LE DIRECT
Barbet Schroeder

Barbet Schroeder : "Pour moi, tout film est un documentaire"

55 min
À retrouver dans l'émission

Le cinéaste Barbet Schroeder est une figure majeure du cinéma de notre époque. Son film JF partagerait appartement (1992) est sorti le 24 mars en Blu-Ray. Au micro d’Arnaud Laporte, il revient sur sa carrière – en Europe et à Hollywood – et sur le travail qu’il mène pour donner vie à ses films.

Barbet Schroeder
Barbet Schroeder Crédits : DR Les Films du Losange

Depuis les années 1970, le cinéaste Barbet Schroeder est toujours là où on ne l’attend pas : de la Nouvelle Vague aux studios d’Hollywood, réalisant aussi bien des documentaires que des films de fiction. A l’occasion de la sortie en Blu-Ray, le 24 mars, de son film JF Partagerait appartement (1992), Barbet Schroeder revient, au micro d’Arnaud Laporte, sur sa carrière au cinéma.

Une passion pour le cinéma

D’origine suisse et allemande, Barbet Schroeder grandit en Colombie puis à Paris. Passionné depuis l’enfance par le cinéma américain et fréquentant assidument la Cinémathèque, il côtoie dans les années 1960 les cinéastes de la Nouvelle Vague, écrivant pour les Cahiers du Cinéma et produisant les films d’Eric Rohmer, Jacques Rivette, Jean Rouch, Marguerite Duras, Jean Eustache, etc avec Les Films du Losange, la société de production qu’il crée en 1964 alors qu’il n’a que 22 ans. A l’époque, il est en effet convaincu que pour faire du cinéma, il lui faut passer par la production.

Une filmographie hors catégories 

Depuis More, son premier film, réalisé en 1969, Barbet Schroeder en a tourné une vingtaine d'autres. Traitant de thématiques très variées et se plongeant dans des univers cinématographiques divers, il réalise aussi bien des fictions que des films documentaires.

Néanmoins, on peut distinguer dans sa filmographie sa période américaine. De 1987 jusqu’au début des années 2000 en effet, Barbet Schroeder fait carrière à Hollywood. Il y alterne films de genre et œuvres plus dérangeantes, avec pour point commun la remise en cause de l’infranchissable frontière entre le bien et le mal qui caractérise le cinéma hollywoodien. Il accorde alors une grande importance au casting et aux acteurs, travaillant avec Meryl Streep, Sandra Bullock, Jemery Irons, Glenn Close, Nicolas Cage, etc.

Ce n’était pas réaliser un rêve mais travailler dans le cinéma classique hollywoodien et essayer de continuer ce qui avait été fait là avant : c’était plus un choix esthétique, pour essayer de voir ce qu’on pouvait faire à la suite des grands classiques que j’admirais.

On découvre les rôles et on découvre les personnages quand un personnage écrit rencontre l’acteur idéal pour l’interpréter : tout cela est très enthousiasmant, très addictif, c’est vraiment passionnant comme travail.

Il réalise également une « Trilogie du Mal », composée de documentaires portraits sur le dictateur ougandais Idi Amin Dada (Général Idi Amin Dada, 1974), l’avocat ultra controversé Jacques Vergès (L’Avocat de la Terreur, 2007) et le moine bouddhiste Ashin Wirathu (Le Vénérable W, 2017).
Enfin, il y a ses films d’écrivains, comme Barfly (1970) qu’il réalise avec et sur Charles Bukowski ou encore La Vierge des tueurs (2000) sur lequel il travaille avec l’écrivain colombien Fernando Vallejo.

Moi j’essaye de comprendre tout simplement : quand je fais un film je veux en savoir plus sur le sujet. Certainement, si on commence à juger, on ne va pas apprendre beaucoup de choses, c’est certain. […] On est embarqué dans une expérience unique. C’est l’expérience que j’ai eue avec Amin Dada qui a tout déclenché : je me suis retrouvé en train de filmer quelqu’un d’effrayant, mais en même temps j’essayais de comprendre pourquoi il avait l'air si sympathique. 

Un cinéma d’immersion

Qu’il s’agisse de fictions ou de documentaires, le cinéma de Barbet Schroeder se caractérise par un véritable travail d’immersion. Celui-ci passe aussi bien par des phases de documentation préparatoires importantes, que par le tournage sur le terrain, pour lequel il est parfois prêt à courir des risques importants. De ce fait, dans son cinéma, la frontière entre film de fiction et film documentaire est toujours poreuse, témoignant d’une recherche de liberté et d’exactitude qui a toujours guidé sa démarche artistique. 

Son actualité : son film JF partagerait appartement (1972) est sorti le 24 mars en Blu-Ray chez BQHL

Sons diffusés pendant l'émission

  • "Paloma Negra" par Chavela Vargas, 1961.
  • Musique du générique de La Vallée (Barbet Schroeder, 1972) : "Obscured by Clouds", Pink Floyd.
  • "O Nobilissima Viriditas", Hildegarde von Bingen, chanté par Catherine Schroeder, Champeaux, 1996.
  • Trio N°7 opus 97 de l’Archiduc de Beethoven, Alfred Cortot (Piano), Jacques Thibaud (violon), Pablo Casals (violoncelle), enregistré en 1928 au Small Queen’s Hall à Londres.

Chroniques

19H20
8 min

Affaire en cours

Pasolini, pasoliniennes, pasoliniens, les "appunti" sont en ligne
19H50
5 min

Affaire à suivre

Au Liban, la première exposition depuis les explosions
Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......