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Rone

Rone : "Je laisse beaucoup parler mes machines"

55 min
À retrouver dans l'émission

Tout l’été, nous vous proposons une sélection des grands entretiens d’Affaires Culturelles, une façon de garder le lien, et de faire entendre ou ré-entendre, autrement, la parole des artistes de tous horizons reçus au micro d'Arnaud Laporte au fil de cette première saison.

Rone
Rone Crédits : Alexandre Ollier

Le 16 décembre 2020, le producteur, compositeur et DJ électro Rone était au micro d’Arnaud Laporte pour un entretien au long cours sur son processus de création et ses imaginaires vibrants. Son album de remixes "Views of a Room", d’après l’album de Rone "Room with a View", venait de paraître sur le label Infiné.

En mars dernier, le maestro de l’électro Rone dévoile Room with a View, un spectacle mis en scène et chorégraphié avec le collectif (LA)Horde et interprété par vingt danseurs du Ballet National de Marseille, sur carte blanche du Théâtre du Châtelet. Dans une même esthétique de science-fiction que l’artiste déploie depuis quelques années déjà, il explore les tensions que traverse un groupe de survivants face à la barbarie des hommes et l’effondrement de la civilisation. Après quelques représentations, la prophétie du titre se réalise malheureusement et le spectacle est interrompu à cause du confinement. 

Pour nous consoler, l’artiste a sorti quelques semaines plus tard un album éponyme, composé pour l’occasion dans l'ancienne propriété de George Sand, qui sonne comme un retour essentiel à l'électro.  Le 4 décembre, Rone prolonge l’expérience avec une version remixée par divers artistes intitulée Views of a Room. L’occasion pour lui, au micro d’Arnaud Laporte, de nous emmener dans les coulisses des créations musicales pour lesquelles il vient de recevoir le Grand Prix Sacem des musiques électroniques.

Ce qui est intéressant, c'est de voir comment marchent les outils, comment on peut aussi les détourner, se les approprier pour faire des choses intéressantes. L'idée que les machines fassent de la musique toutes seules peut être très angoissant aussi. On s'en approche, mais je pense qu'il ne faut pas trop en avoir peur et plutôt voir comment on peut utiliser ces nouvelles technologies, les détourner.

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Des nuits blanches aux salles obscures 

Reconnu comme une figure emblématique de la musique électronique actuelle, adoubé entre autres par Jean-Michel Jarre et les protagonistes de la French Touch, Rone s’impose dans l’Hexagone comme un producteur et un DJ virtuose qui maitrise l’art de faire passer son public par tous les états. Prince de la nuit, il écoute, mélange et juxtapose des musiques dès l’adolescence durant ses insomnies. Des premiers bidouillages devenus œuvres plus tard, après notamment un premier concert au Rex Club qui marque son entrée sur la scène électro

Il y a eu toutes sortes de logiciels qui m'ouvraient un monde incroyable parce que tout d'un coup, on devenait une espèce de chef d'orchestre où on pouvait faire à la fois les parties rythmiques, les mélodies, les arrangements. C'était hyper ludique. C'était quand même au départ des bonnes nuits blanches pour essayer de comprendre comment ça fonctionnait mais une fois qu'on est rentré dedans, c'est difficile d'en sortir. J'ai passé beaucoup de nuits blanches à bricoler avec ces logiciels que j'utilise toujours.  

Ce premier Rex club, ce premier live, c'est une date clé.  Trois semaines avant, je n'aurais jamais imaginé que je jouerai ma musique devant des gens. C'est allé très vite parce que je faisais de la musique de manière très isolée dans ma chambre de bonne. Je faisais du son avant tout parce que j'aimais ça, c'était aussi un moyen de m'exprimer. 

De son premier album à succès Spanish Breakfast à View of a Room, en passant par Tohu Bohu, Creatures et Mirapolis, Rone ne cesse de créer des sons fascinants, à la croisée des mondes et des influences. Plusieurs de ses albums sont enrichis de multiples collaborations, un exercice auquel Rone s’est prêté avec notamment Etienne Daho, le DJ Luca Mortellaro également connu sous le nom de Lucy, le rappeur High Priest et le violoncelliste Gaspar Claus, mais aussi Sal Williams, Baxter Dury, Noga Erez, Kazu Makino et bien d’autres. 

Un univers solaire

De ses études en cinéma, Rone conserve une pensée et un jargon qu’il applique volontiers à sa musique. Les images ne sont d’ailleurs jamais loin des mots et des sons dans son art, comme en témoigne l’inventivité de la scénographie lors de son concert à la Philharmonie de Paris en 2017. Visible dans ses clips, ou palpable dans ses maxis et albums, son imaginaire infuse toutes ses créations. 

Je laisse beaucoup parler mes machines. Elles ont une part importante dans mon travail puisque parfois elles expriment des choses qui résonnent avec des choses que j'ai en moi, et moi j'essaye juste de les contrôler. Je peux passer trois heures à sortir des sons inaudibles. Et puis, tout d'un coup, il se passe quelque chose que je trouve intéressant et je m'y attarde un peu. J'essaye de faire une boucle, de maîtriser tout ça.  

Mirapolis, son quatrième album, a marqué une étape supplémentaire dans la construction de son univers onirique, influencé par Michel Gondry, Metropolis de Fritz Lang, mais surtout Alain Damasio, son ami et collaborateur occasionnel. L’album est d’ailleurs pensé en écho au roman dystopique de Damasio La Zone du dehors dont il pourrait être la bande originale. L’écrivain de science-fiction a notamment prêté sa voix pour le premier EP de Rone intitulé Bora, mais aussi pour le titre Nouveau Monde de son dernier album. 

C'est une espèce de phare dans ce monde un peu obscur, surtout en ce moment, qui me donne vraiment des clés de réflexion, des pistes. J'aime travailler avec lui parce que j'ai l'impression qu'on se complète dans le sens où il exprime des idées, des concepts de manière très claire et moi qui ai beaucoup de mal avec les mots, j'ai l'impression que je peux essayer de porter ses mots avec ma musique. Combiner ses mots avec ma musique a peut-être le pouvoir de d'infuser un message dans la conscience de certaines personnes. 

Son actualité : L’album de remixes Views of a Room (d’après l’album de Rone Room with a View) parait sur le label Infiné.

Sons diffusés pendant l'émission : 

  • Morceau du disque “Motion” (plage 1) de Rone, interprété par Vanessa Wagner au piano et l’orchestre des Siècles, dirigé par François-Xavier Roth.
  • Morceau du disque “Motion” (plage 7) de Rone, interprété par Vanessa Wagner au piano et l’orchestre des Siècles, dirigé par François-Xavier Roth.
  • Nouveau monde, morceau de Rone remixé par Glass Museum sur l'album “Views of a room”.
  • Son d'applaudissements
  • Ginkgo Biloba, album “Room with a view” de Rone.
  • Enregistrement d'Alice, la fille de Rone qu'il a enregistré dans son studio.
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