus fermés sur eux-mêmes, sauf s’ils sont travestis ! Alors là, ils trouvent l’équilibre juste entre une féminité et leur masculinité ; mais les hommes qui ont une masculinité monolithique peuvent devenir extrêmement ennuyeux.  

Ce que j'ai découvert en faisant du théâtre est que l'impact de la musique n'a pas besoin de faire entrer la matière intellectuelle. Elle va directement dans nos cœurs. Elle modifie, module et transforme les spectateurs. La musique met vraiment dans l'émotion pure ; donc c'est devenu pratiquement impossible pour moi de travailler sans musique car elle pose une dramaturgie tout de suite. Au théâtre, il faut partir du silence pour créer la partition.

Son actualité : 

"Fanny Camina" film co réalisé avec Ignacio Masllorens, présenté au Festival Biarritz Amérique latine.

Sons diffusés pendant l'émission :

  • Extrait de l'actrice Marilu Marina - archive INA
  • Extrait du dramaturge et dessinateur argentin francophone, Copi - archive INA
  • "Cellophane" de FKA Twings de l'album Magdalene, Label : YOUNG TURKS RECORDINGS
  • Extrait du film d'Alfredo Arias "Fanny Camina" co réalisé avec Ignacio Masllorens
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