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François Gremaud

François Gremaud : "L'idée de joie est au cœur de ma vie et de mon travail"

56 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la présentation de ses créations dans le cadre du festival Printemps des Comédiens à Montpellier du 10 au 13 juin, le comédien et metteur en scène suisse François Gremaud revient, au micro d'Arnaud Laporte, sur son parcours et sa conception du théâtre.

François Gremaud
François Gremaud Crédits : Niels Ackermann

Phèdre ! et Pièce sans acteur(s), créations de François Gremaud, sont présentées dans le cadre du festival Printemps des Comédiens à Montpellier. A cette occasion, le comédien et metteur en scène suisse revient, au micro d'Arnaud Laporte, sur sa formation sensible, ses créations et les réflexions qui nourrissent son travail de mise en scène.

Vers la mise en scène

François Gremaud a grandi à Lausanne et Fribourg. Après avoir étudié le graphisme et la peinture à l’Ecole cantonale d’art de Lausanne, il se dirige vers le spectacle vivant et se forme en Belgique à l’Institution nationale supérieure des arts du spectacle. Dans cette école, de 1998 à 2002, il s’initie à tous les domaines de la création théâtrale : le son, l’éclairage, la scénographie, etc se familiarisant ainsi aux différents médias de la scène. Puis, en 2005, il crée sa compagnie : 2b company.

Je me suis dit : on peut faire ça sur un plateau ! [à propos de Bernadetje d'Alain Platel] (...) C’était de de la vie pure, c’était tellement fort, tellement détaché des convenances et des conceptions que je pouvais avoir de ce que devait être le théâtre. (…) Soudain, voir ce geste si libre, si humain, c’était bouleversant. (...)
On a eu des cours, de la scénographie à l’histoire du théâtre, du jeu, du droit d’auteur. C’était très intéressant et c‘était magnifique d’être dans ces années-là où il y avait l'explosion de la scène flamande. Il y avait deux écoles : une école d’apprentissage concrète, technique, et une école d’apprentissage artistique au quotidien dans cette ville de Bruxelles.

Un théâtre de recherche

Le théâtre de François Gremaud, marqué par le sens l’observation, le décalage, l’humour et une sensibilité aussi profonde que légère, interroge bien souvent la création théâtrale en elle-même. Elaboré à partir d’expérimentations et d’improvisations, son théâtre est donc avant tout un théâtre de recherche. Ainsi dans Re (2012), les comédiens racontent les scènes avant de les jouer, offrant au spectateur le plaisir de l’étonnement. Cette notion de joie, est également centrale dans le théâtre de François Gremaud. Ainsi, dans Phèdre ! (2016), à travers le récit et l’interprétation que fait un comédien seul en scène de la tragédie grecque, met-il en scène le plaisir de la transmission du savoir, et l’amour du partage des connaissances. Tout comme dans Conférence de choses (2015), une création de huit heures qui érige la digression en art. Enfin, s’inscrivant dans la tradition perécienne, François Gremaud ne cesse de montrer, à travers ses propositions théâtrales, combien le réel est fragile.

Le terme de "proposition au public", ça rend très audible le fait qu’il s’agit de choses proposées. Ce sont à la fois des affirmations, mais aussi des propositions de réflexion, des pistes de pensée, j’aime bien ce mot, je le trouve moins impressionnant que spectacle.

J’étais fait pour rencontrer la pensée de Clément Rosset. Il y a trois questions fondamentales qui sont au cœur de son travail : la question du réel où il affirme qu’il n’y a que ce qu’il y a, qu’il n’y a rien d’autre ; il nous parle de l’idiotie en retournant à l’étymologie grecque, qui veut dire singulier, particulier et unique, et le fait de faire des gestes idiots en art est quelque chose qui m’a beaucoup facilité la vie, chercher la singularité en acceptant l’idée qu’il y a quelque chose d’idiot dans le fait de le faire : ça dédramatise (...) ; et enfin il y a au cœur de son œuvre la question de la joie : la joie serait la force majeure qui pourrait contenir tout le tragique du monde, l’inverse n’étant pas vrai, et je me reconnais dans cette idée-là de la joie comme une puissance.

Les comédiens comme compagnons de création

Par ailleurs, le théâtre de François Gremaud est marqué par des collaborations fortes avec des comédiens et comédiennes comme Pierre Mifsud, Romain Daroles, Laetitia Dosch, Catherine Büchi, Léa Pohlhammer, qui sont pour lui de véritables compagnons de création. Avec Tiphanie Bovay-Klameth et Michèle Gurtner, il forme le collectif Gremaud-Gurtner-Bovay avec qui il écrit et met en scène KKQQ (2011), Western Dramedies (2018) ou encore Pièce (2019).

Découvrir le site internet de sa compagnie : 2b company.

Son actualité : dans le cadre du festival le Printemps des Comédiens à Montpellier du 10 au 26 juin, François Gremaud présente ses créations.
Phèdre ! avec Romain Daroles est présenté le 10 juin au Domaine d’Ô. Elle sera également présentée les 19 et 20 juin dans le cadre du Festival Latitudes Contemporaines à l'Eglise Sainte Marie Madeleine à Lille et le 22 juin à Saint-Etienne-du-Rouvray.
Pièce sans acteur(s) créée avec Victor Lenoble sera présentée les 11, 12 et 13 juin au Hangar Théâtre.

Sons diffusés pendant l'émission

  • Extrait de "Bernadetje" d’Alain Platel, 1999.
  • Clément Rosset au micro de Philippe Lefait dans "Des mots de minuit" diffusé sur France 2 le 5 novembre 2018.
  • "Dimanche 15 Heures", François Gremaud, Un dimanche de novembre, 2010.
  • Sarah Bernhardt dans "Phèdre", Archives de l’INA, 1903.
  • Extraits de "Phèdre !", François Gremaud, 2019.

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