LE DIRECT
Nine Antico

Nine Antico : "Je ne peux aller vers les choses que si elles se passent simplement"

55 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de la sortie en salles le 2 juin de son premier long métrage, Playlist, l’autrice et dessinatrice de bande dessinée Nine Antico revient, au micro d’Arnaud Larpote sur son parcours, de la BD au cinéma.

Nine Antico
Nine Antico Crédits : Joel Saget - AFP

Le 2 juin sortira en salles Playlist avec Sara Forestier et Laetitia Dosch. A cette occasion, la réalisatrice Nine Antico, mieux connue comme autrice et dessinatrice de bandes dessinées, revient au micro d’Arnaud Laporte sur son parcours artistique, ses sources d’inspiration, et sur ce passage à la réalisation.

Ses débuts dans la bande-dessinée

Depuis l'adolescence, Nine Antico dessine les gens, noircissant ses carnets de notes de situations prises sur le vif. Fan de rock, elle dessine aussi ses idoles lors de concerts, et publie ses dessins dans son fanzine Rock This Way. Après avoir commencé plusieurs formations et cumulé les petits boulots, elle trouve un poste d'assistante aux Edition Cornelius où elle découvre, sur le tard, la bande dessinée et certains de ses grands représentants comme Daniel Clowes ou encore Ludovic Debeurme. 

Je dessine depuis l’enfance des personnages féminins, des femmes en costumes d’époque. J’avais un livre sur les costumes et j’adorais les grosses robes avec des corsets et des froufrous, des petits chapeaux. Je recopiais aussi les bons points avec des images. (…) Mais je ne faisais pas de récit. Ça c’est venu vers la vingtaine. Le récit est venu d’abord en extirpant des mots, des phrases des portraits des gens que je faisais. Au fur et à mesure ça s’est découpé en dialogues, c’est venu lentement et sans que je le voie arriver. D’abord c’était de l’illustration avec des phrases et c’est devenu au fur et à mesure de la bande dessinée.

L’univers de Nine Antico

C’est en 2008 qu’elle publie son premier album, Le Goût du Paradis (Ego Comme X), un récit autobiographique de son enfance et son adolescence à Aubervilliers. Se nourrissant de l’imagerie des années 1950 à 1970, elle développe un graphisme qui se caractérise par son dessin précis, fin et expressif, ses cases rondes, et les visages à demi effacés de ses personnages. 

Plus documentaire, son second ouvrage, Coney Island Baby (2010, L’Association) croise les biographies romancées de Betty Page, pin-up des années 1960, et de Linda Lovelace, star du porno des années 1970. Dans son travail, Nine Antico s’attache en effet à dépeindre les ambiguïtés et les contradictions de la condition féminine, notamment dans le rapport à la séduction et la quête de l’amour. Ainsi dans Girls don’t Cry (2010) suivi de Tonight (2012) puis d’America (2017), parus aux Editions Glénat, elle puise dans sa propre expérience pour raconter les histoires d’un trio de jeunes femmes, leur amitié et leurs relations amoureuses bancales, se saisissant des subtilités et des détails de la vie quotidienne pour mettre en avant la complexité de ses personnages. 

C’est un sujet qui n’en finit pas de me travailler même si je suis allée vers des personnages masculins - ce qui m’a couté - pour me donner confiance en moi. (…) La condition féminine, moi mes interrogations… du coup je m’inspire de vies de personnes comme Betty Page, Linda Lovelace ou la groupie Pamela Desbarres, dans lesquelles il y a des questions qui me touchent moi. Elles ont toutes en commun d’être plutôt des girls next door, des stars anonymes, et de la culture populaire. (…) Quand j’ai lu Confessions d’une groupie (…) j’ai trouvé ça à la fois sensible, drôle, lucide et j’aime bien ça : le fait de s’interroger sur ce qu’on est en train de ressentir, tout en ne s’empêchant pas de vivre avec intensité, même quand on sait qu’on fait fausse route. 

Avec Autel California (2014 et 2016, L’Association) puis Il était deux fois Arthur (2019, Editions Dupuis), elle poursuit sa démarche documentaire, se nourrissant d’un important travail de recherche et de documentation. 

Vers la réalisation

Depuis quelques années, Nine Antico s’essaye à la réalisation. En 2013, elle adapte en effet Tonight (2012) dans un court métrage qui sert de prologue à Playlist, son premier long métrage, coécrit avec Marc Syrigas, mettant en scène les comédiennes Sara Forestier et Laetita Dosch. 

J’aime bien qu’un film se balade à plusieurs endroits. J’adore le cinéma italien des années 1960, parce que je trouve qu’il avait vraiment cette force avec des films qui parlaient de la société, drôles mais qui pouvaient aussi être extrêmement cruels et j’avais envie de faire un film comme ça, où on peut être ému, rire, que ça se balance et qu’on zigzague dedans. 

Je pense que ce que je raconte avec ces personnages ce n’est pas strictement contemporain. C’est vraiment une quête de liberté.

Son actualité : sortie en salles le mercredi 2 juin de son premier long métrage, Playlist, coécrit avec Marc Syrigas, et mettant en scène les comédiennes Sara Forestier et Laetitia Dosch.

Sons diffusés pendant l'émission

  • "Femme fatale", Tracey Thorn, A distant shore (1982).
  • "Boys Don’t Cry", The Cure, Three Imaginary Boys, (1979).
  • "True Love Will Find You In The End", Daniel Johnston.
  • Ettore Scola dans le Journal de TF1 au Festival de Cannes, au micro d’Alain Beverini en 1976.
  • Extrait de L’homme qui aimait les femmes, François Truffaut, 1977.
  • "A. team", Lispector, Side by Side 2010.

Chroniques

19H20
8 min

Affaire en cours

Les robots peuvent-ils avoir de la vertu ?
19H50
5 min

Affaire à suivre

Cécile Backès questionne avec humour les lois de la gravité
Intervenants
  • Autrice de bande dessinée, cinéaste et illustratrice
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......