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Hélène Delprat

Hélène Delprat : "Quand je me filme, je suis une peinture"

55 min
À retrouver dans l'émission

À l’occasion de son exposition « I HATE MY PAINTINGS » à la galerie Christophe Gaillard, retour, en sa présence, sur l’œuvre et l’imaginaire foisonnant d’Hélène Delprat.

Hélène Delprat
Hélène Delprat Crédits : Catherine Panchout - Corbis - Getty

Un titre digne d’une déclaration martiale, un cri du cœur. L’artiste Hélène Delprat n’aime-t-elle plus la peinture ? C’est bien le contraire que semble nous démontrer sa dernière exposition I HATE MY PAINTINGS qui se tient du 10 octobre au 7 novembre 2020 à la Galerie Christophe Gaillard à Paris. Si la peinture fut pendant plusieurs années une toile de fond à ses multiples expérimentations médiales, Hélène Delprat en réaffirme ici la prégnance. Comme une obsession à partir de laquelle elle déploie un monde sensible aux formes sinueuses et aux êtres poétiques. 

J'essaie de transmettre la nécessité de déborder, la nécessité de l'excès, la nécessité de l'échec, la nécessité du risque. Ne pas se répéter ou se répéter, mais la nécessité de ne pas forcément se reconnaître. 

J'aime regarder des choses, pas mes peintures. 

Les métamorphoses d’une Œuvre

Hélène Delprat est une artiste qui ne cesse de se métamorphoser, à l’image des créatures d’Ovide que l’on croise si souvent dans ses œuvres. On la découvre lorsque, tout juste sortie de la Villa Médicis dont elle fut pensionnaire après ses études aux Beaux-Arts de Paris, elle expose le fruit de son travail dans « Jungles et loups » à la prestigieuse galerie Maeght. Le tropisme mythologique s'affirme déjà dans ses œuvres, cela notamment à travers la figure d’Actéon qui peuple nombre de ses travaux. Après dix ans dans la galerie, elle quitte le navire pour entamer un nouveau cycle créatif, loin des projecteurs de la scène artistique. La peinture en toile de fond, l’artiste explore les médiums tels que l’écriture, les décors de théâtre, des créations pour la radio, mais aussi la vidéo. Elle s’achète une caméra numérique en 2001 et réalise des films courts tels que Ratafi-Ratamala, Le songe d’une nuit d’hiver, En avant, ou encore Works & Days où l’artiste, entre théâtre et cinéma, fait face à la caméra jour après jour dans son atelier.  En 2001, elle rencontre Nicole Stéphane avec laquelle elle noue une grande amitié, réalise des entretiens, et créé un film intitulé Nicole Stéphane, A displaced person. 

Hélène Delprat a également réalisé des dessins « radiophoniques », elle nous raconte la genèse d'une de ces oeuvres ... 

Je ne sais plus dans quelle émission j'ai découvert l'ermite ornemental, qui est une invention géniale. C'était un personnage qui était loué au 18ème siècle pour figurer dans les jardins anglais et il était déguisé en ermite. Il mangeait du pain, il avait une barbe. C’est un peu paradoxal, l'ermite ornemental. J'étais en train de peindre en écoutant ça et tout d'un coup, je suis vite allée noter parce que quand on peint on oublie tout. D'où la première pièce de l'exposition, qui est une chambre d'ermites ornementale.

L'artiste tient un blog intitulé Days où elle réalise une collection d’article. Elle nous en dis plus sur ces sujets : 

C'est une façon de mesurer le temps. J'ai l'impression d'avoir existé au moins. C'est un cahier de notes en même temps. Mais on oublie tout, tout, tout. C'est mon repère dans le temps. C'est assez rassurant, j'ai l'impression de moins disparaître à mes yeux tout au moins. 

Peintre à ramifications

Peintre à ramifications tel qu’elle se désigne, Hélène Delprat travaille aussi du côté du théâtre. Elle a notamment signé le décor et les costumes de La Résurrection rouge et blanche de Roméo et Juliette de Soni Labou Tansi en 1990, réalisé la scénographie de A propos de Martin de Roger Dumas en 1992, créé les costumes du spectacle de l’Ecole nationale des arts du cirque de Rosny en 2006, écrit Coco (Une Fiction France-Culture interprétée par Edith Scob) et Le cerf des Tranchées. Récemment, elle a imaginé une scénographie et des décors peuplés de créatures enchantées pour Le Grand Théâtre d'Oklahama en 2019.  A travers ses différentes œuvres, l’artiste consolide son monde fantastique et déroutant, hanté par des mythes et des croyances, nourris par la littérature, entre fiction et documentaire. On a pu découvrir ses œuvres dans de multiples expositions, notamment celle décisive intitulée "Did it My Way" à la Maison Rouge en 2017. 

Je ne cherche pas à renouer avec mon enfance.

Peindre, c'est l'inverse de filmer. Quand je me filme, la caméra est finalement à ma place de quand moi je peins. Donc, quand je peins, je regarde, je vois mon support. Et quand je me filme, je suis une peinture. 

Son actualité : Exposition : I HATE MY PAINTINGS [Je déteste mes peintures],  du 10 Octobre -au 7 Novembre 2020 à la Galerie Christophe Gaillard à Paris. Une projection exceptionnelle de son film « Nicole Stéphane, A displaced person » y a eu lieu le dimanche 25 octobre.  Celui-ci devait être projeté au Festival International des Femmes de Créteil en Mars dernier.

Sons diffusés pendant l'émission : 

  • Titres des œuvres d'Hélène Delprat lues par Jean-Louis Trintignant.
  • Atelier de Création Radiophonique “Comment j'ai inventé Edith Scob”, le 9 octobre 2013. Commande du Centre national des arts plastiques et de France Culture pour l'Atelier de Création Radiophonique. Réalisation: Véronique Lamendour. 
  • Extrait du film “Les Enfants Terribles” de Jean-Pierre Melville et Jean Cocteau, séquence à la toute fin du film, avec la voix de Nicole Stéphane. Ce même extrait est utilisé dans l’émission "Création on air" du 17 mai 2018 “Je vous écrirai après votre mort”, d’Hélène Delprat et Véronique Lamendour sur et avec Nicole Stéphane
  • "Comme un garçon" de Sylvie Vartan, chanson écrite par Jean-Jacques Debout et Roger Dumas, sortie sur l’album du même nom en 1967. 
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  • Artiste plasticienne. Professeur aux Beaux-Arts de Paris (Les explorateurs/ Les inventeurs).
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