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Camille CHAMOUX

Camille Chamoux: "l n'y a aucun endroit qui rivalise avec la liberté d'expression qu'on a sur une scène"

55 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de son nouveau spectacle Le Temps de vivre au théâtre du Petit Saint Martin, retour sur le processus créatif et l’imaginaire de Camille Chamoux au micro d’Arnaud Laporte.

Camille CHAMOUX
Camille CHAMOUX Crédits : James Weston

Née le 22 septembre 1977 à Paris à un moment où Big Bisou de Carlos faisait concurrence à Giscard,  Camille Chamoux est une humoriste, comédienne et actrice qui n'a pas fini de nous faire rire. Ce sont ses peluches d'enfants qui ont l'honneur d'être les premiers spectateurs et spectatrices de ses imitations. Elle s’improvise également comédienne devant sa grand-mère immobilisée qu’elle divertit en lui rejouant ses scènes préférées. À 9 ans, elle écrit avec un père jésuite L’Histoire de David. L’année suivante, elle incarne Louison dans Le Malade imaginaire. C'est après le lycée que les choses se corsent. Une maîtrise de lettres en poche, elle en revient à sa passion première et s'inscrit au conservatoire municipal du VIIème arrondissement puis aux cours de Marcel Maréchal, au Rond-Point. Elle nous en dis plus sur son rapport à la scène...

C'est un espace d'autonomie avant même d'être un espace de liberté. Évidemment, on est complètement libre quand on est seul sur scène et qu'on est l'auteur de son texte. Moi, je me donne justement la très grosse contrainte, mais qui est un plaisir, d'un cerveau qui m’adjoins. Mais j'écris tout.  Il n'y a aucun endroit qui rivalise avec la liberté d'expression qu'on a sur une scène. L'autonomie qu'on apprend à avoir est extrêmement flippante mais c'est aussi une espèce de sensation très galvanisante qui interrompt l'idée de la mort et de la finitude.

Il y a une sensation de communication sans limite avec les gens qui nous entourent. C'est très euphorisant. Ça comprend notamment l'après spectacle parce que quand vous jouez tout seul, vous parlez aux gens, vous avez des rencontres inopinées, des avis, des regards sur le monde. Je pense que jamais dans ma vie, je serais la personne qui part par la porte de derrière

Sur les planches, on a pu la voir dans L’Ecole des femmes mis en scène par Régis Santon. C’est néanmoins son premier one woman show, intitulé Camille attaque,  qui la propulse en 2006 sur le devant des scènes pendant quatre ans dans des salles de plus en plus grandes. En 2012, elle récidive avec Nées sous Giscard. En 2017, on la retrouve sur les planches dans L’esprit de contradiction, une pièce qui est mise en scène par Camille Cottin, une de ses grandes amies. Féministe engagée, elle interprète devant la caméra une trentenaire décomplexée dans Les Gazelles (2014), une comédie qu’elle coscénarise avec Mona Achache. Camille Chamoux a aujourd’hui une quinzaine de longs-métrages à son actif.  En 2019, elle coécrit Premières vacances avec son compagnon Patrick Cassir. 

A partir du moment où il y a eu l'étincelle, j'ai besoin de me brancher sur la vie des autres. C'est ça que je veux dire quand je dis que je prends de l'inspiration partout où il y a des gens. Il faut que je me greffe sur d'autres cerveaux, d'autres vies et d'autres trucs. 

J’aime travailler avec des interprètes dont la mise en scène n’est pas le métier. Je m’associe toujours avec des gens différents qui épousent pendant un petit temps ma trajectoire. C’est la collision des cerveaux. 

Insatiable, Camille Chamoux investit tous les terrains et enfile toutes les casquettes. Tantôt metteuse en scène à quatre reprises notamment pour La Quatrième sœur au Théâtre Silvia Montfort, tantôt chroniqueuse dans «1'Edition spéciale» de Canal , puis au côté de Michel Drucker dans «Faites entrer l'invité» sur Europe 1, l’artiste n’hésite pas à rayonner au-delà de sa formation de comédienne. En témoigne sa propre compagnie théâtrale nommée L'Œil du guetteur qu’elle fonde en 2000. 

Quand je me lance dans un truc, j’ai déjà beaucoup éprouvé le fait que c'était quelque chose de nécessaire. Malheureusement, on ne peut jamais dire si les gens vont apprécier ou pas la qualité de votre travail dans quelque domaine que ce soit. La seule chose qu'on peut se dire, c'est qu’on a une espèce de pulsion de nécessité.  

Aux teintes épicuriennes, son nouveau spectacle Le temps de vivre se donne l’humble défi de défier le temps pour retrouver le plaisir qui se cache dans nos vies. Mise en scène par Vincent Dedienne, on retrouve donc l’artiste dans cette vaste entreprise de réconciliation du 10 septembre au 31 octobre au Théâtre du Petit St Martin à Paris. Elle nous en dis plus...

Il y a l'amusement d'être inapte à une forme de sérénité ou de bonheur, à faire pause. Je pars du principe cathartique qui est que quand tu représentes ce qui est le pire de ta vie, il y a forcément des gens que ça va soulager. Ça a l'avantage d'être humoristique et de porter de l'autodérision. L'autre principe c'est qu’au fond de tout ça, il y a une angoisse du temps qui est tombée à un moment de ma vie, qui s'est effritée et qui s'est diluée. 

🎧 (Ré)écouter l'intégralité de l'entretien en cliquant sur le player en haut de page.

Actualité :

  • Spectacle: Le Temps de vivre, Camille Chamoux, mise en scène Vincent Dedienne, du 10 septembre au 31 octobre 2020 au Théâtre du Petit St Martin à Paris

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