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Emmanuelle Huynh

Emmanuelle Huynh : "Danser c'est aussi philosopher"

55 min
À retrouver dans l'émission

La danseuse et chorégraphe Emmanuelle Huynh vient d'achever au Théâtre de Nîmes les répétitions de sa nouvelle création : Nuée. A cette occasion, elle revient au micro d'Arnaud Laporte sur son parcours, d'interprète à chorégraphe et sur ce qui nourrit sa création, entre concepts et introspection.

Emmanuelle Huynh
Emmanuelle Huynh Crédits : Sandy Korzekwa

Emmanuelle Huynh, danseuse et chorégraphe franco-vietnamienne, vient d'achever au Théâtre de Nîmes, où elle est artiste associée depuis 2018, les répétitions de sa nouvelle création : Nuée, qui sera présentée en septembre 2021 à Paris dans le cadre du Festival d'Automne. A cette occasion, elle revient au micro d'Arnaud Laporte sur son parcours artistique et sur les réflexions qui nourrissent son œuvre. 

Entre danse et philosophie

Fille d'un père vietnamien et d'une mère française, Emmanuelle Huynh se passionne très jeune pour la danse et la philosophie. Après un DEA de philosophie et une formation classique en danse, elle entre à l'Ecole Mudra de Maurice Béjart à Bruxelles. Puis pendant sept ans, elle découvre le métier en dansant pour d'autres : Odile Duboc, Nathalie Collantes, Catherine Contour, etc. En 1994, traversée par des questionnements artistiques et personnels, elle entreprend de se rendre pour la première fois au Vietnam, une quête des origines autour de laquelle elle bâtit son premier projet en tant que chorégraphe : Mua (1995).

Entre concepts et introspection

Le travail d'Emmanuelle Huynh se trouve à la jonction entre concepts et introspection. Le questionnement autour des origines y est très présent. De même, les réflexions philosophiques et la question du geste parcourent l'ensemble de son œuvre. Passionnée de culture japonaise, plusieurs de ses créations s'en inspirent comme Shinbaï (2009), un dialogue dansé avec Sheiho Okudaira, maîtresse de l'ikebana, l'art floral japonais ou encore Spiel (2011) qu'elle crée avec le danseur et chorégraphe butô Akira Kasai. Elle associe également les corps et les textes dans plusieurs de ses pièces comme A Vida Enorme (2003) avec des écrits du poète portugais Herberto Helder ou encore Formation (2017), qu'elle crée à partir de l'ouvrage de Pierre Guyotat. 

A propos de sa dernière création, Nuée :      
A fleur de plateau, entre mon corps et le plateau, on essaye de guider ensemble une forme qui nous semble juste. (…) Je me suis vite sentie bien sur ce plateau et dirigée par mes trois collaborateurs [Caty Olive, Gilles Amalvi et Pierre-Yves Macé], pendant que je renvoyais ce que je souhaitais faire mais que je ne pouvais pas voir. C’est magnifique d’être aveugle de son propre désir. Et en même temps ce désir on le transmet aux autres.

Depuis 2014, elle réalise également avec le plasticien Jocelyn Cottencin des portraits de villes filmés et dansés, entre installation et performance.

Je suis poreuse et je n’ai jamais pensé que la danse devait être l’inspiration de la danse. (…) Il y a quelque chose d’exogène qui m’a toujours nourrie. Aujourd’hui, la ville et les territoires, c’est une autre partie de mon travail qui s’est ouverte, avec l’artiste Jocelyn Cottencin. (…) Explorer le territoire avec le corps, avec les gestes et comment le territoire influence le corps, c’est un nouveau champ d’exploration qui me passionne et me fait entrer de façon plus concrète dans les questions sociétales.

L'importance de la transmission

Dans le parcours d'Emmanuelle Huynh, la transmission occupe une place majeure. A partir de 1992, elle mène une série d'entretiens avec la chorégraphe Trisha Brown qui lui enseigne notamment l'importance, dans la carrière d'un chorégraphe, d'apprendre des autres. De leurs échanges, elle écrit un livre : Histoire(s) et lectures : Trisha Brown / Emmanuelle Huynh (Presses du Réel, 2012). De 2004 à 2012, Emmanuelle Huynh a également été la directrice du CNDC d'Angers où elle a mené une réflexion de fond sur la formation des danseurs et des chorégraphes, centrée notamment sur l'importance des échanges entre disciplines artistiques et intellectuelles, mais aussi sur l'héritage et sa compréhension afin d'inventer de nouvelles formes. Aujourd'hui encore, elle poursuit ce travail en enseignant à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris où elle dispense un enseignement pratique et théorique de la danse et de la performance.  

Trisha Brown était une chercheuse et dès qu’elle avait trouvé, elle allait ailleurs. J’adorais et j’admirais cette façon de faire : d’incorporer des questions, de se les poser et de se mettre au travail. (…) C'est ce que j'ai aimé, admiré et je ne sais pas si je l'ai imitée mais j'ai l'impression que la recherche par sérendipité m'emmène ailleurs.      
J’ai adoré voir comment cette femme qui était une grande danseuse en dehors d’être une grande chorégraphe, cherchait par son corps, travaillait avec ses danseurs, comment son corps était une sorte d’établi hyper outillé cérébralement et physiquement pour chercher. C’était très inspirant.

Son actualité : les répétitions de sa création Nuée viennent de s'achever au Théâtre de Nîmes. La pièce sera présentée en septembre 2021 à Paris dans le cadre du Festival d'Automne.

Sons diffusés pendant l'émission

  • Reportage de François Ponchelet à Saïgon issu des archives d’Europe 1, extrait de "30 avril 1975 : la chute de Saïgon", Les jours du siècle, diffusé le 2 septembre 1996 sur France Inter. 
  • Premier discours de Barack Obama en tant que Président des Etats-Unis, sur la scène du Grant Park de Chicago (Illinois), le 5 novembre 2008.
  • "Nuages", Debussy, Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado, Deutsche Grammophon GmnH, Berlin, 2001.
  • Extrait de "Le Théâtre Kabuki", vidéo de l’UNESCO sur le théâtre traditionnel japonais, 2009.
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