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Rachel Khan

Rachel Khan : "J'essaye chaque jour d'être véritablement dans le partage et la transmission"

55 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de la parution de son essai Racée aux Editions de l’Observatoire et de sa participation au festival Etonnants Voyageurs de Saint Malo du 22 au 24 mai, la comédienne et écrivaine Rachel Kahn revient au micro d’Arnaud Laporte sur sa trajectoire, son parcours artistique et ses engagements.

Rachel Khan
Rachel Khan Crédits : Hannah Assouline

Rachel Khan, artiste multiple et ancienne sportive de haut niveau, participera au festival de littérature Etonnants Voyageurs du 22 au 24 mai à Saint Malo. De plus, son essai Racée a paru en mars dernier aux Editions de l’Observatoire. A cette occasion, elle revient au micro d’Arnaud Laporte sur son riche parcours artistique, de la danse à l’écriture en passant par le théâtre et le cinéma.

Une recherche d’émancipation permanente 

Rachel Khan est née d’un père gambien, professeur d’anglais à l’université et d’une mère française, d’origine juive polonaise qui tenait une librairie. Ce riche métissage dont elle est issue et cet héritage afro-yiddish qu’elle porte en elle l’ont poussée à ne pas rester dans une seule case et à toujours chercher des voies d’émancipation.

Ainsi, si elle grandit dans un univers où les livres tiennent une place importante, c’est tout d’abord dans le sport qu’elle s’épanouit jusqu’à remporter en 1995 le championnat de France du 4x100 mètres. En parallèle, elle suit depuis ses 4 ans des cours de danse classique, sa première passion. Plus tard elle pratique le hip hop avec un crew élu révélation du Printemps de Bourges. 

En ayant une maman libraire, j’étais jalouse de ses livres : elle passait plus de temps avec ses livres qu’avec nous mon frère et moi. (…) Donc j’ai voulu me trouver dans le corps, dans la danse, puis dans le sport. 

Rachel Khan étudie également le droit et est diplômée d’une licence et d’un master de droits humains à Assas, une expérience au cours de laquelle elle subit de nombreuses discriminations et qui participe de ce fait à sa politisation.

Vous savez, le droit c’est de la création artistique : lorsqu’on veut construire un argumentaire et interpréter quelque chose, on va chercher comme des couleurs certaines conventions, certains articles et ensuite on crée son plaidoyer : ça se rapproche de la création. (…) A chaque fois, j’essayais de trouver de la culture et de la création dans ce que je faisais, même si ça n’avait aucun rapport. 

Une artiste multiple 

Après avoir travaillé pendant une dizaine d’années pour la région Île de France, Rachel Khan décide de se consacrer à son désir longtemps enfoui de jouer la comédie. Confrontée au racisme de l’industrie du cinéma, les premières années sont difficiles. Puis, elle fait ses premiers pas dans Jeune et Jolie (François Ozon) ou encore Paulette (Jerôme Enrico) tous deux sortis en 2013 et s’impose dans Ouvrir la voix (Amandine Gay, 2017) ou encore dans la série télévisée Les Grands (Vianney Lebasque, 2016).

Le plaisir de jouer, de vivre et de transmettre des émotions, de se surprendre aussi à être quelqu’un d’autre, être dans ce lâcher-prise, dans cette prise de liberté-là, mais dans un personnage, ça me plaît infiniment.

Rachel Khan a également joué au théâtre en 2017 dans Les Monologues du vagin d’après Eve Ensler dans une mise en scène de Carolie Miller à Avignon ou encore dans la pièce en non-mixité Sur la route d’Anne Voutey qui dénonce les violences policières dont sont victimes les personnes noires. Par ailleurs, elle co-dirige La Place, centre culturel hip-hop de la Ville de Paris.

Le hip hop pour moi est un des moteurs fondamental pour ouvrir des sociétés. Ce qui est chouette avec ce lieu c’est qu’on entre en dialogue avec d’autres lieux partout en France et en Europe. On parle de mouvement hip hop et il ne faut pas l’oublier : si on a des lieux, on reste dans un mouvement, dans cette créolisation des esthétiques et des pratiques, avec ces piliers fondamentaux vers l’émancipation de soi.

Enfin en 2016, elle publie son premier roman, d’inspiration autobiographique : Les grandes et les petites choses paru aux Editions Babelio.

Ses engagements

En 2018, Rachel Khan participe à l’ouvrage collectif Noire n’est pas mon métier conduit par l’actrice Aïssa Maiga sur les discriminations subies par les femmes noires dans l’industrie du cinéma. Avec Racée publié en mars 2021 aux Editions de l’Observatoire, elle revient sur ces prises de positions antiracistes. 

Lorsque je parle de la créolisation dans Racée c’est cette pensée archipelique de la relation à l’autre, où l’on ne perd rien de soi et où c’est dans cette relation que notre identité est en mouvement. (…) Il faut qu’on renoue le dialogue avec cette complexité-là qui peut nous sauver.

Son actualité : son essai Racée a paru en mars 2021 aux Editions de l’Observatoire. Elle participera également au festival de littérature Etonnants Voyageurs à Saint Malo du 22 au 24 mai 2021.

Sons diffusés pendant l'émission

  • Manu Dibango dans "Musique Matin : l’invité du jour", sur France Musique, diffusé le 28 juin 2019.
  • "Soul Makossa", Manu Dibango, Soul Makossa (Label Fiesta, 1972).
  • “La concubine de l’hémoglobine”, MC Solaar, Prose combat (Label Polydor, 1994)
  • "Edouard Glissant par le de tolérance", sur la scène des Bouffes du Nord en 2007.

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Intervenants
  • Co-directrice du Centre culturel hip-hop La Place
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