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Isild Le Besco

Isild Le Besco : "Les rencontres fabriquent les œuvres"

55 min
À retrouver dans l'émission

L’insaisissable actrice, réalisatrice, scénariste mais aussi autrice Isild Le Besco nous emmène, au micro d’Arnaud Laporte, dans les coulisses d’une œuvre plurielle. Cet automne, elle co-signe "Frères" avec Jean-Paul Krassinsky, un conte initiatique à découvrir au rayon jeunesse.

Isild Le Besco
Isild Le Besco Crédits : Haik Kocharian

Isild Le Besco, bien connue pour ses rôles chez Emmanuelle Bercot et Benoît Jacquot mais aussi pour ses propres réalisations, co-signe avec Jean-Paul Krassinsky un nouvel ouvrage au rayon jeunesse intitulé Frères. Habituée à puiser dans le matériau familial pour nourrir ses arts comme l’avait exemplairement démontré son précédent opus S’aimer quand même, elle livre aujourd’hui un conte initiatique sur l’insouciance. Nous voici plongés dans le quotidien de jeunes garçons, avec une mère qui disparaît subitement de l’horizon, contraints donc de se débrouiller seuls. Une métaphore de l’autonomie couplée avec un éloge de la nature à découvrir aux éditions Ecole des Loisirs.

Ces enfants dans "Frères", ils ont tous une faille. Ils vont devoir voyager quelque part en eux-mêmes et affronter cette faille là pour grandir.  

L’art comme ancrage dans le monde

Pour Isild Le Besco, l’art s’est d’abord imposé comme un refuge. Entourée de ses quatre frères et sœurs parmi lesquels l’actrice et réalisatrice Maïwenn, Isild Le Besco connaît une enfance et une adolescence pour le moins tourmentées.  Elle prend dès le collège le chemin des plateaux de tournages avec une envie viscérale de passer derrière la caméra. Jouer, réaliser et produire devient une quête pour elle, un moyen de trouver un ancrage dans le monde et de transmettre quelque chose de son âme. 

L'art, c'est essentiel pour moi, mais c'est plus profond que ça. Pour moi, c'est vraiment un langage, c'est à dire que c'est automatique. Voir autour de moi des personnes, des objets, de la météo, me donne toujours envie de les retransformer pour les figer dans quelque chose d'artistique et de beau. 

L'autonomie est le fait d'avoir le sentiment de trouver une voie.

C’est Emmanuel Bercot qui lui offre très vite cette opportunité et révèle son talent précoce au public avec les courts-métrages La Puce (1996), Les Vacances (1997), puis le long-métrage Backstage qui lui vaut le prix de la meilleure actrice au Festival international du film de Thessalonique. A la même période, Benoît Jacquot fait d'elle son égérie et lui réserve des rôles dans tous ses films, de Sade à Au fond des bois en passant par L’Intouchable. En parallèle de ces deux collaborations emblématiques de sa carrière, on a pu retrouver sa présence insaisissable et son air mutique chez Cédric Kahn pour Roberto Succo, dans Une nouvelle amie de Ozon ou encore Mon roi de Maïwenn. 

Il y a toujours la muse ou quelque chose qui donne envie d'écrire, de faire émerger, de filmer, de peindre, de dessiner. Quelque chose qui nous semble mystérieux à nous-mêmes ou gracieux. Et souvent, il arrive que les peintres et les réalisateurs changent de muse. Parce qu'à un moment donné ils ont le sentiment d'avoir perçu, compris ou eu le mystère de leur muse. Et donc, ça passe sur quelqu'un d'autre qui devient à son tour mystérieux.  

Une autrice plurielle

A seulement 21 ans, Isild Le Besco accomplit son rêve d’enfant en réalisant Demi-Tarif en 2004. En tant que réalisatrice et scénariste, elle signe ensuite Charly, Enfances, Bas-Fonds, Little boy et La Belle Occasion en 2017. Autant d’œuvres au sein desquelles elle explore la violence, les failles et les fêlures intérieures de ses personnages, souvent marginaux, perdus, dépourvus de tout ou sous emprises. Elle y affirme un regard singulier, à la fois intransigeant et instinctif, et se tient toujours à l’écart du système et des circuits traditionnels. 

D'actrice, Isild Le Besco se retrouve ainsi directrice d'acteurs et d'actrices à son tour :

J'essaie de valoriser ce que les acteurs veulent me donner. J'aime bien travailler avec des gens généreux qui veulent donner beaucoup et où on est partenaire du film ensemble.

Ces collaborations sont au cœur de son processus de création. L'artiste raconte comment elle choisit tel ou tel mode d'expression pour ses œuvres : 

Ce sont les rencontres qui font ça, c'est à dire qu'il y a des gens qui sont structurellement là pour rendre concret les choses. Il y en a d'autres qui sont là pour être des muses, d'autres qui sont là pour initier des choses, d’autres pour les gérer. Les rencontres fabriquent les œuvres.

L’actrice, réalisatrice, productrice, scénariste, mais aussi peintre et dessinatrice, raconte avoir toujours eu envie d’écrire. En 2007, elle signe Sang d’encre et illustre l’année suivante Vie érotique, un roman écrit par Delphine de Malherbe. En 2018, elle publie S’aimer quand même, un livre patchwork où elle livre ses réflexions sur la construction chaotique de son identité féminine et sa volonté de rompre avec le poids familial. On a également pu découvrir ce récit sur les planches avec 70 heures pour s’aimer quand même, un spectacle qui oscille entre le théâtre et la danse, porté par Isild Le Besco, Elodie Bouchez, Lolita Chammah, Capucine Goust et Tran Nu Yên-Khê. 

Les œuvres sont souvent connectées, sans même que je sache, à mon parcours. J'ai l'impression que c'est un peu automatique pour tous les artistes. En tout cas, pour moi, c'est toujours souvent plus fort sans que je le veuille, ça transparait.

Son actualité : Livre jeunesse : “Frères” d’Isild Le Besco et Jean-Paul Krassinsky, édition Ecole des Loisirs.

Sons diffusés pendant l'émission :

  • Extrait de l'interview d'Isild Le Besco par son petit frère Kolia, tourné en aout 2000 à la sortie de Sade.
  • Benoît Jacquot parle de son rapport avec les actrices au micro de Laure Adler dans l'émission Hors-Champs diffusée le 3 novembre 2011.
  • Extrait du portrait de Charlotte Rampling qu'Isild Le Besco a réalisé pour Arte dans la série Carte Blanche. 
  • Que sera, sera (Whatever Will Be, Will Be) par Doris Day. Bande originale de L'Homme qui en savait trop, d'Alfred Hitchcock (1956).
  • La chanson/clip En mon cœur créée par Isild Le Besco pour la Fondation des femmes.
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