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Arnaud Rebotini

Arnaud Rebotini : "Le disquaire doit être comme un DJ"

55 min
À retrouver dans l'émission

Le compositeur et musicien Arnaud Rebotini signe "This is a quarantine", un nouvel album électro vibrant composé durant le confinement du printemps. Au micro d’Arnaud Laporte, retour sur le parcours et le processus créatif du maestro de l’électro.

Arnaud Rebotini
Arnaud Rebotini Crédits : Jacob Khrist

Ne vous y trompez pas, sous ses airs rockabilly et ses cheveux gominés, c’est bien un album électro que nous livre le maestro de la musique électronique Arnaud Rebotini. Intitulée This is a quarantine, cette dernière pépite est éditée sous forme de quatre vinyles dans un coffret exclusif. Elle est le fruit d’un travail régulier de composition, nourri de l’actualité, durant le confinement dernier. Une dynamique artistique contre l’immobilité forcée de la situation autour de laquelle Arnaud Rebotini a rassemblé d’autres artistes qui ont créé des remix à partir de ses compositions et des professionnels de l’INA qui ont réalisé et produit les clips vidéos.

J'avais ce besoin d'urgence, de répondre et de produire quelque chose. J'ai eu envie de me remettre un peu sur mes basiques, rebrancher les machines et de faire des morceaux assez rapidement pour garder un lien social avec le public parce que je savais qu'on allait être coupé pendant un très long moment. Et puis aussi de créer quelque chose avec d'autres musiciens.  

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Un maestro de la musique éclectronique

Epris des vinyles dès son plus jeune âge, Arnaud Rebotini met un premier pas dans la musique en tant que disquaire à l’âge d’or de la profession. Il nous raconte le rôle que le disquaire tenait hier et tient à présent :

J'étais disquaire avant internet. À cette époque-là, le centre du savoir était chez les disquaires. Toutes les informations y étaient regroupées, ne serait-ce que pour avoir les listes de sortie. Il fallait vraiment se déplacer. Quand j'allais chez les disquaires, à Rough Trade pour moi, tout d'un coup j'étais rue de Charonne et je me retrouvais en un pas à Londres. Je pense que maintenant, son rôle s'est un petit peu décalé. Pour moi, le disquaire doit être comme un DJ. 

A Rough Trade, sa boutique qui est alors un des centres névralgiques de la musique à la capitale, il rencontre le DJ Ivan Smagghe. Ils forment ensemble en 1997 le groupe Black Strobe, d’abord en duo puis en trio lorsque Rebotini s’entoure de David « Siskid » Shaw à la basse et Benjamin Beaulieu à la batterie après le départ de Smagghe. 

De l’électro-clash au métal en passant par la new wave et le rock’n’roll, le groupe se distingue par sa liberté irrévérencieuse à l’égard des frontières musicales. Changer de chapelle, voir la bruler, telle est la maxime que semble proclamer le deuxième album du groupe baptisé « Burn your own church » en 2007. Avec leurs nombreux remix et la relecture de I’m A Man de Bo Diddley en 2008, Black Strobe est devenu et demeure un incontournable de la French Touch. 

Un artiste pluriel

En solo, Rebotini reste plusieurs. Tantôt Aleph tantôt Avalanche, il multiplie les alias. Après quelques maxi et minialbums sous divers pseudonymes, il prend le nom de Zend Avesta et sort en 2000 son premier long format intitulé Organique. Sous son véritable nom cette fois, il sort en 2008 un nouvel album solo intitulé Music Components sur le label Citizen Records qui sera suivi par trois autres. Il nous en dis plus à propos de cette diversité inscrite au coeur de son parcours et de sa musique : 

Je ne suis quelqu'un qui est toujours dans une espèce de construction. Au fil du temps, je me nourris d'influences qui font le musicien que je suis. On a la chance d'être en 2020 parce qu’on a tellement de choses qui nous arrivent et en même temps il faut faire le tri, c'est beaucoup plus compliqué d'avoir une place que dans le passé. Quand on était né dans le sud des États-Unis et qu'on était afro américain, on faisait du blues point final. Si on était blanc, on faisait du rock and roll ou de la country. Si on était français dans les années 50, on faisait de la chanson française ou de la musique classique. Maintenant, il faut trouver et acquérir sa place.

Producteur en plus d’être musicien, Arnaud Rebotini lance en 2010 son propre label Blackstrobe Records sur lequel il publie pratiquement tous ses EPs. Il collabore également avec le GRM (groupe de recherche musicale) dédié à la musique électronique où il travaille notamment avec Christian Zanési. Il nous raconte comment il en est venu au synthétiseur :  

J'étais dans ces débuts du Hip-Hop où il était souvent produit avec juste une boîte à rythmes et des voix. Je voulais acheter une boîte à rythmes mais ça coûtait extrêmement cher à l'époque. Donc, j'ai fait des groupes de rock et d'autres choses et il y a un moment dans ma vie, quand la MAO (musique assistée par ordinateur) est apparue, j'avais un peu plus de moyens et je me suis dit que là, je pouvais devenir compositeur.  

Arnaud Rebotini a également mis son son underground à profit du septième art. Dès 2002, il débute la composition de film avec Novo de Jean-Pierre Limosin, suivi ensuite de Eastern Boys en 2013. La consécration intervient en 2017 lorsqu’il signe la bande originale du film 120 Battements par minute. Son retour à la musique house et le remix de Smalltown de Bronsld Beat lui valent le César de la meilleure musique originale. Depuis, il a composé pour Le vent tourne en 2018 et Curiosa en 2019.

Son actualité : Album : This is a quarantine- trente-deux morceaux produits durant le confinement, composés par Arnaud Rebotini et remixés par des artistes électro.

Sons diffusés pendant l'émission : 

  • Planet Rock d'Afrika  Bambaataa et The Soulsonic Force sorti en 1982 sur le label Tommy Boy.
  • LFO par LFO, (Leeds warehouse mix),sorti en 1990. 
  • Chloroquine sur l'album “This is Quarantine” d'Arnaud Rebotini. 
  • Sliver Ship to Andilar de Townes Van Zandt, sur le label FAT POSSUM. 
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