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Laure Calamy

Laure Calamy : "J’ai le sentiment d'être une passeuse entre les morts et les vivants"

56 min
À retrouver dans l'émission

Au micro d'Arnaud Laporte, Laure Calamy revient sur les étapes qui ont jalonné son parcours et qui l’ont conduit à devenir l'actrice et comédienne française qu'elle est aujourd'hui.

Laure Calamy
Laure Calamy Crédits : Stephane Cardinale - Corbis - Corbis

Née à Orléans en 1975, Laure Calamy est une comédienne et actrice française. Enfant, elle voulait être « dame de cirque ». C’est pourtant vers le théâtre qu’elle s’oriente par la suite lorsqu’elle découvre sur les planches la sensation de communion avec le public.  

C'était un souvenir de colonie de vacances. Nous avions un petit spectacle muet. J'étais un Pierrot qui devait décrocher la lune, à huit ans. J'étais masqué, accroupie, le visage caché, puis je me relevais face aux gens et d'un coup, j'ai vu à travers mon masque tous ces visages qui attendaient que quelque chose se passe. Je me suis senti investi d'une mission extraordinaire. J'ai eu ce sentiment d'être la passeuse qui a commencé à raconter cette histoire. Ça a été extrêmement fort et émouvant. Je me suis dit c'est là que je veux être.

J’ai le sentiment d'être une passeuse entre les morts et les vivants et de pouvoir rechercher cette espèce de traversée du feu ensemble avec les gens qui nous regardent. C'est la recherche d'une communion. 

Le bac en poche, Laure Camaly entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique où elle rencontre Olivier Py ainsi que Vincent Macaigne. Au théâtre, le premier la dirige dans Au monde comme n’y étant pas (2001), dans Orlando ou l’impatience (2014-2015), et Les Parisiens en 2017. Au cinéma, le deuxième la dirige dans le moyen métrage Ce qu’il restera de nous et plus tard dans le film Pour le réconfort en 2017. C’est le film Un monde sans femmes de Guillaume Brac qui lui offre son premier vrai rôle au cinéma. Elle a tourné beaucoup de films et joué dans de nombreuses pièces. 

Entre tous ses films, on peut a notamment pu la voir dans rôle d’une mère dépassée par son adolescente dans Ava de Léa Mysius pour lequel elle est nominée au césar du meilleur second rôle féminin en 2018. La même année, elle remporte un Molière pour sa prestation dans Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux mis en scène par Catherine Hiegel. 

Dotée d'une énergie sans égal, Laure Calamy n’hésite pas à jongler entre les registres et à incarner des personnages hauts en couleurs : 

Il y a une sorte d'état de transe que je ressens, que je recherche quand je suis sur scène. Il faut que le corps soit un champ de bataille, je secoue la carcasse pour qu'elle se déploie et qu'elle soit amorale, qu'elle soit impolie, que quelque chose advienne. [...] Cet état de transe est comme une transe sexuelle. Je me sens au-delà des sexes et je joue de ces codes-là. Ce sont des rôles que je joue comme dans la vie on joue tous des rôles. On n'est pas le même avec ses parents, on n'est pas le même avec les gens de votre émission... C'est toute cette multiplicité et en même temps c'est cette manière de tendre à quelque chose de profondément humain qui est au-delà des sexes.

Elle est aujourd’hui reconnue pour son rôle dans Dix pour cent depuis 2015 sous les traits de Noémie, une assistante gaffeuse d’une agence d’agents artistiques qui est follement éprise de son supérieur. C’est aujourd’hui dans un tout autre décor, celui verdoyant des Cévennes, qu’on la retrouve. Elle y interprète le rôle d’Antoinette, une institutrice qui s’engage dans une randonnée solitaire où elle fait toutes sortes de rencontres rocambolesques. Un périple hilarant qui ne manque pas d’audace, à l’image du parcours de l’artiste. 

A propos de la construction de son personnage, elle explique : 

Pour ma part, je dirais qu'il y a deux temps. Avant le tournage, il y a le temps du rêve et des prémonitions. Et puis, pour moi, le temps extrêmement important c’est celui de l'ici et maintenant du tournage que je ne peux pas et ne veux pas prévoir. Avec Caroline on s'est très peu parlé à vrai dire. J'ai un peu de pudeur d'ailleurs à parler du personnage parce que j'aime jouer avec mes secrets. La psychologie m'emmerde, ça ne m'intéresse pas. 

Sous les traits d'Antoinette, Laure Calamy déploie une palette d'émotions dont elle-seule a le secret ... 

Je pense que dans la vie, on ne choisit pas. Tout est mêlé. D'un instant à l'autre, on rit pour cacher l'effondrement et inversement. Parfois, on pleure, puis ça nous donne envie de rire après. Rions de la mort, de notre condition. Comme disait Desproges, l'homme n'est que poussière, d'où l'importance du plumeau. Il ne faut pas avoir peur d'être cette poussière. C'est cette chose tellement ridicule et en même temps, il faut l'embrasser totalement.

Actualité : 

  • Film: Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal, en salles  le 16 septembre 2020.

Sons diffusés pendant l'émission : 

  • Jean-Marc Reiser sur l'engagement politique des artistes, au micro de Bernard Pivot, APOSTROPHES, le 6 novembre 1981. 
  • Extrait de “La cage aux folles”, avec Jean Poiret et Michel Serrault.
  • Big Brother and the Holding Company, « Piece of my Heart », 1968, sur « Cheap Thrill ».

Générique de l’émission : Succession, Season 1 (HBO Original Series Soundtrack) de Nicholas Britel.

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