LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Raphaël Pichon

Raphaël Pichon : "Je crois que l'opéra a su s'ouvrir un petit peu au monde"

55 min
À retrouver dans l'émission

Chef de chœur et d’orchestre, Raphaël Pichon dirige une nouvelle production de "Hippolyte et Aricie" de Rameau retransmise en direct de l’Opéra-Comique le samedi 14 novembre. Au micro d’Arnaud Laporte, retour sur son parcours et son processus créatif.

Raphaël Pichon
Raphaël Pichon Crédits : Piergab

Une voix toute tracée

Le cher d’orchestre et de chœur Raphaël Pichon s’est lui-même initié à plusieurs pratiques musicales avant de les fédérer. Entre deux cours de violon et de piano enfant, il découvre les merveilles de la polyphonie en tant que choriste d’une Passion selon saint Jean de Bach. Une première révélation qui l’entraîne aux conservatoires, d’abord le CNR puis le CNSM de Paris. 

Depuis que j'ai 15 ou 16 ans, ce qui m'animait, ce n'était pas tant l'idée d'une carrière de chef d'orchestre symphonique à la tête d'un orchestre symphonique, mais c'était de faire de faire perdurer cette expérience un peu unique du chœur et de la maîtrise, c'est à dire une expérience qui est tout à la fois physiologique et sensible. Une expérience qui imprime une construction intellectuelle sur un adolescent jusqu'à l'âge adulte, mais aussi bien sûr une expérience humaine. Parce qu'un chœur, c'est un groupe. Dans un chœur, le crédo ultime, c'est de ne faire qu'un avec les autres 

Il débute alors en tant que chanteur et claveciniste dans de nombreux ensembles, notamment au sein de Les Cris de Paris de Geoffroy Jourdain, et mène également une courte carrière en tant que contreténor soliste. Séduit par la direction d’orchestre et déçu par le cloisonnement des disciplines au conservatoire, c’est finalement en 2005 qu’il décide de monter son propre ensemble, composé d’un orchestre et d’un chœur, avec ses camarades. 25 chanteurs, dont sa compagne la célèbre soprano colorature Sabine Devieilhe, et autant d’instrumentistes se réunissent ainsi au sein de cette nouvelle pépite nommée Pygmalion

Toute la pratique vocale est totalement connectée à quelque chose de très organique. Le souffle en est vraiment la matière première. 

Un sculpteur du son

L’Ensemble Pygmalion fait depuis entendre le timbre des instruments d'époque, principalement dans le répertoire baroque germanique qui s’étend de Heinrich Schütz à Johannes Brahms et de Jean-Sébastien Bach à Felix Mendelssohn, sans toutefois s'interdire des escapades classiques voire romantiques avec Schubert, Bruckner et bien d’autres. 

Je crois qu'il faut trouver un équilibre entre prendre le temps de se construire une expérience, un savoir-faire et une connaissance accrue des compositeurs et de leur langage, s'approprier toutes ces choses-là. Mais il faut aussi parfois accepter de prendre des risques, de prendre aussi des virages un peu anguleux. C'est ça aussi qui fait la richesse d'un parcours artistique. 

Pygmalion se consacre aussi à la musique de Mozart, comme en témoigne l’album The Weber Sisters. 

L’Ensemble se forge une solide réputation, notamment via une discographie d’excellence qui débute avec les quatre Messes brèves de Bach. Leur notoriété s’est également accrue avec de nombreuses productions sur les scènes des plus prestigieuses institutions à travers le globe. 

 On ne peut pas penser à un projet d'opéra ou un projet scénique ou de rassemblement entre la musique et une autre discipline artistique, s'il n'y a pas des raisons et des intuitions fondamentales à ce projet. Ce qui me passionne le plus c'est tout ce travail de fourmi qui a lieu entre deux et trois ans avant la création du spectacle. Ce travail de dialogue où on cherche à partager ensemble nos visions de la partition, de l'œuvre, du livret, c'est une sorte d'enrichissement mutuel. 

Son actualité :
Nouvelle production de « Hippolyte et Aricie » de Rameau. Dirigé par Raphaël Pichon, mise en scène de Jeanne Candel – Opéra-Comique, Paris. Diffusion sur Arte Concert le 14 novembre à 20h et en replay pendant 6 mois.
Disque :Les Motets de J.S Bach par Pygmalion, sortie le 25 septembre. 

Sons diffusés pendant l'émission : 

  • La Passion selon Saint Jean de Bach, version René Jacobs, “Chorale”: Wer hat dich so geschlagen, Orchestre : Akademie für Alte Musik Berlin, Label : Harmonia Mundi.
  • Motets de Bach par Pygmalion, album chez Harmonia Mundi. 
  • Extrait de Stravaganza d’amore, CD 1 Plage 13, “La Dafne” opéra de Marco da Gagliano écrit en 1611. 
  • Creep de Radiohead, album "Pablo Honey", 1993.
Chroniques
19H20
6 min
Affaire en cours
Peut-on dissocier l'oeuvre de l'auteur ?
19H50
7 min
Affaire à suivre
Les conseils culturels de Chloé Delaume, "quand on est coincé chez soi avec la nuit qui tombe si vite"
Intervenants
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......