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Christian Louboutin

Christian Louboutin "Le rouge a été une révélation"

55 min
À retrouver dans l'émission

Le créateur Christian Louboutin connu pour son iconique semelle rouge est jury du 36e Festival International de mode, de photographie et d’accessoires de mode à Hyères. Il revient au micro d’Arnaud Laporte sur son parcours artistique, ses inspirations et sa conception de l'art à travers la mode.

Christian Louboutin
Christian Louboutin Crédits : José Castellar

Christian Louboutin, né en janvier 1964 à Paris, est créateur de souliers, de sacs à main, d’accessoires et de cosmétiques. D’origine bretonne, il est issu d’une famille modeste ; il passe son enfance à Paris et se souvient particulièrement du musée de l’Histoire de l’immigration au Palais de la Porte Dorée, où il contemplait l’aquarium tropical et les salles d’Afrique et d’Océanie. Seul garçon d’une fratrie composée de sœurs, Christian Louboutin a été également influencé par le travail d’ébéniste de son père fait de détails et de précision.

Les souliers par le dessin et l’imaginaire

Enfant, Christian Louboutin se rend au musée et voit une pancarte qui suscite son attention : un escarpin à la cambrure prononcée. Cette pancarte interdit aux femmes les talons risquant d’abimer le parquet. Ainsi né son premier désir de dessiner des escarpins et cela scelle son destin de créateur. Il passe son temps à dessiner des souliers pour femme, et à sortir au Palace ou à la Main Bleue. Ces lieux sont des exutoires qui lui ont permis d’ouvrir son imaginaire, de se constituer et de faire la rencontre de personnes comme Roger Vivier.

Dessiner des souliers lui ait venu de manière spontanée, mais pour se lancer dans le métier en tant que créateur, le déclencheur a été un cadeau : un livre sur Roger Vivier. Habitué des lieux festifs, Christian Louboutin aime se rendre aux Folies Bergères afin de dessiner les chaussures des danseuses. Après avoir décroché un stage chez Charles Jourdan, sur recommandation d’Hélène de Mortemart directrice de la maison Dior, il dessine pour de grandes maisons et est engagé chez Roger Vivier comme assistant personnel.

Un soulier est une pointe, une cambrure avec un talon ou sans talon. C’est initialement une forme, une silhouette presque une ombre. Il faut donc dessiner et sculpter cette ombre et une fois qu’elle est réussie on peut aller plus loin en y rajoutant des éléments pour la pailleter, l’illuminer… comme un visage.  

J’adore les poissons, ce qui m'a toujours étonné c'est qu'un poisson est parfaitement symétrique et lorsqu'il se retourne on voit des tâches, des rayures, des couleurs diverses. Je voulais faire des souliers en peau de poisson. Je suis allée rue de Buci, j’ai acheté des maquereaux, des harengs, des sardines et des saumons et j’ai fait un soulier en saumon avec un nœud au début du décolleté qui était la queue du poisson, avec un drapé de hareng. 

Un créateur avant tout indépendant ! 

Après avoir réalisé son rêve en travaillant auprès de Roger Vivier, Christian Louboutin décide de créer ses propres souliers et mobilise des fonds avec des amis pour acheter un atelier dans la galerie Véro-Dodat à Paris. Il déménagera finalement rue Jean-Jacques Rousseau. À peine âgé de 27 ans, ses premières ventes connaissent un grand succès. Christian Louboutin ne craint pas d’aller vers une mode subversive et « insolente » en créant des souliers bijoux des plus originaux.

Christian Louboutin innove en passant des escarpins aux baskets, aux mocassins aux derbys, toujours signés de la fameuse semelle rouge ; il élargit la collection pour la femme à celle de l’homme. Inspiré par les spectacles et les cabarets, mais également par l’exotisme des voyages, le textile et les masques de différentes cultures, il se sert de ces matières pour créer.

Mondialement connu, aucun créateur n’a réussi à se construire un tel Empire en si peu de temps. Christian Louboutin a de nombreuses offres de rachat mais a toujours souhaité demeurer indépendant car son seul, unique et simple désir est de créer des souliers.

J’ai eu un espèce de déclic et je me suis libéré. Je me suis dit : je pense souvent aux femmes sur scène, je pense aux performeurs, mais je dois penser aux hommes de la même manière et ça m'a complètement débloqué.

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