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Akhenaton : "On n'a pas mis de personnages entre nos disques et nous-mêmes"

55 min
À retrouver dans l'émission

Le rappeur Akhenaton, pilier du groupe IAM, mais aussi producteur et réalisateur, publie aujourd'hui aux Editions L'Iconoclaste La faim de leur monde. L'occasion pour lui de revenir au micro d'Arnaud Laporte sur son parcours et son univers artistique.

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Akhenaton Crédits : Eric Feferberg - AFP

Akhenaton, rappeur du groupe IAM, mais aussi producteur et réalisateur publie aujourd’hui aux Editions L'Iconoclaste un long poème : La faim de leur monde, en échos au morceau d’IAM « La fin de leur monde » sortie en 2006 sur son album solo Soldats de fortune. A cette occasion, il revient au micro d’Arnaud Laporte sur son univers artistique, et ses méthodes de travail et de création. 

Une jeunesse entre Marseille et New York

Issu d’une famille communiste d’origine italienne, Akhenaton grandit entouré de musique. Adolescent, il écoute du rap. Puis en 1981, il fait un voyage à New York et en revient transformé, bien décidé à faire du rap sa vie. Il commence alors à rapper, animant des soirées hip hop ou donnant des petits concerts dans des clubs de Marseille. Régulièrement, il retourne à New York, alors en pleine effervescence artistique pour apprendre les technologies, le fonctionnement des samplers, les techniques d’écriture, etc et fait ses premières apparitions sur des disques aux Etats-Unis.

Je pense que le cinéma a nourri une forme d’inspiration, puisqu’on était encore dans une tradition à rapper des morceaux écrits comme des scenari, qui fonctionnent comme des morceaux "caméra-épaule". J’en ai fait quelques-uns, Oxmo Pucino et Faf Larage aussi. Et je pense que ce sont des influences directes du cinéma : on a écrit ces morceaux-là comme des films. 

Tous les dimanche il y avait les disques de ma mère donc Joan Baez, Crosby Stills Nash and Young, Léo Ferré, Brassens, Brel, Jean Ferrat, Bohannon, James Brown, Bob Marley : j’ai été nourri de toutes ces musiques. Tout comme le cinéma, elles ont défini le cadre de ma création : peu ou pas de création ex nihilo dans ma vie en général, mais beaucoup de recyclage, beaucoup de sampling, beaucoup d’appropriation. Je trouve ça magnifique.

Une figure du rap français 

C’est entre 1986 et 1989 que se constitue l’emblématique groupe de rap IAM dont Akhenaton est l’un des piliers. Ensemble, Akhenaton, Surik’n, Kheops, Imhotep et Kephren (et anciennement Freeman) marquent l’histoire du rap français avec leur dizaine l’albums et des titres comme « Nés sous la même étoile » ou encore « Petit frère » de l’album L’Ecole du micro d’argent (1997). En parallèle, Akhenaton mène une carrière musicale solo avec des albums plus personnels.
Avec IAM ou en solo, il rappe et écrit les textes, souvent engagés, se nourrissant aussi bien de culture urbaine que de culture cinématographique. Parfois il compose aussi des instrumentales. Récemment il s’est même essayé au travail de mixage pour son album The Whole In My Heart (2021) réalisé avec Napoleon Da Legend. Enfin, il a réalisé des clips, ainsi qu’un long métrage : Comme un aimant (2000) avec Kamel Saleh. 

Je ne pourrais pas écrire des morceaux sérieux uniquement ou des morceaux engagés uniquement. Tout simplement parce que je suis quelqu’un du hip hop et étant proche de la culture hip hop, j’ai ces morceaux de divertissement et d’entertainment au fond de moi : parfois j’ai juste envie de faire bouger, de faire danser ou de faire rigoler. 

Défenseur de la culture hip hop

Par ailleurs, Akhenaton est un défenseur de la culture hip hop. Il l’était déjà au début de sa carrière lorsque le rap souffrait d’une mauvaise réputation : il cherchait alors à insister sur les côtés les plus nobles de cette culture urbaine, comme son rôle dans l’évolution de la langue. Akhenaton s’est en effet construit avec le hip hop : ainsi, défend-il l’importance du travail en collectif, qui en est à la base, mais aussi des concerts, qui – en tant que moment de partage avec le public – tiennent pour lui une place centrale.
Il continue aujourd'hui de défendre cette culture, pour assurer la transmission aux nouvelles générations de rappeuses et rappeurs qui ne sont, pour la plupart, pas issus du hip hop. C’est dans cette perspective qu’il a accepté, en 2015, d’être le directeur artistique de l’exposition « Hip Hop, du Bronx aux rues arabes » présentée à l’Institut du Monde Arabe. 

Le hip hop est une musique évolutive, donc on doit être meilleur demain qu’aujourd’hui, et aujourd’hui, on est meilleur qu’hier. […] Le rap avance dans l’espace et le temps, et évolue. Il faut sans cesse parfaire sa technique : c’est quelque chose qui se rapproche des arts martiaux. 

Son actualité : son ouvrage La faim de leur monde a paru le 7 avril aux Editions L'Iconoclaste.
Akhenaton collabore également avec Napoleon Da Legend, autour de The Whole in My Heart divisé en trois EP, dont il signe les instrumentations et le mixage et dont la sortie a démarré au mois de mars 2021.

Sons diffusés pendant l'émission

  • "J’voulais dire", Akhenaton, bande originale de Comme un aimant (Akhenaton, Kamel Saleh, 2000).
  • Jean-Claude Izzo sur France Culture dans l’émission Le Bon Plaisir, Pascale Werner, 1997.
  • "La Faim de leur monde", Akhenaton, 2021.
  • Interview de Rakim pour The Breakfast club, 2019.

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