LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
A 77 ans, le réalisateur canadien ne cesse de porter une observation acérée sur la marche du monde moderne.

David Cronenberg : "Les jeunes d'aujourd'hui ne quittent plus la salle devant mes films"

55 min
À retrouver dans l'émission

Maître du cinéma de genre et alternatif, le réalisateur canadien David Cronenberg est au micro d'Arnaud Laporte pour revenir sur une carrière riche en obsessions et explorations, forte d'un parcours éclectique sans concessions.

A 77 ans, le réalisateur canadien ne cesse de porter une observation acérée sur la marche du monde moderne.
A 77 ans, le réalisateur canadien ne cesse de porter une observation acérée sur la marche du monde moderne. Crédits : Nicolas Guerin - Getty

Maître du cinéma de genre et alternatif, le réalisateur canadien David Cronenberg est au micro d'Arnaud Laporte pour revenir sur une carrière riche en obsessions et explorations, forte d'un parcours éclectique sans concessions.

Né en 1943 dans un Toronto frappé par la Grande Dépression, le réalisateur David Cronenberg a aujourd'hui 77 ans, et plus de vingt longs-métrages derrière lui. Si l'expression artistique a formé le décor de son, enfance entourée d'une mère au piano et d'un père écrivain, chroniqueur et gérant d'une petite librairie, emplissant ainsi e domicile familial de livres, elle s'est matérialisée chez David Cronenberg en cinéma des années plus tard, alors que le futur réalisateur de 22 découvre un court-métrage underground d'une bande d'amis de Toronto. Comme découvrant à la fois l'accessibilité du cinéma et son potentiel, il réalise son propre court-métrage Transfer l'année suivante, en 1966, un film de sept minutes traitant de la relation entre un psychiatre et son patient. 

Toute ma carrière artistique s'est faite à Toronto. A une époque, j'ai failli partir à Los Angeles, comme de nombreux amis, mais j'ai résisté. J'ai décidé de rester, et j'ai été là dès le départ, dès la création de l'industrie du film au Canada. Il n'y avait pas beaucoup de cinéastes là-bas, pas vraiment de création cinématographique, et ça m'a conforté dans ma décision de rester.          
David Cronenberg

Le questionnement de la psyché humaine, notamment les causes impensées ou impensables de ce qui lie l'esprit à nos actions et comportements de chaque jour, le suivra tout au long de la filmographie. Non pas comme une répétition du même exercice, mais comme une exploration de l'esprit se refusant à la classification, maniant aussi bien science-fiction (Scanners, 1981 ; Videodrome, 1983), horreur (Shivers, 1975), fantastique (Stereo, 1969 ; Crimes of the Future, 1970), thriller (La Mouche, 1986 ; Les promesses de l'ombre, 2007), drame (A History of Violence, 2005 ; Cosmopolis, 2012) à travers des thèmes bien plus concrets et corporels  : la sexualité (Crash, 1996, grand prix du jury du Festival de Cannes ; A Dangerous Method, 2011), le corps humain sous toutes ses formes possibles, mais aussi l'identité (Spider, 2002 ; M. Butterfly, 1993 ;  Maps to the Stars, 2014) et ses dédoublements (Faux-semblants, 1988).

En plus de cette filmographie iconique, David Cronenberg a signé un roman intitulé Consumés, traduit en français chez Gallimard en 2016. Grand lecteur depuis son enfance, la grande majorité de ses films sont des adaptations de romans, pièces et nouvelles, parmi lesquelles certaines des auteurs favoris de Cronenberg, comme les américains Don DeLillo ou William S. Burroughs. 

J'ai toujours voulu écrire, mais j'ai dérivé en devenant scénariste. J'ai su que je ne serais pas romancier, parce que les films, ça n'existait pas autour de moi. Alors qu'en Californie, ou à New York, où j'ai habité, tout était possible. Vous voulez faire un film ? Prenez donc une caméra, et allez-y. Ca va aller tout seul. C'était ça, le New York underground.          
David Cronenberg

Avec Crash ou The Dead Zone, j'ai compris au moment de l'adaptation pour l'écran qu'on ne pouvait pas vraiment traduire le roman, et que c'était une nouvelle création, une nouvelle réécriture. David Cronenberg

Tous ses films, excepté A History of Violence et The Dead Zone, tous deux financés à 100% par des productions américaines, sont des coproductions, notamment avec l’Europe. En effet, Cronenberg n’a jamais caché, d’une interview à l’autre, son désintérêt pour un Hollywood formaté, peuplé de “gens intéressants qui en font rien d’intéressant”. C’est notamment après les Faux-semblants en 1988 où sa lassitude des négociations interminables avec les financiers, et sa confiance acquise du fait d’un grand succès critique et dans les grands festivals, le mène à devenir son propre producteur. Ce qui ne signifie pas la fin des complications financières : son dernier film Maps to the stars, sorti en 2014, est un travail de plus de dix ans.
Il confiait au JDD en 2018 : Les difficultés pour trouver le financement et le casting sont une lutte de chaque instant. Je ne suis pas sûr d’être prêt à souffrir de nouveau. C’est ce qui se passe quand je mets en scène. […] Pour le moment, je suis davantage séduit par l’idée d’écrire un deuxième roman.

Intervenants
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......