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Damien Bonnard

Damien Bonnard : "A chaque film, je choisis un parfum différent"

55 min
À retrouver dans l'émission

L’acteur Damien Bonnard, caméléon à la carrière en puzzle, est à l’affiche du film "Les Intranquilles" de Joachim Lafosse aux cotés de Leïla Bekhti. Au micro d’Arnaud Laporte, il nous raconte ses mille et une vies, réelles comme fictionnelles.

Damien Bonnard
Damien Bonnard Crédits : Julien Mignot

Tantôt cinéaste en pleine errance et traversé d’expériences érotiques dans Rester vertical d’Alain Guiraudie tantôt policier dépassé dans Les Misérables de Ladj Ly, Damien Bonnard est un acteur aux multiples visages qui est passé maître dans l’art de brouiller les pistes. Il mène une carrière tant rocambolesque qu’exigeante. On le redécouvre aujourd’hui à l’écran en artiste-peintre, père et époux atteint de troubles psychiatriques dans le dernier film de Joachim Lafosse « Les Intranquilles » en salles le 29 septembre. Une œuvre profonde et déroutante qui nous donne l’occasion de nous plonger dans ses imaginaires et sa méthode de travail.

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Un caméléon 

A l’écran comme dans la vie, Damien Bonnard semble avoir eu mille et une vies. Il est d'abord étudiant en art puis assistant de la peintre abstraite Marthe Wéry reconnue pour ses peintures géométriques et ses grands ensembles monochromes : 

C'est quelqu'un qui a beaucoup compté dans ma vie et chez les minimalistes. C'était la seule femme dans toute la bande de Rothko, Kelly, tous ces peintres américains. […] Dans le minimal, on peut dire beaucoup de choses. Il y a tout un lien avec le réel dans son travail, ce qui me touche beaucoup. 

Il exerce ensuite une dizaine de métiers. De pizzaïolo à assistant de direction dans un labo du CNRS spécialisé dans la fabrication du diamant artificiel, en passant par manœuvre sur des chantiers, et pêcheur d’anguille et d’algues au Canada, Damien Bonnard apprend et manipule les codes de chaque métier et épouse leurs univers. Il puise aujourd’hui la matière de ses rôles dans ses nombreuses vies passées

Ce qui me plaisait dans toute cette déambulation, toute cette partie de ma vie où j'allais où les vagues m'amenaient, c'était de découvrir à chaque fois des nouveaux mondes avec leur langage, avec leurs codes. Dans un laboratoire du CNRS, il y a un langage qui est propre aux chercheurs. Sur un bateau, il y a un nom pour chaque nœud, chaque corde. Tout ça c'est des micro-monde et je crois que ça me passionnait. Maintenant, j'ai trouvé la solution. Je le fais en moins de temps, et ça fait partie d'un seul métier. 

A propos de son expérience au CNRS, il raconte : 

J'étais fasciné par le monde des chercheurs parce que c'est exactement la même chose que les artistes. Ce sont des gens qui cherchent des choses qui n'existent pas encore. 

A l’aube de la trentaine, le cinéma apparaît à Damien Bonnard comme un nouveau territoire à explorer. Coursier pour des boites de production, il tend l’oreille et exploite les filons pour s’essayer à la figuration. Petit à petit, l’acteur en herbe multiplie les figurations et les petits rôles dans les courts-métrages, tout en se formant chez Blanche Salant puis chez Ariane Mnouchkine. Dès 2009, il obtient des petits rôles dans des longs-métrages mais sans nom ni prénom, juste des fonctions. 

Sa lente progression dans les arcanes du cinéma connaît un tournant en 2016 lorsqu’Alain Guiraudie lui offre un grand rôle dans Rester Vertical. Un baptême du feu qu’il réussit avec brio et lui vaut d’être nommé espoir du cinéma aux Césars, la première nomination d'une longue liste. 

Un visage singulier du cinéma d’auteur

Davantage que la générosité du cachet, c’est le point de vue singulier des réalisateurs et réalisatrices que Damien Bonnard privilégie lors du choix de ses projets. Pleinement acteur de sa carrière, il s’est construit une filmographie exigeante qui compte parmi ses rangs de nombreux grands réalisateurs et grandes réalisatrices. Citons notamment Christopher Nolan pour Dunkerque, Roman Polanski pour D’après une histoire vraie, Nathan Silver pour Thirst Street, Pierre Salvadori pour En liberté !, Anne Fontaine pour Blanche comme neige, Ladj Ly pour Les Misérables, ou encore Dominik Moll pour Seules les bêtes

L’acteur est habité par ses personnages et s’est souvent impliqué également dans leur construction. Damien Bonnard croit en effet aux détails révélateurs et s’évertue à les soigner. Ainsi a-t-il demandé un vrai gilet pare-balles pour bien mesurer son poids dans Les Misérables ou encore consulté un orthophoniste pour incarner un personnage bègue dans Banche comme neige

Mon grand plaisir sur les films, c'est la préparation. C'est passionnant de se nourrir de choses qui concernent le personnage ou l'histoire. J'ai quitté l'école parce que je trouvais que là où j'étais, on ne nous proposait pas un monde assez large. 

Il nous raconte la préparation de son rôle dans Les Intranquilles :

J'ai appris que pour pouvoir faire peur, il faut se faire peur à soi. Ce n'est pas une chose à laquelle j'avais vraiment eu accès avec d'autres films. J'avais une violence à trouver dans le film que je ne connaissais pas et que je n’ai pas dans la vie.  Pour cela, j'ai travaillé avec un boxeur et je me suis rendu compte que pour être violent sur un ring, il fallait d'abord que je sois violent envers moi-même pour avoir la force de présenter de la violence à l'autre. C'est une double violence. 

Toujours pour Les Intranquilles de Joachim Lafosse, Damien Bonnard, dont le personnage est un peintre, s’est associé à l’artiste Piet Raemdonck pour réaliser des tableaux spécialement pour le film. Un travail à quatre mains que l’on peut découvrir dans l’exposition « Atelier Intranquille » à partir du 8 octobre à la Galerie Cinéma à Paris.

Ses actualités: 

  • Film : Les Intranquilles” de Joachim Lafosse en salles le 29 septembre, avec Leïla Bekhti
  • Exposition : "Atelier Intranquille", l'exposition du peintre Piet Raemdonck et de Damien Bonnard, à partir du 8 octobre à la Galerie Cinéma à Paris
  • Damien Bonnard sera également prochainement à l'affiche de plusieurs films : The French Dispatch de Wes Anderson / Pleurer des rivières de Léopold Legrand / Le processus de paix de Ilan Klipper / La grande magie de Noémie Lvovsky.

Damien Bonnard recommande également la visite de l'exposition du peintre Daniel Lévy à la Galerie Jacques Lévy, Rue Charlot à Paris, tout près de la Galerie Cinéma à Paris. 

Sons diffusés pendant l'émission : 

  • Marthe Wéry parle avec Sébastien Galceran de son art sur France Culture, dans l’émission Chassé croisé du 12 septembre 2004, à l’occasion de son exposition « Les Couleurs du Monochrome » au Musée des Beaux-Arts de Tournai. 
  • "La chanson des vieux amants" de Jacques Brel, sur l'album "Brel" (1967). © Barclay 
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