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Aglaé Bory

Aglaé Bory : "J’ai besoin que mes photographies disent"

55 min
À retrouver dans l'émission

Dans l’œuvre d’Aglaé Bory, la photographie se fait art de la conversation entre des figures et des lieux. Au micro l’Arnaud Laporte, elle revient sur son parcours et ses imaginaires.

Aglaé Bory
Aglaé Bory Crédits : Jean-François Robert

Photographe des figures et des paysages, tantôt réels et géographiques tantôt intérieurs ou allégoriques, Aglaé Bory arpente le monde son appareil à la main. Pour Les Horizons, cartographie des possibles, ce sont les territoires bretons que l’artiste a capturé en tant que lauréate de la première Résidence Ruralité(s) initiée par le festival Photo La Gacilly, en partenariat avec Les Champs Libres. Dans ces œuvres, Aglaé Bory travaille sur la double réalité de l’horizon des locaux photographiés, tantôt ligne géographique, tantôt espace de projection vers l’avenir. Ce projet est exposé au festival photo La Gacilly jusqu’au 31 octobre 2021 ainsi qu’aux Champs libres à Rennes jusqu’au 2 janvier 2022. 

Le paysage existe à partir du moment où on le regarde.

Une photographie sociale … 

Depuis l’adolescence, le documentaire photographique correspond pour Aglaé Bory à la quête d’un espace de création. Après des études d’histoire de l’art à l’université d’Aix en Provence, puis de photographie à l’École Nationale de Photographie d’Arles, elle alterne depuis plus de vingt ans entre travail personnel et collaborations régulières avec la presse et les agences de communication. 

J'ai rencontré la photographie un peu par hasard. C'était très intuitif car j'avais 15 ans, mais j'ai été saisi par la force, par la puissance de l'image fixe. Je crois que j'ai tout de suite ressenti, cerné, qu'il y avait quelque chose de plus que ce que la photographie montrait. J'ai été attiré par l'énigme de cette articulation visible-invisible qui est au cœur de mon travail.

Entre documentaire et fiction, les œuvres d’Aglaé Bory capturent l’humanité de ses modèles. L’artiste privilégie le portrait, genre qu’elle allie souvent à la photographie de paysage, qu’il soit métaphorique, naturel, humain ou fictif. Dans Les Garçons d’en bas qu’elle a réalisé dans le cadre d’une commande du festival les Rencontres Photographiques du Xème, Aglaé Bory choisit de photographier des jeunes garçons du quartier de la Grange aux Belles. Véritable réflexion sur l’identité, cette série interroge l’occupation de l’espace par les corps, ceux des individus et celui du groupe.  

L’exil est aussi une thématique chère à son art. Dans Mers intérieurs, mais aussi Les Invisibles puis Odyssées, Aglaé Bory met en lumière les visages de personnes dont on ne voit que l’ombre planer dans les médias. Elle leur rend ainsi leur humanité autant qu’elle nous rend la vue. Aglaé Bory a été lauréate du Prix Caritas de la Photo Sociale avec Odyssées et un livre éponyme est édité aux éditons Filigranes en novembre 2020.

Pour moi, il était question à travers le cadre, à travers l'espace photographique et le lieu de la photographie, de leur offrir un espace de liberté puisque toutes ces questions d'exil que j'explore depuis un certain nombre d'années sont réunies par l'accueil. J'ai bien vu en tant que citoyenne et en tant que photographe qu'il y avait un problème d'accueil. C'était visible et je voulais, à travers l'espace photographique, leur proposer un espace d'accueil.  

... à charge poétique 

Portrait et paysage sont intrinsèquement liés dans l’écriture poétique d’Aglaé Bory, ils participent d’un même geste : saisir l’invisible, l’émotion volatile, l’intime qui se niche dans les creux. Dans Corrélations, une série d’autoportraits avec sa fille qui explore le rapport mère-fille, l’artiste sculpte par la lumière les (non)évènements du quotidien, tandis que le cordon noir du déclencheur traverse l’image vers le hors cadre, signalant par là au spectateur sa présence d’observateur invité. Au cours de l'entretien, elle explique ce que cette série représente pour elle : 

C'est un manifeste pour moi. [...] Quand je commence à faire ces photos, elle a deux ans. Et ça fait deux ans aussi que je me débats dans l'ambivalence des émotions, dans le vertige du lien qui relie une mère à son enfant. Ça vient aussi interroger ma pratique de photographe naissante parce que j'ai 26 ans, donc je commence. 

J'avais cette espèce d'urgence à faire des images de ma vie en disant "Regardez, c'est ça". J'avais besoin de témoins et je ne voulais pas du tout être dans le registre du journal intime. Je voulais en faire des tableaux photographiques, très composés, et qui fasse de toute cette vie quotidienne un sujet. 

Sortes de cache-cache devenu images, les photographies d’Aglaé Bory jouent sur l’absence/présence des figures dans l’environnement. Pour Intérieurs par exemple, l’artiste a fait irruption dans des intérieurs d’appartement et de maisons vides où seules subsistent les traces de la vie passée des habitants. Paysages intimes, ces intérieurs donnent à voir en miroir l’intérieur de soi-même. 

Je parle souvent de cette idée de conversation silencieuse. C'est un oxymore mais je crois que c'est justement dans ces articulations un peu paradoxales qu'il y a des espaces qui se créent. 

Ses actualités : 

  • Festival La Gacilly : Les Horizons, cartographie des possibles, du 01.07.21 au 31.10.21. 
  • Les Champs Libres / Rennes : Les Horizons, cartographie des possibles, du 06.07.21 au 02.01.22.
  • Un livre sur son travail Odyssées / Prix Caritas de la Photo Sociale a été édité aux éditions Filigranes en novembre 2020.
  • Toutes les actualités et les travaux de l'artiste sont à retrouver sur son site ici

Sons diffusés pendant l'émission 

  • Arnaud Claass dans l'émission "Du jour au lendemain" avec Alain Veinstein, sur France Culture, en octobre 2012.
  • Marie-José Mondzain, extrait d’un film d’Andreas Langfeld : “Entre surexposition et « passeurs de récit »". 
  • "Jim Cain" de Bill Callahan sur l’album « Sometimes I Wish We Were an Eagle », 2009 / Label : Drag City Records
  • Michel Collot dans l'émission "Pas la peine de Crier" au micro de Marie Richeux, sur France Culture, en avril 2013. 
  • Création sonore de 10 minutes qui accompagne son exposition “Les Horizons, cartographie des possibles”. Enregistrements d'Aglaé Bory, réalisation d'Olivier Renet.
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