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Dani : "Je suis une femme normale à qui il arrive des choses pas normales"

39 min
À retrouver dans l'émission

En mai 2021, la chanteuse et comédienne Dani revenait, au micro d’Arnaud Laporte, sur sa conception du métier d’interprète – en musique comme au cinéma – et sur son univers artistique, à l'occasion de la sortie de son album Horizons Dorés (Washi Washa - Warner).

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Dani Crédits : JB Mondino

Dani reprendra la tournée de son spectacle musical Horizons Dorés (mis en scène par Jérémie Lippman) en septembre. Toutes les dates sont à retrouver ici.En mai 2021 chanteuse et comédienne revenait, au micro d’Arnaud Laporte, sur sa conception du métier d’interprète – en musique comme au cinéma – et sur son univers artistique.

Sa formation sensible

Dani grandit à Perpignan dans les années d’après-guerre et mène une enfance bercée par les spectacles de Mistinguett, le music-hall et le cinéma dont son père est passionné. Adolescente, elle aime aussi la mode et découvre avec joie Elvis Presley et la variété française. En 1963, elle a 19 ans lorsqu’elle s’installe à Paris. Laissant de côté son projet d’entrer aux Beaux-Arts, elle entame une carrière de modèle. Commence alors une vie pleine d’aventures et de liberté. 

J’allais à la couture à Perpignan pour faire le Bon Magique du journal Elle. C’était le début du prêt-à-porter, c’était très intéressant. Et comme à Perpignan il n’y avait pas encore de boutique (…), je le faisais à l’école de couture.

A la maison, nous étions bercées par Yves Montand, les comédies musicales, Georges Brassens. Mais le jour où j’ai entendu Elvis Presley, j’ai chaviré dans la musique d’une autre façon. Après je suis allée écouter d’autres chanteurs américains. 

J’ai toujours vu mon père – il pouvait passer des heures à photographier un papillon – avec un appareil. Il était artiste dans son cœur. Il avait un regard sur le spectacle incroyable (…). Il avait le sens des photos et surtout il les développait de A à Z.

Une icône des années 1970

Elle pose pour Andy Warhol, Helmut Newton, Karl Lagerfeld. Elle enregistre des disques de chanson populaire dont "Papa vient d’épouser la bonne", qui est vendu à plus d’un million d’exemplaires en 1968 et son album La petite qui revient de loin (1970) lui vaut le Prix de l’Académie Charles-Cros. Pendant plusieurs années, elle est meneuse de revue à l’Alcazar de Jean-Marie Rivière. 

Tout était rassemblé à cet endroit : la revue, le spectacle, la communication, Jean-Marie Rivière, la musique, les tableaux, des chansons d’avant, des chansons futures et puis l’ambiance, la dérision, la poésie qu’il y avait dans tout ce spectacle.

Elle joue aussi au cinéma dans des films de Roger Vadim, Eric Schlumberger, Jean-Marie Périer, Georges Lautner et interprète Liliane dans La Nuit américaine (1973) de François Truffaut dont elle est l’amie. Elle fréquente tous les lieux à la mode, ainsi que les célébrités qui y défilent, et dirige, à partir de 1974, L’Aventure, un club sur les Champs Elysées.

Son retour sur scène

Ces années de vie d’artiste, de succès et d’effervescence prennent fin dans les années 1980. Son addiction à l’héroïne la pousse en effet à quitter le devant de la scène. Dans les années 1990, elle continue de faire quelques apparitions au cinéma et sort un album, N comme Never en 1993. Mais ce n’est qu’au début des années 2000 qu’elle fait réellement son retour sur scène, reprenant avec Etienne Daho « Comme un boomerang », le titre que Gainsbourg lui avait écrit en 1975 pour l’Eurovision. 

Cette chanson est restée sur une étagère chez Vogue avec écrit « Dani Eurovision ». (…) Finalement, après ma rencontre avec Etienne Daho – j’avais vécu des épreuves difficiles – il m’a dit : le seul moyen de t'en sortir c’est que tu chantes. Et il va chercher cette chanson qui était sur l’étagère depuis 25 ans. On commence à répéter : il y met son talent à lui tout en restant très fidèle à ce qu’avait fait Serge, parce qu’on avait les maquettes chantées par Serge avec des commentaires, etc. (…) Et c’est devenu cette chanson-là.

Depuis ce grand succès qui marque son retour sur scène, celle qui considère que la musique lui sert de béquille et soigne ses chagrins, a sorti plusieurs albums dont La vie ne dure pas (2016, Fontana), un double album best of, qui s’accompagne de la publication d’un livre du même nom, un récit autobiographique publié chez Flammarion. En 2020, on retrouve sa voix rauque et son timbre si caractéristique dans Horizons dorés, son dernier album.

C’est un frisson : d’abord les personnes qui m’entourent et qui écrivent des chansons pour moi, que ce soit Pierre Grillet, Alain Chamfort, Jacques Duval, François Bernheim, j’ai la sensation qu’ils me font du sur-mesure. Après il faut que je les essaye (...). Mais c’est un ressenti : certaines chansons, même s’il y a longtemps qu’on les chante, font remonter des polaroids qui vous donnent une émotion, une sensation…

Une fois sous la lumière, entendre respirer les gens qui sont là, qui vous regardent et vous dévorent des yeux puisqu’ils sont là pour vous, c’est fabuleux, c’est indicible, c’est angoissant, c’est royal.

Sons diffusés pendant l'émission

  • "Love me tender" Elvis Presley, 1956.
  • Jean-Marie Rivière dans "Inter Actualité 13h", diffusé le 27 juillet 1974, archives de l’INA.
  • Extrait de La Nuit Américaine, François Truffaut, 1973.
  • "Comme un boomerang", Dani et Etienne Daho, Daho Live, 2001.
  • Concert improvisé de Mstislav Rostropovitch le jour de la chute du Mur de Berlin, le 11 novembre 1989.
  • "Kesta Kesta", Dani et Joey Starr, Horizons Dorés, 2020.

Rediffusion de l'entretien du 25 mai 2021

Intervenants
  • Chanteuse et comédienne
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