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Marie Desplechin

Marie Desplechin : "Le loisir est devenu mon existence et ma liberté"

55 min
À retrouver dans l'émission

Marie Desplechin est une auteure connue des jeunes lecteurs, et de certains parents. Son œuvre éclectique, volontiers engagée, plusieurs fois récompensée, est façonnée par un intérêt pour l’intime, la jeunesse et les questions sociales.

Marie Desplechin
Marie Desplechin Crédits : Thierry Dupiéreux

En cette fin d’année 2020, Marie Desplechin a publié un nouveau roman pour enfants à L’École des loisirs. La Capucine est le troisième portrait d’une jeune fille en quête d’émancipation au XIXème siècle, après Séraphine et Satin Grenadine.

Le « roman jeunesse », c’est ce qui a lancé Marie Desplechin dans l’écriture de fictions. Son premier livre, Le Sac à dos d'Alphonse, a été publié en 1993. 

Si on écrit pour les enfants, il faut que vous ayez gardé pour de mauvaises raisons ce lien relativement efficace. On peut s'adresser à différents âges, ce n'est pas le même travail car pas la même enfance. Vous gardez un lien avec une certaine période de l'enfance. J'ai ce "truc" là. 

En novembre dernier, le Salon du Livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis lui a décerné le prix de La Grande ourse pour « célébrer une œuvre pleine d’humour et d’humanité, de tendresse et d’engagements, dont l’écriture explore avec brio, différents styles littéraires ». 

Des récits engagés

Si la variété des styles de récits marque la production de Despelchin, cette dernière est aussi une auteure qu’on peut qualifier d’engagée. Née en 1959 à Roubaix, elle grandit dans une famille de militants du Parti socialiste unifié (PSU). 

Mon père, en lisant mon livre "La Capucine", a pensé à sa grand-mère, Nana, née en 1870. Les héroïnes de ce livre sont nées en 1870. Ce récit vient des récits idéalisés de mon père. C'est en ça que l'enfance est la source et la matière de ce que vous produisez par la suite. 

Je relis des livres très fréquemment. Il y a des tas de bouquinistes à Paris, il y a des bibliothèques qui se retrouvent sur les trottoirs. C'est un tel plaisir de les retrouver, il y a des livres qui résistent et qu'on relit toute sa vie. Jules et Jim ne s'est jamais cassé. 

Aujourd’hui, elle assume des positions écologistes. En 2017, elle était la suppléante d’un candidat vert à Paris lors des élections législatives. Pas de quoi étonner les jeunes lecteurs de Ne Change jamais !, un livre paru en 2019. Conseillé à la vente pour les 8-11 ans, il célèbre l’audace et l’intelligence des enfants et des adolescents dans le contexte de la crise environnementale. 

Desplechin a aussi écrit « pour les grands ». Plus d’une dizaine de titres publiés depuis 1995 et Trop sensibles, aux éditions de L’Olivier. Sans moi (L’Olivier), histoire intime d’une solidarité entre deux femmes parue en 1998 a reçu un franc succès et l’a fait connaître du grand public. 

Le travail collectif et le journalisme

Impossible de ne pas remarquer, dans la bibliographie de l’auteure, la part importante de récits écrits à quatre mains et de participations à des ouvrages collectifs. La rencontre marque visiblement sa démarche. 

J'ai jamais su ce que je voulais faire, je n'ai pas "trouvé ma voie", mais le loisir est devenu mon existence et ma liberté. 

En littérature jeunesse, elle a co-écrit Enfances (L'École des loisirs) avec le célèbre Claude Ponti. Elle a collaboré avec Lydie Violet, pour La Vie sauve (Seuil), couronné par le prix Médicis essai 2005. Sa première formation de journaliste ne l’a pas complètement quitté. Elle a cosigné Danbé (Calmann-Lévy), un récit biographique avec la boxeuse et écrivaine Aya Cissoko. Pour La Classe (Odile Jacob), plongée dans les interrogations sociales des jeunes, elle a collaboré avec des étudiants et des élèves lillois.  

La curiosité et la variété des interventions de Desplechin l’ont aussi poussé vers les rives du cinéma. Elle travaille ainsi au scénario de Voyage en Arménie avec Robert Guédiguian et Ariane Ascaride. 

Sons diffusés dans l'émission : 

  • "Symphonie des jouets - Allegro”, de Leopold Mozart (2’59’’) Gidon Kremer : Violon et direction Orchestre : Kremerata Baltica
  • Archive “Allo Ménie !” RTL en 1967 
  • Eminem “Cleanin’ out my closet”,  Album : Cleanin' out my closet (2002)

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