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Lou Doillon

Lou Doillon : "La musique me donnait la possibilité de devenir un vecteur d’émotions"

55 min
À retrouver dans l'émission

Lou Doillon revient, au micro d'Arnaud Laporte, sur le processus de création d'une œuvre plurielle. Elle signe « Look at me now », un EP affranchi et incandescent.

Lou Doillon
Lou Doillon Crédits : Melissa Phulpin

Sur les ondes tous les dimanches depuis septembre pour y recevoir des artistes de tous les horizons, Lou Doillon se prête à l’exercice à son tour au micro d’Arnaud Laporte. Elle signe cet automne un disque intitulé Look at me Now. Une injonction à laquelle on se rend volontiers tant l’artiste livre à son public un rock résolument authentique et intime, porté par un premier clip (Claim Me) qu’elle a entièrement réalisé et dessiné. L'artiste a en effet ajouté le dessin à son éventail de supports d'expressions et l'a dernièrement mis au service de l'ouvrage mythique Just Kids de Patti Smith. Une réédition anniversaire aux éditions Denoël sublimée par vingt-deux illustrations à l'encre fine de Lou Doillon, comme un hommage à l'œuvre de l'iconique musicienne et poétesse rock à laquelle elle doit tant. 

Look at me Now est un disque entièrement produit par sa structure Patchmywork et enregistré au retour de sa tournée australienne au Studio Pigalle. L'artiste nous explique les raisons pour lesquelles elle a choisi de s'auto-produire :  

Il y a un retour à l'artisanat qui me plaît beaucoup. Il y a eu évidemment des moments de grande détresse, de grande panique. J'ai eu Jacques Doillon, mon paternel, comme merveilleux confident qui m'a dit "Ecoute, tu te lances dans l'auto-prod’, c'est un enfer, et en même temps, ce n’est peut-être pas si mal que de dialoguer avec soi et d'essayer d'aller au bout de cette chose-là". Effectivement, c'est un hommage à tous les gens qui m'ont formée. J'ai vu ma mère auto-produire son premier film, j'ai vu Varda toujours s'auto-produire. Je me suis dit rendons hommage à cette ancienne manière de joyeusement se mettre au travail, voire de se mettre en péril par moments.

L'artiste, plurielle à l'image de ses œuvres, analyse les liens qu'entretient sa pratique de la musique avec celle du dessin : 

Je dessine à la main levée, comme on dit, donc il n'y a pas de croquis, il n'y a pas d'étude. J'y vais. Et ce trait fait terriblement peur parce que c'est un seul trait qui délimite le plein du vide. Ma manière de faire la musique, c'est à peu près la même chose. J'aime autant le silence que le son. Dans mes albums, il y a beaucoup de silence, mais parce que je trouve ça aussi musical que le son.

Il y a des sentiments qui vont réussir à sortir en chansons, d'autres qui vont réussir à sortir un dessin. Le rien sort mieux en dessin qu'en chanson. Mais il y a quelque chose de l’ordre de la ritournelle. Je dessine à peu près les mêmes choses d'une manière maniaque. Je joue à peu près les mêmes choses d'une manière maniaque. J'en reviens presque toujours à cette étrange délimitation fragile entre le plein et le vide et d'essayer de travailler dans la zone de gris. Je pense que ce sont toutes les sensibilités et toutes les options entre le noir et blanc qui m'amusent le plus. 

La merveille de la musique, c'est que l'inconscient est au travail, alors qu'en dessin, j'ai l'impression que c'est vraiment le réel, ce qui nous entoure, qui est sacralisé. 

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Touche-à-tout

La chanteuse mais aussi comédienne Lou Doillon s’est frottée à de nombreux supports d’expressions. Baignée de musique et de cinéma dès son plus jeune âge par sa mère Jane Birkin et son père Jacques Doillon, elle s’affirme rapidement comme l'une des leurs dans la sphère artistique. 

Il y avait quelque chose de terriblement artisanal de voir cette bande au travail. J'ai beaucoup de membres de ma famille qui sont peintres, dessinateurs, plasticiens, écrivains. Donc j'ai vu des gens se mettre au travail et ça, ça m'a toujours donné envie.  

C’est Agnès Varda qui lui offre son premier rôle devant la caméra à 5 ans dans Kung Fu Master. Une première expérience dans le monde du cinéma qu’elle réitère dans Trop (peu) d'amour sous la direction de son père. En 2001, elle tourne à nouveau avec lui dans Carrément à l'ouest en même temps qu’elle joue dans Mauvaise Fréquentation de Jean-Pierre Améris. Elle s’est depuis illustrée dans une vingtaine de films, tels qu’Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc, Blanche de Bernie Bonvoisin, Go Go Tales d'Abel Ferrara, ou encore Boxes la première réalisation de Jane Birkin en 2007, et Gigola de Laure Charpentier en 2011. 

En parallèle du cinéma, Lou Doillon entretient un lien étroit avec la mode. Elle collabore et joue l'égérie avec de grandes maisons dès son plus jeune âge. Elle fait également quelques apparitions sur les planches des théâtres, notamment dans Lettres intimes en 2007 et L'Image de Samuel Beckett mis en scène par Arthur Nauzyciel en 2011. 

Une artiste qui a trouvé sa voie/voix

C’est à la trentaine qu’elle trouve finalement sa voie en révélant la sienne, incandescente. Sous le chaperon d’Etienne Daho, elle se lance alors dans l’aventure de la musique à son tour. Son premier album intitulé Places (2012), entre le folk-blues et la pop-rock, est plébiscité et acclamé au point de remporter une victoire de la musique en 2013. Forte de ce succès, Lou Doillon confirme l’essai avec l'élégant album Lay Low (2015), plus rugueux et vénéneux que le précédent, pour lequel elle a travaillé avec Taylor Kirk du groupe Timber Timbre. 

La musique me donnait la possibilité de me remettre en question tous les soirs, d'essayer de donner le plus possible, de prendre bien évidemment parce que c'est un échange, mais d'essayer de devenir un vecteur d'émotions.

En 2019, on retrouve sa voix éraillée dans un tout autre style davantage tourné vers l’électronique pour son troisième album Soliloquy. Elle a travaillé dessus avec les producteurs Benjamin Lebeau de The Shoes et Dan Levy de The Do. 

Plus ça va, plus ça m'amuse vraiment maintenant de m'être détachée du regard qu'on a sur moi et d'avoir juste envie d'être une sorte d'antenne qui transmet du sentiment. Avec sa propre musique on est profondément dans ses propres couleurs et d'une certaine manière. Par moments, j'ai hâte de me remettre au travail pour quelqu'un d'autre, de rentrer dans l'imaginaire de quelqu'un d'autre. Mais là, je suis au service de mon propre imaginaire.

Ses actualités :  

  • Sortie de son EP _Look at me now_, autoproduit, composé de trois titres.
  • Réédition de Just Kids de Patti Smith illustrée par Lou Doillon, aux éditions Denoël, sortie le 18 novembre 2020.

Sons diffusés pendant l'émission : 

  • La musique de Snow man (1982 - livre pour enfant), introduction parlée de David Bowie.
  • Miss, plage 3 du dernier EP Look at me Now de Lou Doillon.
  • Extrait d’une conférence de Gilles Deleuze donnée en mai 1989.
  • Extrait du documentaire Louise Bourgeois, une vie réalisé par Camille Richard en 1993.
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