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Hubert Blanc-Francard

Hubert Blanc-Francard : "J'avais besoin de savoir si j'étais capable de faire de la musique tout seul"

55 min
À retrouver dans l'émission

Plus connu sous le nom de Boombass, Hubert Blanc-Francard est le fondateur avec Philippe "Zdar" du duo de musique électronique Cassius. Au micro d’Arnaud Laporte, il nous raconte sa découverte des sonorités électroniques dans les années 1980, son compagnonnage avec Zdar et ses influences musicales..

Hubert Blanc-Francard
Hubert Blanc-Francard Crédits : Emma Le Doyen - Corbis

Fondateur avec Philippe Zdar du duo de musique électronique Cassius, Hubert Blanc-Francard œuvre depuis plus de vingt ans sous le pseudonyme de Boombass au rayonnement et à l’inventivité de ce qu’on appelle la French Touch. Ce sont ces histoires, la sienne et celle plus grande de la French touch, que l’on découvre dans son premier ouvrage "Boombass, une histoire de la French touch" qu’il vient de signer aux éditions Leo Scheer. Deux ans après le décès tragique de son alter-ego en 2019, Hubert Blanc Francard a décidé de prendre la plume pour témoigner et nous livrer ses anecdotes. Au micro d’Arnaud Laporte, il revient également sur son parcours et ses imaginaires. 

De Hubert à Boombass

Chez les Blanc Francard, la musique est une affaire de famille. Hubert Blanc-Francard est en effet le petit-fils d'un ingénieur du son à la Radiodiffusion française, le neveu d'un journaliste musical, mais surtout le fils du producteur parisien Dominique Blanc-Francard, l’un des plus célèbres réalisateurs artistiques français, et le frère de Mathieu Blanc-Francard que l’on connaît sous le pseudonyme de Sinclair. Tombé dans la marmite donc, le futur Boombass baigne dans le milieu de la production dès l’enfance et bidouille les boîtes à rythmes et les synthétiseurs. En parallèle de leur carrière respective, père et fils œuvrent ensemble à la production musicale de qualité au sein des Labomatic Studios fondés en 1996. 

J'ai réagi très tôt à la musique. Ça m'a fait des émotions vraiment particulières et je pense tenir ça aussi de ma mère qui avait une sensibilité exacerbée.

La fin des années 1980 et le début des années 1990 sont marqués pour Hubert Blanc-Francard par son travail de directeur artistique à Polydor, mais surtout sa rencontre avec son âme frère Philippe Cerboneschi, alias Zdar, avec qui il collabore sur les premiers albums de MC Solaar avant de former le duo de la Funk Mob. A propos de Prose Combat, le deuxième album de MC Solaar qui a scellé leur collaboration, Hubert Blanc-Francard raconte: 

On a compris qu’on était complémentaires tous les deux, aussi derrière la console et sur la production. Philippe a énormément apporté d'idées dans la production de cet album. Il n'était pas juste derrière des boutons à mettre des aigus. Ce n’est pas ça le métier du son. Il a aussi participé à la production, donc c'était vraiment un quatuor. 

Le premier EP au son hip-hop intitulé Tribulations Extra-sensorielles, un mélange d’électro et de hip hop, publié sur le label britannique Mo' Wax, leur met un pied dans la création. Mais c’est toutefois la techno qui fait de Zdar et Boombass des acteurs essentiels de la musique. En 1996, la Funk Mob devient Cassius, duo ambassadeur de la French Touch qui a marqué les générations et rayonné dans le monde entier.

Une figure de la French Touch

Depuis 1999, titre du premier album et année de sa sortie, le duo Cassius a signé cinq albums qui ont marqué les esprits tant Zdar et Boombass ont emmené le champ musical français vers des sphères créatives inédites et leurs hits ont été auréolés de gros succès. Après Au rêve en 2002, l’album 15 again a marqué le virage pop-rock de Cassius. Près de dix ans plus tard, le groupe fait un retour en force avec l’album Ibifornia, un arc-en-ciel pop-house-soul-hip-hop-électro qui syncrétise leur deux lieux préférés, Ibiza et la Californie, et leurs ambiances respectives. 

Philippe était une montagne russe permanente. Ça, je l'ai compris dès le jour où on s'est rencontré. 

On aimait bien appuyer sur l'accélérateur, on avait ça en commun. Mais lui, il ne savait pas l'enlever donc c'est ça qui était intéressant. Ça nous a amenés à faire beaucoup de choses qui n'étaient pas du tout déjà prévues. Sa peur de rien a fait qu'on s'est retrouvé avec des artistes incroyables à faire des choses incroyables. 

Chaque album fut un rendez-vous. Avec le public d’abord, mais aussi avec de nombreux invités tels qu’Etienne de Crécy, M, Pharrell Williams, Sébastien Tellier, Guy-Manuel de Homem-Christo et Eric Chedevile avec Le Knight Club. En parallèle de leur discographie, Boombass et Zdar se sont produits sur de très nombreuses scènes à l’internationale et ont diffusé leurs sons et leurs clips ambitieux à travers le globe.

Il faut énormément travailler toute ta vie pour faire de la musique, mais ce travail doit servir à être rapide au moment où tu crées.

Leur dernier album, Dreems, est sorti en 2019, deux jours après la mort accidentelle de Philippe "Zdar" Cerboneschi, à l’âge de 52 ans. Boombass perd ainsi son collaborateur, son complice, son meilleur ami, en deux mots : son âme-frère. Depuis, seul au commande, il a composé et sorti en 2000 un album titré Virage, sur lequel figure Pour que Tu, mais aussi Regarde Moi ainsi que leur remixes « club », dédiés à son vieux copain, et signé "Boombass, une histoire de la French touch" publié aux éditions Leo Scheer le 25 août 2021.

Son actualité : 

  • Son livre « Boombass, une histoire de la French touch » a paru aux éditions Leo Scheer le 25 août 2021.

Sons diffusés pendant l'émission 

  • “Rudy, a message to you ” de Dandy Livingstone, single sorti en 1967 sur le label Ska Beat.
  • MC Solaar dans l'émission Clique sur Canal le 28 septembre 2021. 
  • "Obsolète" de MC Solaar sur l'album "Prose Combat" - Polydor, 2003.
  • Frank Braley qui interprète “The Man I Love” de George Gershwin sur l'album "Gershwin : Piano Works" - HARMONIA MUNDI, 2005.
  • I <3 U SO - Skream's Made Zdar Feel Like He Was 20 Again Remix.
  • “Cause oui!” de Cassius sur l'album "Dreems" en 2019, featuring Mike D.
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