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Katia et Marielle Labèque

Katia et Marielle Labèque : "Un concert, c'est un peu comme un voyage"

54 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de la sortie de leur dernier album « Glass - Labèque / Les Enfants terribles », les pianistes Katia et Marielle Labèque sont au micro d’Arnaud Laporte pour un entretien au long cours sur le parcours et le processus créatif.

Katia et Marielle Labèque
Katia et Marielle Labèque Crédits : Anais Hallier

Le célèbre duo de sœurs pianistes Katia et Marielle Labèque signent Les enfants terribles, d’après l’opéra de Philip Glass, chez Deutsche Grammophon. Le trente-sixième disque d’une carrière foisonnante,  marquée par une grande liberté dans le choix du répertoire comme l’illustre cette nouvelle collaboration avec l’un des pionniers de la musique minimaliste. Une vocation à deux donc, mais surtout l'accomplissement d'un rêve tel que nous le suggère une plage du disque intitulée « They live their dream » qui résonne comme une véritable assertion pour l'inséparable duo.

Couverture de l'album Glass-Labèque, Les enfants terribles
Couverture de l'album Glass-Labèque, Les enfants terribles Crédits : Anais Hallier

A quatre mains

Deux sœurs, quatre mains, des récitals à travers le monde et des collaborations avec les plus grands compositeurs, les pianistes Katia et Marielle Labèque ont derrière elle plus de cinquante ans de carrière. Biberonnée par Fauré, Verdi ou encore Puccini que jouent leur mère la pianiste italienne Ada Cecchi, les sœurs Labèque s’emparent à leur tour du piano. Katia Labèque nous en dit plus à ce sujet :

On a eu une mère extraordinaire qui nous a fait aimer la musique. La musique était présente constamment, on écoutait des opéras, c'était très joyeux, il y avait tout le temps des élèves qui venaient jouer. […] Notre professeur, c'est maman. C'était elle qui nous a appris, qui nous a suivis. C'est elle qui nous a donné ce goût de la musique et la discipline de travail. 

Après avoir remporté le premier prix au Conservatoire de Paris, elles enregistrent Visions de l’Amen d’Olivier Messiaen. Marielle Labèque raconte cette rencontre : 

On était au Conservatoire et Olivier Messiaen est passé par là. Il a tapé, il nous a entendus jouer et il est rentré dans la salle. Et finalement, il a voulu qu'on joue pour lui parce qu'il y avait ce projet d'enregistrer lui-même avec sa femme Yvonne Norio Visions de l'Amen. Lui ne pouvait plus jouer donc il a proposé à l'une des deux de jouer sa femme mais nous ne voulions déjà pas nous séparer. Il nous a donc proposé qu'on l'enregistre et il était lui-même le producteur. On a eu beaucoup de chance de commencer par un premier disque sous la direction du compositeur lui-même. C'était formidable. 

Le premier mentor d’une longue liste qui compte entre autres Pierre Boulez, Richard Dubugnon, Luciano Berio, Philippe Boesmans, Thomas Adès, Philip Glass, et bien d’autres. Dès le début de leur carrière, les sœurs Labèque s’attaquent au répertoire contemporain dont elles ont fait, encore aujourd’hui, leur bastion. C’est à la suite d’une première tournée aux Etats Unis qu’elles découvrent Gershwin et décident d’enregistrer chez Philips la célèbre Rhapsody in Blue en 1980 : l’album devient Disque d’or en moins de six mois. 

En symbiose

Si Katia Labèque a brillé en solo du côté du jazz à plusieurs reprises notamment épaulée par Herbie Hancock ou encore Sting, le duo continu invariablement et est à l’affiche de toutes les salles. Marielle Labèque nous explique une des difficultés du duo de pianos:  

C'est plus facile de jouer du piano avec un instrument à cordes ou avec un chanteur. Deux pianos c'est vraiment comme deux instruments de percussion. Ce qu'il y a donc d'intéressant dans le deux pianos, c'est de les faire comme un orchestre et de se dire qu'une joue à la clarinette ou une ou une partie de violons.

De la musique ancienne au minimalisme, elles ont à leur actif un panthéon musical considérable, autant marqué par de nombreux disques et récitals en duo avec un répertoire éclectique que par des collaborations avec des artistes et des orchestres du monde entier. En 2005, les sœurs créent leur propre fondation à Rome afin de soutenir la création contemporaine aussi bien en musique qu’en art vidéo ou en danse. Pour plus d’indépendance, elles fondent également en 2007 leur propre label KML. 

Katia Labèque nous explique que la capacité de toujours apprendre est une faculté très importante dans leur art : 

En travaillant avec quelqu'un comme Thom Yorke, on se rend compte que les gens qui ne savent pas lire la musique ont parfois une supériorité, parce qu'ils ne divisent pas le temps d'une façon métrique. Ils pensent la musique différemment. Le seul inconvénient de notre système d'éducation musicale, c'est que tout est sur une partition et tout est divisé métriquement. Personnellement, je recherche encore ça plus que tout le reste. C'est quelque chose qui m'a obsédé d'arriver à comprendre comment quelqu'un comme Thom Yorke, comme Paco de Lucia, arrive à faire de la musique à un tel niveau, sans lire, sans écrire la musique. Je trouve ça extraordinaire.  

Leur actualité : disque : Glass - Labèque / Les Enfants terribles chez Deutsche Grammophon, sorti le 23 octobre 2020.

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