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Isabelle Cornaro

Isabelle Cornaro : "Dans mon travail, il y a un acte de foi dans la puissance des images"

55 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion des expositions "Infans" à la fondation Pernod Ricard et "L'intervalle des images" au Musée de l'Orangerie, l'artiste plasticienne Isabelle Cornaro revient, au micro d'Arnaud Laporte, sur son parcours, sa production artistique et les réflexions qui nourrissent son œuvre.

Isabelle Cornaro
Isabelle Cornaro Crédits : Annik Wetter

Le travail de l'artiste plasticienne et scénographe Isabelle Cornaro est présenté dans le cadre des expositions "INFANS" à la Fondation Pernod Ricard jusqu'au 31 juillet et "L'intervalle des images" au Musée de l'Orangerie jusqu'au 6 septembre. Le temps d'un entretien au long cours, elle revient, au micro d'Arnaud Laporte, sur sa démarche artistique, son rapport à l'objet et l'image, ainsi que sur ses méthodes de travail.

Sa formation artistique

Si elle a grandi en Centrafrique, c’est à Paris qu’Isabelle Cornaro fait ses études : à l’Ecole du Louvre – où elle se spécialise dans le maniérisme international – puis à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris dont elle est diplômée en 2002. Après avoir été en résidence au Palais de Tokyo à Paris en 2006 puis à l’International Studio & Curatorial Program à New York en 2009, elle remporte en 2010 le Prix de la Fondation Pernod Ricard. 

Le fait de commencer par des études d’histoire de l’art avant d’arriver aux Beaux-Arts (…) m’a donné une grille de lecture très classique : ça m’a donné une approche de l’art contemporain un peu biaisée. J’avais une tendance narrative, figurative, comme dans la peinture ancienne. Donc l’art contemporain me paraissait au début très abstrait et compliqué à comprendre et à lire. Et c’est autour de 2001, à Londres, que j’ai rencontré des personnes qui ont été de très bons conteurs de l’art contemporain : à ce moment-là ça a été un déclic.

Une œuvre à la jonction entre l’art et l’histoire de l’art

Au fur et à mesure de son parcours, Isabelle Cornaro a développé un rapport spécifique aux objets et aux images, questionnant leur nature esthétique, mais aussi sociale et politique : elle s’intéresse aux structures sous-jacentes des œuvres d’art et aux phénomènes d’attribution de valeur à l’art. A travers sa production artistique, qui mobilise autant la vidéo que la photographie, les installations et la peinture, elle développe un art conceptuel qui relève souvent d’une pratique de recomposition et de collage, afin de proposer une nouvelle lecture et une nouvelle perception des objets et des images.

Si mon œuvre est un récit, c’est un récit assez abstrait, et peut être qu’on peut dire qu’il y a une tentative structurelle, c’est-à-dire de penser des structures et ensuite de penser des variations au sein de ces structures. Peut être qu’à la fin ça forme un récit, j’espère. (…) C’est de la recherche. 

A travers sa production filmique, elle propose un récit procédant par associations d’images : s’inspirant du cinéma structurel américain et de ses techniques de montage, ses films se présentent comme des rêves. En peinture, avec la série Reproductions, elle utilise des pigments projetés en spray sur le support pour réaliser des toiles colorées et abstraites, renvoyant à des tableaux anciens. 

Ce qui m’intéresse c’est l’idée de la métamorphose et de l’informe qui se forme, qui devient vague et qui se déforme, et le passage de l’informe à la forme qui est la raison pour laquelle je fais parfois des compositions d’objets ou de cadres hyper structurés, mais dans lesquels viennent se glisser des coulées de peinture. Il y a toujours une arrivée de l’informe dans quelque chose qui au départ est lisible. 

Enfin avec sa série d’installations des Paysages, elle se sert autant d’objets que de cimaises et de socles pour représenter de manière abstraite et schématique des œuvres d’art, notamment des paysages de Poussin, afin de rendre visible la structure de représentation et la construction même du regard.

C’est une installation : c’est une sculpture immersive, on la voit d’abord comme une image vraiment construite, comme un paysage en perspective, selon la peinture occidentale classique et ensuite on peut se déplacer à l’intérieur, ce qui fait qu’on change de point de vue et que toute cette image se déconstruit. (…) Et puis les socles et les cimaises sont à la fois des socles et des cimaises, mais ils font aussi référence à l’art minimal et aussi au display muséal, mais aussi commercial. J’aime bien l’ambivalence de ces objets, c’est-à-dire qu’on voit plusieurs choses en même temps et que d’une certaine manière tout ce qu’on identifie se désidentifie en même temps. 

Son actualité : l'exposition "Isabelle Cornaro, l’intervalle des images" est présenté du 2 juin au 6 septembre 2021 au Musée de l’Orangerie.
L'exposition "INFANS", est présentée à la Fondation Pernod Ricard du 22 juin au 31 juillet 2021.

Sons diffusés pendant l'émission

  • Claire Denis au micro d’Arnaud Laporte dans "Tout arrive", diffusé sur France Culture le 24 mars 2010.
  • Lawrence Weiner, extrait du reportage sur l’exposition "Quand les attitudes prennent forme", 1969.
  • "L.E.S Artistes" Santigold, 2008.
  • Claire Denis au micro d’Arnaud Laporte dans "Tout Arrive", diffusé sur France Culture le 18 février 2009.
  • "Love is a drug", Roxy Music, Siren, 1975.

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