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Alice Zeniter

Alice Zeniter : "J'ai peur d'avoir peur d'essayer quelque chose de démesuré"

54 min
À retrouver dans l'émission

Alice Zeniter ouvre le bal de cette rentrée littéraire au micro d’Arnaud Laporte. La parution de son nouveau roman "Comme un empire dans un empire" aux éditions Flammarion est l’occasion de retracer avec elle son parcours d’auteure précoce et engagée.

Alice Zeniter
Alice Zeniter Crédits : Astrid di Crollalanza / Flammarion

Née à Clamart en 1986, Alice Zeniter se rêve très tôt romancière. Elle écrit son premier ouvrage Deux moins un égal zéro, aux éditions du Petit Véhicule, à l’âge de 16 ans. S’en suivent six autres romans à travers desquels elle nous emmène tour à tour en Hongrie dans Sombre Dimanche en 2010, à Mirhalay, une petite île méconnue des Hébrides dans Juste avant l’Oubli en 2015, ou encore sur les traces d’une famille algérienne de la Kabylie à la France dans L’Art de perdre en 2017.  Ce dernier connaît un formidable succès et est récompensé par une demi-douzaine de prix littéraires dont le Prix Goncourt des lycéens 2017.  

A chaque escale, la romancière invite la politique. La guerre, le racisme et la colonisation sont autant de thèmes à partir desquels elle questionne les inégalités contemporaines. Son engagement féministe la conduit notamment à traduire I Love Dick de Chris Kraus.  On retrouve ces différents enjeux dans son dernier roman Comme un empire dans un empire qui relate l’histoire de Antoine et L., un assistant parlementaire et une hackeuse, tous deux confrontés à un monde violent face auxquels ils ne se sentent pas de taille. A travers eux et leurs combats respectifs, Alice Zeniter interroge la fabrique de la politique et de nos engagements. 

En parallèle, Alice Zeniter investit également le monde du théâtre dès le début de sa carrière. Ses deux tableaux, littérature et théâtre, se croisent à l’occasion des lectures musicales de ses propres textes. En 2013, elle créé la compagnie théâtrale L’Entente Cordiale au sein de laquelle elle monte notamment le conte moderne HANSEL ET GRETEL, le début de la faim en 2018. On la retrouve sur les planches très prochainement pour sa nouvelle pièce intitulée Je suis une fille sans histoire

De  quoi est fait l’imaginaire de l’artiste, d’où vient sa vocation, qu’elles sont ses inspirations et ses méthodes de travail, tentative d'approche du processus de création d'Alice Zeniter...

Extraits : 

A la question pourquoi avoir choisi l'écriture ? 

Alice Zeniter répond : Je ne sais pas exactement ce qui fait que c'est cette chose-là qui a pris toute la place. C'est arrivé très jeune, j'écrivais déjà de la fiction quand j'avais 7 ou 8 ans avec ma grande sœur. C'était un jeu comme un autre, mais c'est devenu le jeu que je préférais parmi tous. C'était plus amusant que les poupées, c'était plus amusant que de s'égayer dans le jardin en poussant des cris. Il y avait quelque chose de l'ordre d'une toute puissance qui permettait aussi, je pense, d'échapper à l'impuissance qu’est l’état d’enfance, même si c'est une impuissance très joyeuse.

Ecrire c’est aussi un travail de recherche dans l’écriture…

Pour ce livre, je me suis donné des exercices d'écriture. C’était de me dire OK, ça n'a aucun lien avec le récit qui est en train de se former, mais par exemple, qu'est-ce que ça donne si j'essaye de faire une comparaison entre des névroses et des nœuds marins ? ou si j'essaye de faire une analyse politique de The Voice ? En me disant, je fais trois pages, et puis on verra plus tard, tu auras peut-être deux phrases qui seront bonnes, peut-être plus, ou peut être que je vais tout jeter à la poubelle. Je ne l'avais jamais fait avant et j'ai beaucoup aimé faire ça.

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🎧 (Ré)écouter l'intégralité de l'entretien en cliquant sur le player en haut de page

Actualités  :

A 19h20, "Affaire en cours" :

Dans Affaire en cours , Marie Sorbier s'entretien avec un penseur, sociologue, anthropologue, philosophe, chercheur ou journaliste qui met en regard un objet culturel et une question d’actualité. Ou comment les sciences sociales éclairent notre perception de la culture.

Aujourd'hui : La littérature peut-elle dire la souffrance au travail ?

Dans son livre "Personne ne sort les fusils", Sandra Lucbert fait le procès de l'atmosphère au travail chez France Telecom, dont les conditions de vie des employés ont été souvent décriées. Le langage littéraire sait-il retranscrire ce quotidien cauchemardesque ?

Pour en parler : Bernard Lahire, professeur de sociologie à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, nous nous interrogeons aujourd'hui sur un des possibles pouvoir de la littérature : celui de se réapproprier, par un langage qu'elle crée elle-même, une réalité dont les extrêmes dépassent l'entendement.

A 19h55, Affaire à suivre :

En dernière partie d'émission, Affaire à suivre donne des nouvelles du secteur culturel à travers ses métiers, ses artistes et ce qui passe dans les régions et à l’international. 

Au micro d'Arnaud Laporte, Laurent Brethome évoque sa mise en scène de la pièce Une Laborieuse entreprise d'Hanokh Levin qui se joue actuellement dans le cadre de "Quai l’été", programmation estivale du Quai, CDN Angers Pays-de-la-Loire.

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