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Pascal Rambert

Pascal Rambert : "On n'est pas obligé d'être tenu dans une forme "

55 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de sa tournée et de son nouveau spectacle Mes frères au Théâtre de la Colline, immersion dans la fabrique artistique de l’homme de théâtre Pascal Rambert au micro d'Arnaud Laporte.

Pascal Rambert
Pascal Rambert Crédits : Jean-Louis Fernandez

Son actualité est foisonnante, à l’image de ses œuvres. Le dramaturge, metteur en scène mais aussi réalisateur et chorégraphe Pascal Rambert est sur le devant de toutes les scènes avec une tournée à travers la France de ses différents spectacles. A cela s’ajoute sa pièce Mes frères, mise en scène par Arthur Nauzyciel au Théâtre de la Colline. Au beau milieu d’une forêt, on découvre une drôle de fratrie au sein de laquelle une femme, Marie, tente de renverser les relations de dominations. Une pièce poétique qui nous ramène aux mythes et origines du théâtre. 

Le théâtre en bandoulière  

Dès son adolescence, le dramaturge, metteur en scène mais aussi réalisateur et chorégraphe français Pascal Rambert se révèle fou de théâtre. Pressé d’en découdre, il fonde sa première compagnie « Le théâtre en bandoulière » dès l’âge de 17 ans où il monte avec ses camarades Arlequin poli par l'amour de Marivaux. Le jeune artiste s’instruit, notamment en philosophie dans les cours de Clément Rosset, mais met déjà la main à la patte avec des textes poétiques édités dans la revue Doc(k)s. Son équilibre artistique, il le découvre lorsqu’il reste ébahis devant Ein Stück de Pina Bausch, puis devant Par les villages de Peter Handke par Claude Régy. 

Qu'est ce qui se forme dans le cerveau d'une jeune fille ou d'un jeune garçon qui voit en 1980 Ein Stück de Pina Bausch? Je me suis dis « c'est ça » et j'y suis retourné tous les soirs. J'ai tout vu pendant trois, quatre ans. C'est comme ça que j'ai commencé à forger mon œil. Je dis ça toujours aux jeunes gens : "Regarde !"

Avec sa compagnie, devenue « Side one/ Posthume théâtre », il monte Léonce et Léna de Georg Büchner au nouveau théâtre de Nice. Peu après, il devient l’élève d’Antoine Vitez à « L’Ouvroir de théâtre » au Théâtre National de Chaillot. Sa première œuvre publiée s’intitule Le Réveil en 1988, elle est suivie de près par Les Parisiens ou l'Été de la mémoire des abeilles qu’il monte l’année suivante et joue à Avignon à seulement vingt-sept ans. C’est à Avignon encore, où il se produit de nombreuses fois, qu’il provoque une véritable controverse esthétique en 2007 avec sa pièce After/Before. Cette année est également marquée par sa nomination en tant que directeur du Théâtre de Gennevilliers (où il succède à Bernard Sobel) qu’il transforme en centre dramatique national de création contemporaine. 

Je fais un métier d'interprétation. Je ne suis pas psychanalyste, mais j'interprète du réel. Je lui donne une forme, comme disait Antoine Vitez, et après je le livre dans le corps et dans la bouche des acteurs. Après, eux ils interprètent.

Si un linguiste ou une linguiste regarde comment mes textes sont écrits, on peut tout à fait voir qu'en effet, le sens peut se transformer en fonction d’où on s'arrête, où on reprend la phrase, où on reprend l'intonation. C'est une proposition de liberté. J'adore la liberté et je tiens très fort à ce que les gens interprètent par eux-mêmes sans que je sois un metteur en scène sur leur dos, en leur disant tu dois faire ceci. C'est une attitude vis-à-vis de la vie. 

Un explorateur

Passionné de voyages dont il dit nourrir ses œuvres, l’artiste créé des mondes autant qu’il arpente le nôtre avec ses nombreux pièces qu’il exporte à l’international. En témoigne Clôture de l’amour créée au Festival d’Avignon en 2011 qui connaît un grand succès aux quatre coins du globe. Son texte est traduit en vingt-trois langues et a reçu en 2012 le Prix de la Meilleure création d’une pièce en langue française par le Syndicat de la Critique et le Grand Prix de littérature dramatique du Centre national du Théâtre.  A propos de cette pièce, il raconte ...

Je pense que ça n’arrive qu'une fois. Je crois que ça tient beaucoup aux acteurs puisque le soir de la première, tous les producteurs qui étaient là m'ont appelé le lendemain. Ceux qui venaient du Théâtre national de Zagreb ou du Théâtre national de Thaïlande ne parlaient pas français, donc ils ont vu les corps, ils ont vu une énergie, ils ont vu un truc hyper tendu. Mais ils ne sont pas rendus compte de la langue, ils ont vu des acteurs avant tout. Ça fera presque dix ans et on a joué dans le monde entier. Je ne sais même pas où on n'est pas allé. Ca a produit une sorte d'arborescence du travail. 

Avec Audrey Bonnet et Stanislas Nordey qui jouent dedans, il a également travaillé sur Répétition qu’il met en scène en 2014. Il a écrit pour la troupe de la Comédie Française, et notamment pour Denis Podalydès, entre autres dans Avignon à vie. En 2016, Rambert reçoit le Prix du Théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre. Il met également en scène des opéras en France et aux Etats-Unis et réalise des courts métrages sélectionnés et primés aux festivals.  Récemment, il a écrit Actrice pour les acteurs du Théâtre d’Art de Moscou qu’il a mis en scène au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, et publié Architecture aux Solitaires Intempestifs en 2019.

Avec presque huit créations par an, Pascal Rambert résume son rythme effréné de production...

Ecrire, répéter, écrire, répéter tous les jours… C'est devenu une sorte de façon de vivre. 

Son actualité : 

  • Spectacle : Mes frères - texte : Pascal Rambert -Mise en scène : Arthur Nauzyciel - Avec Adama Diop, Marie-Sophie Ferdane, Pascal Greggory, Arthur Nauzyciel … du 30 septembre au 21 octobre au Théâtre de la Colline, Paris. 
  • Tournée :   
    - 2020.09.29 > 10.07 :  3 annonciations, Rennes TNB Théâtre National de Bretagne.  
    - 2020.10.02 > 03 : De mes propres mains, Marseille Théâtre de la Joliette.
    - 2020.10.03 : Avignon à vie, Marseille Théâtre de la Joliette.
    - 2020.10.06 > 07 :  Reconstitution, Marseille Théâtre de la Joliette.
    - 2020.10.09 > 10 : Clôture de l'amour, Marseille Théâtre de la Joliette.
    - 2020.10.10 : Le début de l'a, Marseille Théâtre de la Joliette.

Sons diffusés pendant l'émission: 

  • Extrait du spectacle La Mouette et interview du metteur en scène Antoine Vitez qui évoque l'héritage des grands metteurs en scène russes du début du XXe siècle (Stanislavski, Taïrov, Vakhtangov et Meyerhold), mars 1984.
  • Interview de Jean Vilar à propos de la première édition du festival d’Avignon en 1947, ORTF Emission “pour le plaisir”, novembre 1966.
  • Extrait de Clôture de l’amour avec Audrey Bonnet, de Pascal Rambert, Avignon (Cloître Saint-Louis), 2011.
  • Extrait de “Cosi Fan Tutte”, de Mozart : Laurence Equilbey dirige l’Insula Orchestra, avec Lea Désandre, Sandrine Piau et Florian Sempey.
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