LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Emeline Bayart

Émeline Bayart : « Bourvil, c’est une vraie passion »

55 min
À retrouver dans l'émission

La comédienne mais aussi chanteuse et maintenant metteuse en scène Émeline Bayart revient, au micro d’Arnaud Laporte, sur son parcours et sur le processus de création d'une œuvre pleine de fantaisie.

Emeline Bayart
Emeline Bayart Crédits : Caroline Moreau

La fantaisie comme terrain de prédilection

Avec vingtaine de films à son compteur et un nombre de pièces conséquent, Emeline Bayart s’affirme comme une des grandes actrices comiques de notre temps. Le déclic pour le théâtre intervient lorsqu’encore étudiante, Emeline Bayart participe à un atelier théâtre dirigé par Jean-Michel Rabeux. Elle intègre ensuite la classe libre du Cours Florent et entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris afin de devenir comédienne. Depuis, elle excelle dans le registre classique chez Shakespeare, Gogol, Horvath, Molière et Brecht, mais aussi dans le répertoire contemporain du côté d'Eugène Durif, d'Hanokh Levin, de Jean-Michel Ribes ou encore Roland Topor. 

Tantôt irrésistible tantôt désopilante, l’actrice a fait de la fantaisie une constante qu’elle décline dans un large répertoire de rôles. Sur les planches, son terrain de prédilection, on a récemment pu l’apprécier dans Fric-Frac monté par Michel Fau en 2018, ou encore dans Tchekhov à la folie mis en scène par Jean-Louis Benoit. Face caméra, elle a notamment incarné avec malice le rôle-titre de Bécassine dans une réadaptation de Bruno Podalydès, un cinéaste tombé sous son charme dès leurs premières collaborations pour Bancs Publics et Adieu Berthe

J’entends souvent dire que la drôlerie est rare chez les actrices. Est-ce lié à une sorte de retenue qu’ont les actrices ? Peut-être, mais je pense que c’est en train de changer. C’est sans doute pour cette singularité, cette drôlerie que je dégage visiblement qu’on m’engage souvent, même si je pense que j’ai une palette plus grande que le seul aspect comique. J’ai incarné Marie-Antoinette au théâtre par exemple. Et mon premier rôle au théâtre, c’était dans Foi, amour, espérance de Ödön von Horvath, une tragédie ordinaire, vraiment pas drôle du tout. J’incarnais une jeune femme, Elisabeth, qui se suicide dans un canal. 

La musique s’invite au théâtre

Passionnée par la chanson à texte depuis toute petite, Emeline Bayart grandi avec les refrains de Bourvil, Fernandel et Brel. 

Bourvil, c’est une vraie passion. Ça m’a été mis dans les mains. J’avais environ sept ans, je travaillais un morceau de flûte à bec à la maison, La Tendresse. Mon père m’entend et me dit : «  Tu sais qui chantait ce morceau ? » Deux jours après, il m’offrait une cassette de Bourvil avec La Tendresse dessus. J’ai écouté cette cassette en boucle, assise, pendant longtemps. J’étais complètement bouleversée par cet homme qui véhiculait autant d’humour que de mélancolie. Sur cette cassette, il y avait des chansons très drôles comme Les Crayons, et d’autres, comme La Tendresse

L’actrice et comédienne provoque finalement la rencontre entre ses talents avec D'elle à lui en 2012, un récital/spectacle piquant dans lequel elle ressuscite un répertoire au large spectre sur le thème du couple. Accompagnée au piano par Manuel Peskine, comme souvent depuis, elle passe d’une humeur à l’autre dans un esprit de partage qui nous rappelle celui des cafés-concerts des années cinquante. 

D’autres œuvres à la lisière du récital et du théâtre suivront telles que Si j’ose dire à l’Opéra-Comique ou encore Ma radio, histoire amoureuse de Philippe Meyer avec qui elle a déjà chanté et partagé la scène du Théâtre des Abbesses dans L’Endroit du cœur. Récemment, elle a également repris Le Cabaret D'Emeline Bayart Porte 8, avec pour sous-titre « Affreuses, divines et méchantes ». 

Feydeau, un choix logique  

Bayart a récemment mis en scène On purge bébé de Georges Feydeau, déjà maintes fois représentée. À ce vaudeville, elle offre de intermèdes musicaux typiques et enjoués. 

Je voulais absolument que les chansons que j'interprétais, sur lesquelles j'avais beaucoup travaillé, rencontrent Feydeau, parce que c'est à peu près la même époque et je trouve qu'il y a une grande similitude entre les deux. Ça a une résonance. Il faut aussi savoir qu’avant 1854, les couplets chantés étaient obligatoires dans les vaudevilles. Certes Feydeau est arrivé après, il n’était pas obligé, mais il a ajouté des couplets dans certaines pièces. 

J'avais envie d'une comédie de mœurs. J'aimais beaucoup On purge bébé que je trouve extrêmement bien écrite. Et puis, j'ai quand même un sujet de prédilection qui est le couple et même si Feydeau s'attache dans toutes ses pièces au couple et à l'adultère notamment, On purge bébé s’ouvre sur une scène de ménage mythique du vaudeville qui dure environ une demi heure. Il y a beaucoup de choses à faire avec ça, aller fouiller, chez l'un et chez l'autre, dans la mauvaise foi et dans la querelle, dans le drame. Donc, j'ai choisi cette pièce, puis j'ai choisi des chansons à propos qui permettent de révéler l'inconscient des personnages et leur offrent des moments où ils sont objets de dialoguer. Sinon, ils s'étripent.

Son actualité : Spectacle :  On purge bébé ! de Feydeau, mise en scène Emeline Bayart, avec Éric Prat, Emeline Bayart, Manuel Le Lièvre, Valentine Alaqui, Delphine Lacheteau, Thomas Ribiere, Manuel Peskine. En tournée en janvier/février.

Chroniques
19H20
8 min
Affaire en cours
Quel statut juridique pour une oeuvre créée par une machine ?
19H50
6 min
Affaire à suivre
Au Japon, des nouvelles d'Haruki Murakami
Intervenants
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......