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Gérard Fromanger dans son atelier en 2015

Gérard Fromanger : "Moi, ma vitesse de la lumière, c'est la couleur"

55 min
À retrouver dans l'émission

Gérard Fromanger revient, au micro d'Arnaud Laporte, sur le processus de création d'une œuvre haute en couleur.

Gérard Fromanger dans son atelier en 2015
Gérard Fromanger dans son atelier en 2015 Crédits : DR

Une seule rentrée, quatre expositions. Artiste que l’on connaît et que l’on reconnaît pour son usage révolutionnaire de la couleur, Gérard Fromanger continue de nous en mettre plein les yeux. A Caen, il expose aux Musée des Beaux-Arts pour l’exposition Annoncez la couleur du 12 septembre au 3 janvier. A Paris, c’est au Théâtre des Bouffes du Nord que l’on peut aller voir son œuvre pérenne Peinture-Monde, sens dessus dessous. L’artiste s’expose également au Bund Art Museum à Shanghai à partir du 17 septembre. 

Né le 6 septembre 1939 à Pontchartrain dans les Yvelines, Gérard Fromanger est un peintre figuratif et conceptuel. Son père est né à Constantinople d’un père français et d’une mère russe arménienne. Le désir d’art est de famille, Gérard Fromanger ne déroge pas à la règle et débute la peinture à l’âge de deux ans. Après la guerre, le peintre suit pendant 18 jours les enseignements de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, puis les cours du soir de la Ville de Paris dans la classe de Robert Lesbounit, à l'Académie de la Grande Chaumière. Là-bas, le sculpteur César le remarque et il commence à fréquenter les frères Giacometti et Jacques Prévert. Il raconte...

On avait 18 ou 19 ans, on était perdu tout seuls avec tous ces maîtres autour de nous. César venait nous voir tous les jours, mais c’était un maître. On était là avec nos petits pinceaux qui n’étaient pas grand-chose, on se disait qu’on n’était pas capable. Au fond, ce qui petit à petit donne de l'espoir, c'est d'arriver à devenir ce qu'on croit être, en tout cas, ce qu'on a l'illusion d'être. C’est apaisant. Alors on peut continuer.

J'avais un style très particulier. J'avais un monde de personnages, un peu comme une sorte de cirque très spécial.

Dans les années 1960, Fromanger est un des protagonistes de la Figuration narrative aux côtés d’Erro, Klasen, Monory, Rancillac, Télémaque et d’autres. Ensemble, ils réinvestissent la peinture figurative qui avait précédemment été écrasée par le triomphe de l’abstraction. À 24 ans, en 1964, il est le plus jeune artiste exposé au Salon de mai, à l’Arc, dans la rotonde du Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Il réalise également des vidéos, des installations, des costumes pour ballets, de la photographie… etc. Dans toutes ses œuvres, la couleur est souveraine.

La couleur me vient de ce sentiment plus fort de la vie que de la mort.

Donner une chance à chacune des couleurs c’était important pour moi, qu’il n'en est pas une seule qui domine les autres. Comme chez les animaux ou les humains, il y des rapports de force. Il y a des constructions qui se font sur le tableau qui font qu’une couleur va dominer, qu’elle soit froide ou chaude.

En mai 1968, le rouge domine sa palette. Artiviste revendiqué, Fromanger est impliqué dans la politique et plus précisément la gauche française. Il occupe l’Odéon le 15 mai puis l’école des Beaux-Arts le lendemain matin. Avec Arroyo et d’autres, il y fonde « l’Atelier populaire » de l’école des Beaux-Arts où sont fabriquées les affiches révolutionnaires. Plus tard, il participe au boy­cott massif de l’expo Pompi­dou commanditée par l’Elysée en 1974 au Grand Palais, mani­festation d’artistes surveillée par la police et chargée par les CRS. Peu de temps avant, avec le Front des artistes plasticiens, il avait mis à sac la Caisse d’allocation vieillesse des artistes, ce qui aboutira bientôt à la mise en place d’un nouveau régime d’assurance sociale. Ces évènements passés, Fromanger n'en demeure pas moins un artiste concerné encore aujourd'hui par l'actualité et l'état du monde à laquelle il ne cesse de répondre dans ses oeuvres. 

J'aime les événements qui n'en sont pas, qui ne sont rien. Des gens qui traversent ça n'a pas de nom, ça n'a pas de définition. Alors moi, j'en fais un événement considérable.

J'essaye de lire l’image, de comprendre de quoi elle est composée. Qu'est ce qui s'y passe? Est ce qu'il y a des choses que je n'ai pas vues? Il y a un côté Blow up. Alors je révèle ce que je n’avais pas remarqué par la couleur.

L'intégralité de l'entretien est à réécouter en cliquant sur le player en haut de page 🎧

Son actualité :

·         Exposition Annoncez la couleur du 12 septembre au 3 janvier aux Musée des Beaux-arts de Caen

·         Peinture-Monde, sens dessus dessous 2020, œuvre pérenne pour le Théâtre des Bouffes du Nord

·         Exposition au Bund Art Museum à Shanghai à partir du 17 septembre

·         Solo Show à venir à la FIAC

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